Va-t-on vers une opération « mains propres » à Kinshasa ?

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Au regard du gâchis financier dont a hérité Gentiny Ngobila et dont l’auteur est connu de tout Kinshasa, à savoir André Kimbuta, l’opinion publique urbaine est en droit de se demander si les accusations de détournements des deniers publics à sa charge vont rester impunies. En cette période où la Prison Centrale de Makala est en train d’accueillir, à une cadence vertigineuse, des mandataires publics, des entrepreneurs privés et même de hauts commis de l’Etat impliqués dans la disparition ou la dilapidation des fonds destinés aux travaux publics inscrits au programme d’urgence de 100 jours du Chef de l’Etat, l’on pense que le Parquet général près la Cour de Cassation ou les Parquets généraux près les Cours d’Appel de Kinshasa/Matete et Kinshasa/Gombe devraient s’intéresser à l’alerte du gouverneur de la ville de Kinshasa.

            Une opération « mains propres » est vivement exigée des limiers de la justice pour permettre de reconstituer la traçabilité de l’ensemble des fonds et biens immobiliers et fonciers de l’administration urbaine « pillés » tout au long du mandat de 12 ans d’André Kimbuta, aussi bien par lui-même que par des ministres provinciaux, des membres du Bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, des gestionnaires de la constellation de régies financières, d’assainissement et autres créées de toutes pièces sous son « règne », etc. Le fait que l’ancien président de l’Assemblée provinciale, Roger Nsingi, croupisse depuis l’année dernière à Makala, pour cause de détournement du charroi de la ville, de même que l’ancien ministre des Finances, Guy Matondo, jugé et condamné dans le dossier du détournement de plus de 8 millions de dollars américains, sur plainte de l’Assemblée provinciale, constitue un indice non négligeable de la mégestion érigée en mode de gestion au sein de l’exécutif et du législatif urbains.

            Des enquêtes devraient être ouvertes, toutes affaires cessantes, pour voir clair dans les finances et le patrimoine immobilier de Kinshasa, pendant les 12 ans de « récréation » d’André Kimbuta, gouverneur de la Ville, et Roger Nsingi, président de l’Assemblée provinciale. La capitale présenterait certainement un autre visage si ses immenses ressources financières étaient gérées de manière orthodoxe et transparente. Elle aurait certainement quitté, depuis belle lurette, le pallier de la ville la « plus sale » du monde, avec des caniveaux éternellement bouchés et des montagnes permanentes d’immondices, la grande insécurité entretenue par des « Kuluna » et des criminels armés impunis, des embouteillages à cause d’un réseau routier d’une autre époque, des bidonvilles suite à l’absence d’une politique de logements sociaux.

Kinshasa serait une ville modernisée et prospère, si ceux qui avaient eu à l’administrer pendant 12 ans s’étaient réellement mis au service de ses 10, 12 ou 14 millions d’habitants, des chiffres difficiles à valider en l’absence des statistiques fiables.

                                      Kimp

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