Universités du Kasaï Oriental : l’Ordre des Médecins au banc des accusés

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Dans ses moyens de défense face aux critiques qui fusent de partout au sujet de sa mesure suspendant le fonctionnement des facultés de médecine qui ne répondent pas aux critères requis, le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaires, appuyé en cela par des participants aux Etats généraux du secteur organisés du 10 au 14 septembre à Lubumbashi, évoque les conclusions des missions de contrôles du Conseil  Nationale de l’Ordre des Médecins. C’est le cas des universités de la province du Kasaï Oriental, où leurs autorités académiques soutiennent, la main sur le cœur, n’avoir jamais vu passer des équipes de contrôle du Comité national de l’ordre des médecins ou du comité provincial.

Puisque la tutelle justifie sa sanction par les résultats des contrôles, responsables et étudiants des universités du Kasaï Oriental attendent impatiemment la visite de ses équipes de contrôles au sein de leurs établissements, de manière à ce qu’ils sachent si leurs facultés de médecine sont viables ou non.

            S’exprimant à visage découvert, le Président du Conseil d’Administration de l’Université de Mbuji-Mayi, Campus de Tshikama, Mgr Bernard Emmanuel Kasanga, soutient que « la circulaire du 17 septembre 2021 se serait basée sur un rapport qui n’existe pas, particulièrement pour l’Université de Mbuji-Mayi et sa faculté de médecine. Ainsi, l’UM attend encore le passage de la Commission de l’Ordre des Médecins pour faire son travail… ».

            Le même prélat poursuit : « L’Université (de Mbuji-Mayi) n’éprouve aucune crainte quant aux conditions liées à l’existence des Cliniques Universitaires, de sa bibliothèque, du Laboratoire et de son Personnel Académique en Médecine. Elle est la première université dans l’espace Grand Kasaï à avoir produit des médecins de qualité au profit du pays et du monde. Ce qui fait la fierté de notre Alma Mater ».

            Signalons que les universités du Kasaï Oriental ne sont pas les seules à s’estimer sanctionnées injustement. C’est le même son de cloche au Kasaï Central voisin, où des sénateurs originaires de cette province sont montés au créneau lundi dernier et ont frappé à la porte du bureau du président du Sénat, Modeste Bahati, pour lui faire part de leur indignation et de leur crainte de voir l’élite en formation être sacrifiée sur l’autel de l’injustice.

            A Kinshasa, les réactions les plus musclées sont venues des universités Simon Kimbangu et William Booth, frappées aussi par le ministre de l’ESU alors qu’elles disposent des formations hospitalières, bibliothèques, laboratoires , personnels académiques propres, etc.

            D’aucuns pensent que si l’Ordre des médecins n’a pas fait l’audit de toutes les universités du pays, la moindre des choses serait que le ministre de l’ESU revoie sa circulaire.

                                               Kimp

Transmis copie pour information à :

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement

(Avec l’expression de ma plus haute considération)

Hôtel du Gouvernement

A Kinshasa-Gombe

A Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire

A Kinshasa/Gombe

Concerne: Question écrite

Fermeture des facultés de médecine non viable dans certaines Universités

Excellence Monsieur le Ministre,

                        L’honneur m’échoit de venir par la présente, conformément aux articles 100 alinéa 2 de la Constitution et 168 à 179 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, vous adresser la présente question écrite relativement à ce dont l’objet est pré-rappelé en concerne.

                        En effet, par votre circulaire n°033 du 17 septembre 2021, vous avez décidé de la fermeture des facultés de médecine déclarées non viables dans certaines universités du pays. Cependant cette mesure appelle quelques préoccupations de notre part.

                        À cet effet, pourriez-vous mettre à notre disposition des informations précises et approfondies sur :

1. Le sort des étudiants régulièrement inscrits à la faculté de médecine de ces universités. Avez-vous pensé aux difficultés qu’éprouveront les parents pour inscrire leurs enfants dans les universités viables situées dans d’autres villes ou dans la même ville mais dont le coût de frais académiques est élevé ? Ne craignez- vous pas un soulèvement des étudiants contre le Chef de l’Etat, lui qui tient beaucoup à la formation et à l’amélioration des conditions des étudiants?

 2. Les critériums retenus pour prononcer la fermeture des facultés de médecine de certaines universités. Si le débat d’infrastructure fait partie des critères arrêtés pour interdire le recrutement à la faculté de médecine de ces universités, ne pensez-vous pas que cette responsabilité incombe plutôt au Gouvernement ? Les instituts supérieurs et universitaires étant des établissements publics, ils bénéficient d’une autonomie financière, mais il n’en demeure pas moins que l’Etat subventionne. Cette subvention peut s’étendre aux universités privées, d’autant plus que l’enseignement est un service public au sens matériel.

3. La capacité d’accueil des universités viables. Pensez-vous que les universités seront elles en mesure d’accueillir tous les étudiants issus des universités non viables ? Dans ces conditions, la distanciation physique sera-t-elle strictement appliquée ?

4. Les médecins formés par les universités déclarées non viables. Ne savez-vous pas que certains grands médecins de nos hôpitaux sont issus de ces universités, comme notamment l’université de Mbuji Mayi ? Avez-vous les statistiques et les informations sur la performance des médecins formés dans ces universités ?

                        Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.

Honorable Augutin Kalonji     

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