Union Sacrée et lutte contre la pauvreté : pourquoi Fatshi Béton doit maintenir le cap pour un changement durable

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Les consultations initiées par le chef de l’Etat ont pris fin. Elles nous ont tous remis en mémoire les espoirs qu’avaient fait naître, il y a de cela deux ans, le candidat numéro 20. Une de ses affiches de campagne avait particulièrement attiré mon attention: celle sur laquelle on le voit confiant, avec un petit enfant dans ses bras. Tout un programme pour celui qui avait promis l’enseignement primaire gratuit pour tous les enfants du Congo, seule voie possible pour assurer l’équité au Congo.

En effet, s’il peut revêtir différentes significations selon le contexte, le terme équité, selon l’UNICEF, «fait référence à l’égalité des chances en matières de survie, de développement et de plein épanouissement pour tous», ou, si vous préférez, il s’agit d’offrir le meilleur départ possible dans la vie à tous les enfants, en leur offrant le meilleur environnement social et économique possible, les mêmes opportunités, une égalité des chances, et un environnement marqué par la justice sociale et par la justice tout court.

            C’est en pensant aux millions d’enfants congolais et à leur avenir, que nous avions soutenu, il y a deux ans, le candidat numéro 20 et son programme de lutte contre la pauvreté.

            J’avais, il y a peu, rappelé qu’après 18 ans de règne sans partage, Joseph Kabila avait manqué à ses obligations, parce que la majorité qui le soutenait et lui-même, n’avaient pas rencontré les critères de performance de la feuille de route que les états membres de l’ONU devaient suivre pour la période 2000 à 2015.

            Le rapport 2018 de la banque mondiale était particulièrement accablant pour les dirigeants de la RDC. On pouvait y lire qu’un congolais sur deux vivrait dans une situation d’extrême pauvreté à l’horizon 2030, si nous reprenions les mêmes et recommencions. Ce rapport notait avec gravité que la RDC, qui hébergeait à peine 1% de la population mondiale, abritait respectivement 7,2% de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté, c’est-à-dire avec moins de deux dollars par jour, et 14,3 % de la population de l’afrique sudsahaharienne en situation d’extrême pauvreté.

Triste et révoltant record.

            Ces chiffres étaient d’une rare et inquiétante gravité, parce qu’en dépit du fait que la population mondiale s’était accrue de deux milliatds d’âmes, passant de 5,28 milliards en 1990 à 7, 22 milliards d’individus en 2015, le nombre global de personnes vivant en situation d’extrême pauvreté avait suivi la voie inverse, passant de 1,9 milliards en 1990, à 836 millions en 2015, soit une diminution de l’ordre de 56%. Aucun changement au contraire en RDC où les prédateurs continuaient à se la couler douce, et à programmer une retraite dorée pour un président qui avait fait des congolais  une bande de clochards, livrés à la risée du monde.

            La pauvreté observait l’Unicef en 2016, «perpétue le cercle vicieux des disparités et de l’inégalité qui empêche des millions d’enfants de réaliser leur potentiel et leur cause des préjudices irréparables…»

            C’est pour briser ce cercle vicieux que le candidat numéro 20 était descendu dans l’arène, avec un programme centré sur la lutte contre la pauvreté.

            Si l’Afrique continue à porter au pouvoir des prédateurs et des spécialistes de l’enrichissement sans cause, les experts des organismes de l’ONU prédisaient qu’à l’horizon 2030, ce continent abriterait neuf enfants sur dix en situation d’extrême pauvreté; et que ces enfants auraient 12 fois plus de chance de mourir avant leur 5ème anniversaire, que les enfants des pays riches.

            J’observai, pendant cette campagne électorale, que le pouvoir sortant avait échoué à cause de ses habitudes prédatrices,  et de son mépris des congolais. C’est ainsi qu’après avoir mis sur pied, sous la pression des bailleurs de fonds, l’UPPE (unité de production, de pilotage et d’élaboration de la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté), le gouvernement Kabila l’avait ensuite  liquidé sous Matata Ponyo, annihilant ipso facto tous les efforts dirigés vers les plus faibles, pour enrichir davantage les nantis.

            Conséquence: la mortalité des moins de 5 ans reste forte et la RDC trône toujours dans le top 10 (sur 187) des pays où beaucoup d’enfants de cette catégorie d’âge meurent dans l’indifférence de ceux qui gouvernent.

            Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (TMM5) est un critère important de développement; «il donne une vision adéquate de l’état de santé de la majorité des enfants et de la société dans son ensemble» (Unicef).

            Selon les experts de l’Unicef, le TMM5 présente  plusieurs avantages, notamment:

1. Il mesure les résultats du développement plutôt que ses intrants;

2. Il est la somme d’un large éventail de données (santé nutritionnelle et connaissance des mères en matière de santé, taux de vaccination et d’utilisation du traitement de réhydratation orale, accès aux services de santé maternelle et infantile [y compris les soins prénatals], le revenu et la présence de nourriture au foyer, l’approvisionnement en eau  salubre et un assainissement sûr, de même que la sécurité globale de l’environnement de l’enfant);

3. Il court moins de risque d’être déformé que le PIB par habitant, parce qu’il ne recourt pas aux moyennes. Celles-ci ont pour vocation de masquer des situations extrêmes.

            Le 23 décembre 2018, le peuple congolais avait choisi l’alternance à la présidence de la république, mais avait en même temps donné la majorité au FCC dans les assemblées provinciales et à l’assemblée nationale, condamnant ainsi le pays à vivre une cohabitation de fait ou une coalition politique inédite.

            Le choix de la coalition s’est finalement révélé désastreux avec un partenaire dont le premier geste a été d’assurer à Joseph Kabila une rente de survie d’un million de dollars par mois, alors que l’écrasante majorité des congolais vit avec moins de deux dollars par jour. Nous sommes ensuite allé de blocage en blocage, avec un prétendu allié qui planifie 2023 en sabotant l’action du président de la république.

            La nation retient son souffle, et attend avec confiance le message du chef de l’état.

            Le choix est désormais clair. Survie de l’Etat ou victoire des prédateurs. L’état de droit ou l’impunité. Le progrès social ou le darwinisme organisé.

            Il faut tenir. L’avenir des enfants du Congo en dépend.

Dr Hubert Kabasele Muboyayi Kalonji

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