Les USA pour le respect absolu  des droits fondamentaux des Congolais

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Le gotha politique, économique et socioculturel congolais a répondu massivement le jeudi 23 juin 2016, à l’invitation de l’Ambassadeur des Etats Unis d’Amérique en RDC, James Swan, pour la célébration du 240ème anniversaire de la Déclaration d’Indépendance des USA commémorée le 4 juillet de chaque année.  A l’occasion de cette cérémonie festive qui a eu lieu en sa résidence, dans la commune de Gombe, l’Ambassadeur des USA en RDC, a dans son adresse, rappelé le chemin parcouru par son pays, depuis l’acquisition de son indépendance, dans la quête de la préservation et la promotion des valeurs démocratiques (libertés d’expression, de pensée et d’opinion, passation pacifique du pouvoir) qui ont fait des USA une nation forte.

En ce qui concerne la RDC, il a rappelé la position de son gouvernement qui insiste sur l’impératif pour cette dernière, d’assurer à tous ses citoyens un espace libre et démocratique garantissant le respect absolu de leurs droits constitutionnels afin de bénéficier de l’apport de chacun. Après avoir dressé une sorte de bilan du partenariat entre les Etats Unis et la RDC durant les quinze dernières années avec des progrès considérables enregistrés, James Swan a révélé par ailleurs que son pays, en tant qu’ami et partenaire, est préoccupé par l’incertitude entourant la trajectoire du Congo au cours de l’année à venir et au-delà. Il a ainsi encouragé ses invités à mettre ensemble leurs talents afin de prendre le destin de la RDC en main.

TshiekeBukasa

Excellences, Distingués Invités, Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Bienvenue à la célébration du 240ème anniversaire de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis. Chaque année, le 4 juillet ou aux alentours de cette date nous commémorons son adoption par le Congrès Continental en 1776. Les Américains sont connus pour leur sens pratique et leur ponctualité. Nous avons donc, pour un certain nombre de raisons pratiques, fixé la tenue de la cérémonie de cette année au 23 juin! Merci de vous joindre à nous à l’occasion de cette célébration prématurée!

La Déclaration d’Indépendance était une proclamation formelle formulée par les 13 premières colonies de notre nation, affirmant leur droit de choisir leur propre gouvernement. Ce texte nous inspire encore aujourd’hui quand il déclare hardiment que tous les hommes sont créés égaux, jouissant des droits comprenant la vie, la liberté et la
poursuite du bonheur. Il déclare ouvertement que tout gouvernement tire son juste pouvoir du consentement du peuple qu’il gouverne.

Thomas Jefferson, le principal rédacteur de la Déclaration d’Independence, n’avait que 33 ans quand il la rédigea. L’élection de Jefferson à la présidence en 1800 a constitué la première passation de pouvoir pacifique d’un parti à un autre dans une république moderne. Après avoir rempli deux mandats, Jefferson a respecté la tradition d’une présidence à deux mandats établie par notre premier président, George Washington. Au terme de sa présidence, Jefferson a transféré avec ferveur son énergie et ses ambitions dans l’existence de citoyen
privé accompli, de fermier, d’inventeur et, particulièrement, de fondateur de la première université séculaire du pays.

Les premières années de démocratie de notre nation étaient
turbulentes et conflictuelles – caractérisées par un affrontement
d’idées vigoureux, des convictions opposées, des personnalités fortes
et polarisantes. Certains pourraient affirmer que c’est toujours le
cas de nos jours concernant notre politique! Pourtant, c’est cet
esprit de débat, de différends pacifiques et de joutes intellectuelles
qui forge une démocratie durable. Au bout du compte, c’est cet espace
ouvert propice au discours politique, qui peut parfois être choquant
et inconfortable, qui maintient le dynamisme d’une démocratie, en
encourageant de nouvelles idées, de meilleures politiques et, en fin
de compte, une nation plus forte.
Comme certains d’entre vous le savent, j’ai travaillé au Congo
pendant de nombreuses années, et j’ai pu constater de près la
dévastation et les espoirs du peuple congolais. Nul ne souhaite
retourner au tumulte des années nonante ou à celui des premières
années du siècle actuel. Sans conteste, des progrès considérables ont
été réalisés depuis 2001 – à travers l’amélioration de la sécurité,
l’adoption d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections, les
efforts visant à s’attaquer à l’impunité et la création de certaines
conditions propices à une croissance économique accrue, entre autres
réalisations.
Les Etats-Unis et leur peuple ont travaillé sur ces priorités main
dans la main avec les Congolais: pour stimuler la croissance
économique et le développement, améliorer l’accès aux soins de santé
et à l’éducation, promouvoir la paix et la sécurité et consolider les
institutions démocratiques. Dans le cadre de nos engagements sur toute
l’étendue de ce vaste et beau pays, ç’a été un privilège de travailler
avec tant de Congolais dévoués et patriotes, et nous sommes honorés de
constater que beaucoup d’entre vous ici présents représentent un
échantillon de ce groupe impressionnant.
Cette année, nous avons noté beaucoup d’exemples de progrès dans nos
relations déjà étroites et multiformes. Le programme de coopération
bilatérale des Etats-Unis à l’égard du Congo n’a jamais été aussi
vaste et robuste en l’espace d’une génération, et ce depuis les années
80. Dans le domaine multilatéral, nous avons été heureux de constater
la reprise de la coopération entre la MONUSCO et les Forces armées
congolaises en appui aux opérations menées par celles-ci contre les
groupes armés illégaux dans l’Est. Au niveau purement humain, nous
apprécions les avancées significatives effectuées par les autorités
congolaises visant à permettre aux enfants adoptés légalement de
rejoindre des familles aimantes aux Etats-Unis et ailleurs. Les
Etats-Unis ont été un partenaire réceptif dans les efforts collectifs
et héroïques du peuple congolais visant à reconstruire ce pays au
cours des quinze dernières années. Mais je dois toutefois vous dire en
toute honnêteté que nous sommes préoccupés—en tant qu’ami et
partenaire—par l’incertitude entourant la trajectoire du Congo au
cours de l’année à venir et au-delà. Quand je regarde l’assistance ce
soir, je suis inspiré par les leaders talentueux que je vois, issus de
tous les milieux de la société – représentant le monde académique, le
monde culturel, les affaires, la société civile, le gouvernement et la
politique – et je sais qu’il en existe beaucoup d’autres à travers
cette grande nation. Les autres partenaires et nous-mêmes comptons sur
vous pour rassembler vos immenses talents, montrer la voie à suivre,
fournir plus de clarté à l’égard de la destination que ce pays est
censé atteindre – et de nous informer, nous vos partenaires, de ces
choses, mais, plus encore, d’en parler à vos concitoyens.
Pour que le Congo bénéficie des contributions de tous ses citoyens,
il est crucial qu’il existe un espace où leurs voix et opinions
puissent se faire entendre, exempt de toute crainte d’intimidation et
de harcèlement – qui garantisse le respect absolu de leurs droits
constitutionnels. Notre gouvernement a clairement affirmé cette
position et croit que – même en tant qu’étrangers – nous devons nous
exprimer en faveur des droits fondamentaux. A ce sujet, par souci de
transparence, je vous annonce que plus tôt dans la journée notre
gouvernement a annoncé que des sanctions individuelles ciblées seront
appliquées à l’encontre du Commissaire Provincial de la Police
Nationale à Kinshasa, le Général Kanyama, en vertu d’un décret
présidentiel qui s’applique aux individus responsables de certaines
violations des droits de l’homme ou d’abus et d’avoir sapé les
institutions et les processus démocratiques.
Bien que ce soit un sujet délicat pour un discours de réception,
cette information circulera dans les médias et j’ai jugé important
d’évoquer cette question directement ce soir. En tant qu’amis et
partenaires, nous pensons qu’il est particulièrement important d’être
honnête et direct quand nous communiquons sur les points de désaccord
et les sujets de préoccupation. Nous espérons vivement que la
protection de l’espace politique et des droits de l’homme
parallèlement à des progrès rapides vers la tenue d’élections
crédibles et une passation de pouvoir pacifique feront en sorte que
cela soit la dernière fois que nous sommes contraints de prendre des
mesures telles que celles annoncées aujourd’hui.

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