Vivement des moyens pour le développement des provinces

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Dans ses rêves de bâtir un Etat puissant, riche et capable de desservir en électricité toute le continent africain, feu le maréchal Mobutu Sese  avait initié une politique de grands travaux, avec comme exemple frappant, le barrage hydro-électrique sur le site d’Inga. Des centaines des millions des dollars Us furent engloutis dans ce chantier alors que la ville de Kinshasa ne contenait que deux millions d’habitants et était pourtant alimentée en électricité par le barrage de Zongo. Feu le maréchal y ajouta une dose d’orgueil et de vanité, à savoir le transport du courant électrique jusqu’au Katanga, traversant l’ex-Bandundu, l’ex-grand Kasaï et le Haut-Lomami, pour atteindre Kolwezi, où se trouvent des gisements riches en cuivre et cobalt.

               Les thuriféraires et chantres de la gloire du dictateur rivalisèrent d’ardeur et de compliments au moment où des millions de nos compatriotes broyaient du noir en contemplant avec tristesse et rage des kilomètres des câbles du courant au-dessus de leurs villages et localités non éclairés.

Projets attractifs locaux

            Avec le recul du temps et au regard des ratés constatés face à ces grands travaux fort coûteux, d’aucuns en arrivent à se demander si des mini-centrales hydro-électriques sur des sites locaux n’auraient pas eu des effets plus attractifs auprès des populations locales. Avec comme conséquences avantageuses de retenir les gens dans leurs provinces d’origine pour éviter l’orde rurale de nature à désengorger les chefs-lieux et les villes environnantes. Outre l’érection des usines d’épuration d’eau potable, le courant hydroélectrique encourage des investissements locaux et particulièrement la création des richesses par des emplois rémunérateurs, moteurs du développement intégral. Les localités et villes alimentées par l’électricité attirent les professions libérales et celles liées à ce domaine. C’est aussi grâce à l’énergie électrique que le secteur agropastoral peur être relancé pour réponde aux besoins des consommateurs nombreux et toujours croissants.

Le Peuple d’abord !

            Les cris des téléspectateurs entendus avant-hier au stade des Martyrs, lors du match de football entre la RDC et le Libéria et exprimant le désaveu du peuple congolais, devraient avoir fait comprendre à certains milieux sociopolitiques que le peuple n’est plus dupe et n’accepte pas n’importe quel comportement au sein de la classe dirigeante. Les cris et autres chansons populaires ont exprimé un désaveu total à l’endroit de ceux qui projettent des plans machiavéliques contre les intérêts supérieurs des dizaines des millions des Congolais longtemps clochardisés à souhait pour des motifs difficiles à cerner, car servant à maintenir le pays dans une situation de pauvreté et de misère alors qu’il détient des richesses incommensurables capables de nourrir tout le continent africain dans divers secteurs de la vie. L’explosion de colère observée le jour de la découverte des cas de corruption pour les élections des sénateurs devrait prévenir les acteurs sociopolitiques. La colère de tout un peuple est plus forte qu’une bombe thermonucléaire.

Viabilité des provinces

            Parmi les solutions capables de prévenir le danger d’une explosion populaire, c’est emmener les décideurs sociopolitiques, toutes tendances confondues, à se focaliser sur les voies et moyens pour rendre viables les localités et recoins du territoire national, en fournissant des moyens financiers aux multiples localités de l’arrière-pays,  aujourd’hui délaissées dans l’état des poubelles. Imagine-t-on ce que la construction d’une usine de traitement de gaz méthane naturel le long ou à l’intérieur du lac Kivu produirait comme richesses aux deux provinces du Sud et Nord Kivu ? Et cela, en termes d’emplois directs et indirects. Comme les différents groupes armés irréguliers commencent à déposer les armes et retourner dans leurs milieux naturels, il y a lieu d’espérer que les paysans vont multiplier leurs productions agropastorales pour vaincre la faim, les maladies et la misère.

            Imagine-t-on ce que produira en termes des recettes financières pour le trésor public, le redémarrage de la Minière de Bakwanga qui, comme on le sait, est le premier producteur mondial du diamant industriel ? Cela, pour les quatre provinces du Kasaï et le pays tout entier. C’est cette viabilité de l’arrière-pays qui va le rendre attractif avec comme effet immédiat de désengorger Kinshasa et les autres grandes agglomérations de la République. A la longue et si tout va bien, la politique de la décentralisation qui traine à convaincre le commun des mortels produira des effets bénéfiques pour les  Congolais. Pour preuve, le lancement des grands travaux par Fatshi permet de constater le gâchis dans lequel le pays baigne depuis deux décennies alors que des moyens colossaux étaient à la portée du régime finissant.

F.M.

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