Violations des droits de l’homme et crimes de guerre : l’ex-M23 dans l’œil du cyclone

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Ida Sawyer, Human rights watch, RDCIda Sawyer, chercheuse senior à Human Rights Watch(HRW), a eu un entretien avec François Muamba Tshishimbi, coordonnateur du Mécanisme national de suivi des accords de paix signés par la RD Congo, notamment l’accord d’Addis-Abeba, hier jeudi 19 février 2015 au siège du MNS à Gombe. Au menu : la question de la justice des cadres de l’ex Mouvement du 23 mars(M23) présumés responsables de violation des droits de l’homme et des crimes de guerre. « Nous avons discuté de l’évolution des activités du Mécanisme national de suivi et surtout de ce qui se passe avec les ex-combattants du M23 réfugiés en Ouganda et au Rwanda. Nous, de Human Rights Watch, nous sommes surtout intéressés par la question de la justice des cadres du M23 présumés responsables de violation des droits de l’homme, des crimes de guerre, même en ce qui concerne leur participation aux précédentes rébellions qu’a connues la RDC » a-t-elle expliqué.

Aussi, a ajouté Ida Sawyer, son organisation a jeté un regard sur l’Accord-cadre dans lequel la RDC, le Rwanda, l’Ouganda particulièrement se sont résolus de traduire en justice les auteurs des crimes de guerre. « On voulait savoir où est-ce que nous en sommes avec ce dossier. Est-ce que ces ex-leaders du M23 qui se trouvent présentement à Kigali et à Kampala seront-ils traduits en justice ? » s’est-elle questionnée.
A quand un rapport de HRW pour condamner le Rwanda ? A cette question de la presse, la chercheuse a indiqué que HRW a toujours documenté les graves violations commis par le M23 en RDC. « Maintenant, plusieurs meneurs de l’ex groupe armé se trouvent sur le territoire rwandais et ougandais. On croit qu’il y aura des efforts de la part des autorités rwandaises pour qu’ils soient traduits en justice » a souligné Ida Sawyer, tout en manifestant son inquietude suite au retard observé dans la mise en œuvre du Programme DDR3 par le Gouvernement congolais. En guise d’exemple, elle a rappelé que l’année dernière plusieurs familles des éléments des ex-groupes ont trouvé la mort par manque de soin et de nutrition armés au camp Kotakoli en Equateur. « C’est pourquoi nous souhaitons que le DDR3 soit effectif. L’essentiel pour nous, c’est de voir les anciens combattants être bien traités » a-t-elle martelé.
Il convient de noter à la suite de Ida Sawyer, que HRW documente sur les violations des droits de l’homme, mais fait aussi des recommandations à qui de droit. Nous avons toujours soutenu le Gouvernement congolais dans la lutte contre l’impunité, a-t-elle insisté. Dans ce sens, HWR a aidé la RDC à mettre sur pied des chambres spécialisées mixtes au sein du système judiciaire congolaise afin de juger les crimes commis au Congo depuis 1990. « L’année passée, il y a eu des efforts et nous avons salué le Gouvernement congolais »
Pour rappel, HRW est une ONGI de défense des droits de l’homme. Elle a son siège à New York aux États-Unis et possède des bureaux dans de nombreuses métropoles de par monde. Elle est née en 1988 de la fusion de plusieurs ONG, notamment Helsinki Watch. La mission de HRW est essentiellement politique, elle s’engage bien plus sur le plan international que sur le plan individuel et vise à faire évoluer les mentalités ainsi que les lois de certains pays qui iraient à l’encontre de la Déclaration universelle des droits de l’homme, comme celles relatives à la liberté de la presse ou le travail des enfants. Elle intervient également dans les conflits, dénonçant entre autres les crimes de guerre ou le trafic d’armes. Human Rights Watch a obtenu en 1997 le prix Nobel de la paix en tant que membre de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel.
Tshieke Bukasa

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