Violences sexuelles : la RDC se dote d’un outil de collecte des preuves

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Tout au long de sa visite en RDC, Mme Joyce Anelay, Représentante spéciale du Premier ministre Britannique et ministre d’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles va s’efforcer de renforcer les relations  entre les deux Etats et surtout partager des expériences dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles consécutives aux conflits armés.

A cette occasion, elle a organisé hier lundi 5 octobre 2015 une rencontre avec divers partenaires intéressés à ce problème au siège officiel de l’Ambassade Britannique à Kinshasa,  sur l’avenue Roi Baudouin, à la Gombe. C’était en présence de Graham Zébédée, Ambassadeur de Grande-Bretagne en RDC, de Jeanine Mabunda, Représentante spéciale du Chef de l’Etat chargée des questions des violences sexuelles, de la ministre Femme, Famille et Enfant, des Ambassadeurs et chefs diplomatiques accrédités en RDC, des Responsables des agences des Nations-Unies, des confessions religieuses ainsi que d’ONG.

Dans son mot de circonstance, Jeannine Mabunda, Représentante personnelle du chef de l’Etat, a expliqué à l’assistance que le protocole International relatif aux enquêtes sur les violences sexuelles dans la situation des conflits, communément appelé «Protocole de Londres », est un accord qui a été défini au sommet de Londres de 2014, en plus du plaidoyer qu’elle avait entrepris en février 2015 en compagnie de La Baronne et son gouvernement sur les différentes stratégies en matière de lutte contre les violences sexuelles. Ce protocole, a-t-elle rappelé, peut constituer un outil  standard mais aussi important  de collecte des preuves pour les cas de viols.

A l’occasion de cette remise officielle dudit protocole à la RDC, elle a remercié le gouvernement britannique pour son souci de privilégier le partage commun d’expériences et aussi de cet outil de travail combien efficace.

Jeanine Mabunda a tenu à remercier l’Ambassadeur de Grande-Bretagne en RDC ainsi que les Ongs partenaires ici représentées de s’investir dans le prolongement d’expériences en ateliers, débats, critiques et recommandations afin d’aider les Congolais à mieux faire usage de ce protocole.

En outre, Jeanine Mabunda a signalé que cette cérémonie permet de rappeler l’engagement de la RDC à combattre ce fléau et à collaborer avec tous les partenaires en vue de son éradication. Par ailleurs, la représentante personnelle du chef de l’état en charge de violences sexuelles a salué la baisse des cas de viols selon le rapport des Nations-Unies en RDC, dont les chiffres devraient plutôt nous interpeller a rester vigilant et consolider ces avancées graduelles dans le cadre de la lutte, notamment avec l’accélération de la lutte contre l’impunité, en apportant plus d’informations à la justice aussi bien civile que militaire.

Toutefois, Jeannine Mabunda a indiqué que malgré les défis de taille qui demeurent encore dans ce secteur,  plusieurs initiatives ont été prises, notamment la mise en place d’une ligne d’appel d’urgence en faveur des victimes depuis novembre 2014, l’actualisation du cadre de loi concernant le fonds de réparation, la tentative de réinsertion socio-économique  des survivants des cas de viols, la mise sur pied des programmes de formation au niveau de l’INPP ainsi que le lancement à Kinshasa, en mars 2015 d’une campagne dénommée « Briser le silence »,grâce au concours des partenaires.

Toutefois, quelques éléments ont été épinglés par les différents experts lors des ateliers organisés en rapport avec le dit-protocole pour améliorer cette lutte. Dont entre autres la redynamisation du  cadre de coordination, la redynamisation du mécanisme de suivi, la mise sur pied d’une stratégie de communication, la formation des acteurs, la mise en œuvre des mécanismes de réinsertion des victimes dans leurs milieux respectifs.

Melba Muzola

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