Vigilance accrue et gare aux incises liberticides

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C’est chose faite depuis hier : la Loi Electorale a enfin été promulguée par le chef de l’Etat dans la forme adoptée par le Parlement. Le projet de loi électorale, faut-il le rappeler, tel que présenté vers la première quinzaine du mois de janvier dernier par le professeur Evariste Boschab, Vice-Premier Ministre en charge des Affaires Intérieures et Sécurité à l’Assemblée Nationale, avait provoqué un véritable tsunami tant dans le microcosme politique congolais que dans l’opinion nationale qui se traduisit par quatre journées les plus chaudeseté internationale. Du 19 au 24 janvier dernier, la capitale et certaines villes du pays, notamment Bukavu, Goma, Lukala, Mbanza-Ngungu furent paralysées par des échauffourées entre les populations et les forces de l’ordre causant près de 42 morts, selon des sources privées et 27 morts selon les officiels, de nombreux blessés et des centaines des prisonniers dont des activistes des droits de l’homme tel Christopher NgoyiMutamba.

 Le congolais traité à tort du sobriquet peu recommandable et injurieux de BMW ou d’amoureux de « Beer, Music and Woman » a démenti l’histoire. Le Congo a démontré à la face du monde qu’il dispose d’une opinion interne forte, redoutable et avertie. Plus rien ne sera comme avant car il faudra désormais compter avec elle pour régler les problèmes cruciaux de la nation.

Outre ces affrontements violents et sanglants, il y a lieu de signaler que les ambassadeurs des puissances occidentales, notamment l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique, la Belgique, la France, la Grande Bretagne avaient effectué un chassé-croisé diplomatique auprès des plus hauts responsables du régime et des principales forces politiques du pays pour plaider en faveur de la légalité visiblement violée par ce projet. Notamment au niveau de l’article 73 de la Constitution qui stipule que : « le scrutin du vote du chef de l’Etat doit être convoqué 90 jours avant la fin du mandat du président de la République en fonction ».

En effet, le projet de la loi électorale tel que présenté par le Gouvernement de la République avait introduit une incise liberticide conditionnant les élections ou recensement. Voilà la goutte qui a fait déborder le vase et mis le pays sens dessus sens dessous pendant quatre jours où tout a été fermé, notamment les écoles, universités, marchés, restaurants, boîtes de nuit, magasins, banques, bureaux tant privés que publics, bref les activités commerciales avaient été paralysées avec comme bilan : 19 millions des dollars des pertes des recettes pour le pays.

Piqué par on ne sait quelle mouche,   le Gouvernement de la République en est arrivé à couper l’Internet, les textos et tous les réseaux sociaux. Privant ainsi les congolais de leur droit d’être informés et d’informer. Au lieu d’être humble, honnête et courageux, des compatriotes se déclarant proches de la Majorité Présidentielle ont envahi les médias par des prises de position inappropriées pour tenter de justifier l’indéfendable et une tentative de violation flagrante de la constitution encore en vigueur. Tout cela, pour  permettre ce que d’aucuns considèrent comme un glissement de l’actuel président de la République au-delà de son mandat qui doit s’achever normalement en décembre

Vigilance accrue

 Mais seulement voilà ! La Loi Electorale telle que promulguée hier par Joseph Kabila contient curieusement des incises liberticides et attentatoires à l’esprit et à la lettre de la Constitution encore en vigueur. Essentiellement au niveau du nombre des sièges à pourvoir par rapport au corps électoral. Autrement dit, si l’on n’y prend garde, ce piège du recensement de la population que l’on a naïvement cru avoir élagué peut survenir à tout moment pour certains scrutins de vote pour telle ou telle catégorie d’institutions de la République. Et comme le dit un adage : un chat échaudé a peur de l’eau froide.

F.M. 

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