«Ya Tshitshi» : adieux émouvants

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Après le stade des Martyrs de la Pentecôte, où deux jours durant, des hommages dignes de son rang lui ont été rendus, Etienne Tshisekedi, que d’aucuns appelaient affectueusement « Ya Tshitshi », a été conduit le samedi 1er juin 2019 à sa dernière demeure, à savoir le mausolée aménagé dans la concession familiale, à l’Est de Kinshasa, dans la commune de la Nsele. La procession funèbre était accompagnée par une nombreuse foule, à laquelle s’est mêlée celle qui attendait le long de l’avenue Sendwe, du boulevard Lumumba et de l’autoroute de N’Sele.

                  Au stade des Martyrs comme sur les voies publiques, les funérailles d’Etienne Tshisekedi, bien que placées sous le signe d’une fête populaire,  étaient aussi des moments d’intenses émotions, de larmes, de cris de douleurs, de profonde méditation, etc.

                  L’opposant historique a été inhumé, comme lors de la levée du corps à l’hôpital du Cinquantenaire le vendredi 31 mai 2019, dans l’intimité familiale, hors micros et caméras.

                  Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, présent au stade des Martyrs avec ses collègues Edgar Lungu de Zambie et Faustin Archange Twadera de la République Centrafricaine, a accompagné son homologue congolais, Félix Antoine Tshilombo, jusqu’à cet instant ultime de la douloureuse et définitive séparation avec son père. 

                  Prenant la parole pour la circonstance, Mgr Gérard Mulumba, chef de la Maison Civile du chef de l’Etat et frère cadet de l’illustre disparu, a remercié toutes les personnes qui ont soutenu la famille biologique de l’illustre disparu durant cette dure épreuve qui a pris plus de deux ans. Il a recommandé à tous la culture des valeurs qu’incarnait son frère : amour, humilité, constance, solidarité, justice, simplicité.

                  C’est l’abbé José Mpundu, curé de la paroisse de N’Sele, qui a procédé à la bénédiction du lieu où repose désormais pour l’éternité le sphinx de Limete. 

                  Le président Sassou, le directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe ainsi que d’autres personnalités et anonymes n’appartenant pas à la famille biologique ont dû quitter le mausolée, laissant le couple présidentiel, la veuve d’Etienne Tshisekedi, Maman Marthe ainsi que les membres du clan vivre seuls le rituel d’inhumation.

                  On rappelle que plus de 100.000 personnes ont fait le déplacement du stade des Martyrs, où le corps du Lider Maximo était exposé depuis vendredi.

                  Trois chefs d’Etat africains se sont présentés le même vendredi dans ce « lieu funéraire », en compagnie de leur homologue Félix Tshisekedi, pour déposer leurs gerbes de fleurs et s’incliner devant le cercueil d’Etienne Tshisekedi. Il s’agit de Paul Kagame du Rwanda et Joao Lourenço d’Angola.

                  Pour la journée de samedi, plusieurs personnalités nationales et étrangères ont aussi rendu hommage à Etienne Tshisekedi. On peut citer à cet effet la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, le président Mamboleo du bureau provisoire du Sénat, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba, les présidents du CNSA, du CSAC, de la Ceni, du CNDH et du CES, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, des gouverneurs de provinces, etc.

                  La classe politique, toutes tendances confondues, a fait chorus pour saluer la mémoire de l’illustre disparu.

                  L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), avec sa tête son président intérimaire et premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, et son Secrétaire général, Augustin Kabuya, s’est signalée par une forte délégation composée de cadres et combattants.

                  Dans la suite de Kabund, on a remarqué la présence de Jacquemin Shabani et d’autres cadres qui contestent son intérim, une manière pour eux de montrer l’unité du partir autour de la dépouille de l’un des pères fondateurs.

                  Dans son témoignage de circonstance, Jean-Marc Kabund a proclamé Etienne Tshisekedi  héros national, grand esprit, combattant de la liberté et de l’Etat de droit, maître de l’école de la démocratie dans notre pays, etc.

Au nom des 13 parlementaires, Lusanga Ngiele a rappelé les moments pathétiques de la création de l’UDPS, émaillés de tortures morales et physiques, dont des arrestations, emprisonnements, relégations, mises en résidences surveillées, avec au cœur de cette tragi-comédie politique, Etienne Tshisekedi.

                  Deux de ses petites-filles ont, au nom de tous les petits-enfants de « Papy » Tshisekedi, lancé un message de paix et de réconciliation à l’ensemble du peuple congolais, et accordé publiquement leur pardon à tous ceux qui avaient offensé leur grand-père tout au long de son combat politique.

                  Après les témoignages, Etienne Tshisekedi a été élevé officiellement au grade de Grand Cordon et admis dans l’ordre national des Héros nationaux  Kabila et Lumumba.

                  Les obsèques de Tshisekedi ont été clôturées, au stade des Martyrs de la Pentecôte, par une messe de suffrages célébrée par l’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, avec l’assistance de plusieurs autres prélats, dont le Nonce Apostolique et le Cardinal Monsengwo.

Dans son message de circonstance, il a mis un accent particulier sur le testament du défunt contenu dans sa devise – « Le peuple d’abord » – ainsi que sur le contenu de l’Accord de la Saint Sylvestre, pour recommander à l’ensemble de la classe politique l’amour, la réconciliation sincère et la participation à la création du bonheur collectif.

ERIC WEMBA  

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