Violations des DH en RDC : l’ACAJ exige l’identification et la punition des auteurs

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L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice ( ACAJ) est
profondément préoccupée par les violatiosn des droits de l’homme
enregistrées en marge de la campagne électorale et la non publication
de la liste définitive des électeurs par la CENI (Commission
Electorale Nationale Indépendante) à cinq jours de la tenue des
élections, à savoir le 23  décembre 2018.
Elle demande aux autorités compétentes de diligenter des enquêtes sur
ces faits en vue d’identifier leurs auteurs et de les déférer devant
les cours et tribunaux. Cette recommandation s’adresse
particulièrement au Procureur général près la Cour de Cassation et à
l’Auditeur général  des FARDC (Forces Armées de la République
Démocratique du congà). C’était l’essentiel du message de Me Georges
Kapiamba, son président, au cours d’un point de presse tenu hier mardi
18 décembre 2018.

A cet effet, l’ACAJ appelle le gouvernement à faire libérer 12
militants de Lucha (Lutte pour la Changement), actuellement détenus
arbitrairement au cachot du Commissariat provincial de la police de
Kinshasa. Elle condamne les violations des droits de l’homme et de la
loi électorale, en particulier son article 36, appelle le gouvernement
à mieux protéger les personnes et leurs biens et à faire respecter la
loi électorale au sujet de l’interdiction d’emploi des moyens et
personnel de l’Etat pour la campagne électorale.
L’ACAJ rappelle qu’en marge de la campagne électorale en cours, elle
a enregistré à ce jour 152 cas de violations des droits de l’homme, à
savoir 50 atteintes à l’intégrité physique, 35 à la liberté de
manifestation et réunion publique, 30 à la liberté de mouvement, 27 à
la propriété privée et 10 à la vie (morts), dont 3 à Kalemie et 1 à
Mbuji-Mayi, 3 morts par étouffement dû aux gaz lacrymogènes lancés par
la police contre des partisans de l’UDPS et du FCC qui s’affrontaient
à l’aéroport de Tshikapa.
Selon Me Georges Kapiamba, les auteurs de ces violations sont
notamment des autorités politico-administratives, des cadres de
l’administration publique et agents des services de sécurité. Ils les
ont planifiées et exécutées, dans la plupart de cas en recourant à
certains jeunes des partis membres de FCC. C’était le cas à Kindu,
Kalemie et Lubumbashi.
Il a accusé des autorités locales membres d’avoir recruté et payé
des jeunes pour entraver la campagne électorale de Martin Fayulu de la
coalisation « Lamuka ». Le numéro un de l’ACAJ a fait savoir que «
dans un enregistrement audio qui circule dans les réseaux sociaux, on
entend le gouverneur de la province du Haut Katanga, Panda Kapopo, en
train d’inciter ses partisans, avant l’arrivée de Martin Fayulu à
Lubumbashi, à perturber sa campagne électorale ».
Et à Mbuji-Mayi, Kananga et Tshikapa, les autorités locales ont
tenté de perturber la campagne de « CACH » en faisant ériger des
barricades sur les routes pour empêcher ses partisans de se rendre à
l’aéroport de la Luano pour accueillir ses leaders, Félix Tshisekedi
et Vital Kamerhe.
En ce qui concerne la non publication des listes des électeurs,
Georges Kapiamba a rappelé qu’aux termes de l’article 20 de la
décision n °001Bis/ CENI/BUR/18 du 19 février 2018 portant mesures
d’application de la loi électorale, la CENI publie, 30 jours avant la
campagne électorale, les listes des électeurs par centre et bureau de
vote.
Selon lui, à cinq jours de la tenue des élections, la non publication
des listes ainsi que le non affichage de la cartographie des bureaux
de vote, associés à l’utilisation de la machine, jettent un sérieux
doute quant à la volonté réelle de la CENI d’organiser les élections
dans la transparence.
Murka

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