Violences interethniques au Sud Kivu : la Monusco prône aussi le dialogue

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Les violences interethniques enregistrées ces derniers mois au Sud- Kivu ont été largement commentées lors de la conférence bimensuelle de la Monusco. Il a été fait état  hier mercredi 30 octobre 2019 des affrontements survenus récemment entre Mai-Mai et FARDC à Katcheremba (112 km au sud ouest de Baraka), mais aussi entre Mai-Mai et Ngumino, obligeant les populations à se réfugier vers les bases onusiennes de Mikenge et Minembwe. La forte présence des Mai-Mai Malaika à Salamabila pourrait occasionner de nouveaux affrontements entre ces miliciens et les FARDC.

            En outre, ces bruits des bottes sont à l’origine d’une crise humanitaire au Sud-Kivu qui devient préoccupante.

Quelles sont les causes profondes des  ces violences interethniques au Sud-Kivu ?

Que pense    la  Monusco de la  présence des armées étrangères?

            Répondant à ces préoccupations, la porte-parole de la Monusco, Florence Marchal, a expliqué que ces violences entraînent des pertes des vies humaines, des vols de bétail et autres dégâts. La Monusco  a déployé des bases temporaires  et des troupes supplémentaires au Sud-Kivu. Elle appuie les forces loyalistes opposées aux miliciens qui écument cette contrée.

            L’environnement caractérisé par un sérieux problème d’infrastructures rend la tâche difficile.

            Se rappelant les propos de la cheffe de la Monusco à ce sujet, Florence Marchal a indiqué que le dialogue est la solution idoine pour mettre fin à ces violences. 

            Aziz Thioye, directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies sur les Droits de l’Homme (BCNUDH) a relevé que l’accès aux terres cultivables, le phénomène de la transhumance…. sont les principales causes de ces violences interethniques.  Il prône également le dialogue pour ramener la paix entre communautés. Chaque tribu estime avoir sa propre milice pour mieux défendre ses intérêts. Dans la foulée, il a déploré les discours de haine et d’incitation à la haine…. qui exacerbent les passions et souhaité que les civils  de Minembwe et d’autres coins du Sud-Kivu  possédant  des armes soient désarmés.

            Enfin, il s’est réservé de confirmer pour le moment l’implication des armées étrangères à ces violences interethniques.

            L’autre point abordé hier celui d’une sorte de coalition censée  être mise en place  et devant réunir les forces combattantes des pays des Grands Lacs pour en finir avec les groupes armés.

            Avouant que la Monusco a été invitée à ces discussions, Florence Marchal a rappelé aux médias que la mission onusienne en RDC a un mandat national et  doit recevoir le quitus du Conseil de Sécurité pour appuyer ladite coalition.

            Bien avant ces échanges, la porte-parole de la Monusco a fait état de la confirmation de l’australien David Mc Lachlan-Kar comme second adjoint de Leila Zerrougui, chargé de la coordination des opérations humanitaires en RDC. Récemment encore intérimaire à ce poste, ce haut fonctionnaire onusien  a comme premier adjoint François Grignon en charge de la protection et des opérations.

            Autre nomination faite par le secrétaire général de l’ONU est celle du général français Thierry Lyon comme comandant adjoint de la Monusco en remplacement du général Cummins.

            Quant à la cheffe de la Monusco, elle est  à Djibouti où elle prend part à la 10 ème retraite des envoyés spéciaux et médiateurs de l’Union Africaine sur la promotion de la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique.

            Selon Aziz Thioye, 502 cas ont été documentés le mois passé dans les provinces affectées par les violences, à savoir l’Ituri, le Nord et Sud Kivu….. Par rapport au mois d’août 2019, il y a eu une augmentation de 10 % des cas des violations des droits de l’homme.

                   Jean-Pierre Nkutu

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