Union Sacrée : l’UDPS n’a pas oublié

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C’est avec beaucoup d’enthousiasme et d’euphorie que l’on assiste aux adhésions à l’Union Sacrée de la Nation. La dernière démonstration de force en date est la rencontre qui a eu lieu le dimanche 3 janvier 2020 à la Cité de l’UA entre le Président de la République et plus de 300 députés, toutes tendances confondues, qui se déclarent, d’ores et déjà, membres de l’Union Sacrée de la Nation. Cet entretien à 48 heures de l’ouverture de la Session Ordinaire de l’Assemblée Nationale augure des lendemains heureux face aux enjeux politiques de l’heure, parmi lesquels l’installation du bureau définitif de la Chambre Basse du Parlement, après l’éviction de Jeanine Mabunda du FCC et la motion de censure contre le Premier Ministre Sylvestre Ilunkamba. Et dire que l’Union Sacrée de la Nation ne cache plus son ambition de remporter ce jackpot, cela n’est plus un secret de polichinelle.

         Devant ces ralliements qui ne se comptent plus, on assiste à une recomposition extraordinaire de l’échiquier politique congolais. Ainsi donc, on ne sera pas surpris de vivre des retrouvailles entre anciens adversaires politiques. On notera que Ngoy Kasandji va se retrouver ensemble avec Mokia, Adam Bombole, Dely Sesanga, Jean Lucien Bussa qui vont être obligés d’être ensemble avec Jean Pierre Bemba. Eve Bazaiba va côtoyer ses anciens camarades de l’UDPS. Cette réalité, qui semble surréaliste, c’est aussi cela l’Union Sacrée. Panier à crabes ou réellement une adhésion autour de la vision du Chef de l’Etat, l’avenir nous le dira. Déjà, des voix s’élèvent pour mettre en garde que cette plateforme ne devienne pas une blanchisserie ou une façon détournée de la quête au repositionnement. Pour le moment, il est prématuré de l’affirmer d’autant plus que ce n’est que le début. Cependant, connaissant la classe politique congolaise, il y a fort à parier que cela soit à craindre.

         Devant cette grande victoire du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo consécutive à la rupture de la coalition FCC-CACH, il se cache une grande crue politique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social. En effet, nul n’ignore que le Chef de l’Etat en fonction est de ce parti, mais aussi le rôle joué par Jean-Marc Kabund pour réaliser ce rêve. Un succès retentissant d’un parti politique qui a toujours été floué. Après 37 ans de lutte dans l’opposition, c’est la première fois que le parti du Sphinx de Limete, d’heureuse mémoire, est à la manœuvre. Ayant connu des débauchages, trahisons, défections, etc. l’UDPS n’est pas prête d’oublier qu’elle doit savoir tirer les leçons des échecs antérieurs et par conséquent saura jouer son rôle de leader pendant cette période.

         Le parti cher à FATSHI se rappelle de l’USOR, de l’USORAL, de l’USORAS, du gouvernement 1+4, où Etienne Tshisekedi fut écarté au profit de Z’Ahidi Ngoma. L’UDPS ne doit pas oublier la scission du parti ou des ténors comme Lihau, Kibassa, Mbuankwiem sont allés du côté du feu Maréchal Mobutu. Que dire de Birindua, Tshibala, pour ne citer que ceux-là. Donc à ce stade, la fille ainée de l’opposition n’a plus droit à l’erreur. Comme seul Dieu connait le cœur humain, il va falloir éviter le triomphalisme. En politique, tout est possible. Des loups dans la bergerie ne manquent pas. Que dire des traitres potentiels ou encore des espions qui sont capables de détruire l’Union Sacrée de l’intérieur? En définitive, les ambitions doivent être bien gérées, car il est impossible de satisfaire tout le monde. Que deviendront ceux ou celles qui ne seront pas nommés ? De la gestion minutieuse des ambitions dépendra la survie de l’Union Sacrée. Le temps est venu pour l’UPDS de faire de la vraie politique en ressoudant d’abord ses rangs pour bien affronter et tempérer la fougue de tous les « opportunistes »

         2023 doit se préparer dès maintenant, sinon la chute sera fatale. Comme un verre cassé, les morceaux ne peuvent reconstituer le verre. UDPS VIVA…                                                                                                                                   Kevin Kua Nzambi, Analyste politique

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