Yumbi : vers une nouvelle impasse électorale

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En raison de la tenue des élections législatives partielles à Yumbi au Mai-Ndombe, à Beni et Butembo au Nord Kivu  ce dimanche 31 mars 2019, la Monusco a organisé récemment  une session de recyclage d’une semaine à l’intention des policiers pour leur permettre  de mieux sécuriser le processus électoral. Une  base militaire temporaire vient d’être installée à Yumbi en soutien au travail de monitoring effectué par les équipes du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme « BCDUH » dans ce coin. Ces précisions émanent de Florence Marshall, porte-parole de la Monusco, qui a animé hier mercredi 27 mars  2019  la conférence de presse bi mensuelle avec  à ses côtés Peter Graaf, représentant spécial du DG de l’OMS en RDC dans la lutte contre Ebola et Aziz Thioye, numéro un du BCDUH.

            De son côté, l’Unicef  s’y est impliquée à son tour pour que le problème de lavage des mains ne se pose pas du tout à Beni lors de la tenue des élections.

            Mais à quatre jours de ces scrutins partiels, le doute persiste quant à leur. Des nombreux villageois domiciliés à Yumbi et qui ont trouvé refuge au Congo/Brazzaville, ailleurs  et dans la brousse craignent pour leur sécurité et ne sont pas prêts à regagner leurs villages. Ce report va impacter sur l’installation de l’Assemblée provinciale de Mai Ndombe , l’élection des députés provinciaux et du gouverneur de ce coin.  Basile Olongo, vice-Premier Ministre intérimaire de l’Intérieur a plaidé cette semaine pour le report de ces élections lors des travaux, arguant  que des milliers d’électeurs potentiels de Yumbi n’ont pas encore regagné leurs villages.

            Interrogé sur ce point, Aziz Thioye, directeur général du BCDUH, est revenu sur de sérieux problèmes qui se posent là bas et insisté sur le fait que si les élections se tenaient ce dimanche au Mai- Ndombe, de nombreux habitants de Yumbi, jusqu’ici en errance, risquent d’être non partants.

            Néanmoins, a-t-il soutenu, la dernière décision revient aux autorités congolaises.

            Pour le cas de Beni,  Graaf a dit que  partenaires et officiels ont pris des mesures  pour réduire  les risques de contagion en organisant des élections. Il a fait état jusqu’ici de 1000 cas  d’Ebola répertoriés.

            Ce haut fonctionnaire onusien a expliqué avoir déjà été en poste au Libéria dans le passé et va assurer la coordination de nouvelles stratégies de la lutte contre Ebola en RDC. Il va collaborer avec les officiels congolais, le corps diplomatique et autres partenaires.  Il se rendra régulièrement  dans les zones touchées par ce virus.

            Quant à la préoccupation soulevée par un confrère sur la nature de la contribution de l’OMS sur les 147 millions des dollars censés être dégagés pour cette troisième phase de riposte, il a précisé que l’OMS n’est pas un bailleur des fonds mais recourt à ces derniers.

            Peter Graaf  a justifié la délocalisation de la coordination centrale de la lutte contre Ebola vers Goma par des raisons sécuritaires. Les partenaires se sentent mieux sécurisés à Goma qu’à Beni, a-t-il soutenu. Et comme il y a eu la crainte de voir Ebola faire irruption à Butembo et…. Goma, il fallait délocaliser.

            Toujours au chapitre des échanges, une question a été posée sur le volet DDRRR. A cette préoccupation, Florence Marshall est revenue sur les entretiens entre Leila Zerrougui et Félix Antoine Tshisekedi. Il a rappelé  qu’à la faveur de l’élection de Félix Antoine Tshisekedi à la magistrature suprême, plusieurs dizaines de miliciens ont déposé les armes. La Monusco salue cela et est prête à accompagner les autorités du pays à  réinsérer les repentis dans la vie civile.

            Quant au prochain mandat de la Monusco qui en principe démarre ce 1er avril 2019, Florence Marshall a fait savoir que l’adoption de la nouvelle résolution du mandat des Casques bleus en RDC devrait intervenir cette semaine.

Jean-Pierre Nkutu

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