UNIKIN : les occupants des homes sommés d’évacuer

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Une photo parmi la centaine prise lors des incidents de saccage survenus le lundi 6 et le mardi 7 janvier 2020, à l’Université de Kinshasa, a suscité froid au dos et indignation générale de la population kinoise devant l’ampleur des événements et l’horreur des actes de vandalisme. On y voit deux marginaux mus par une cruauté indicible, avançant à pieds à côté d’une jeep de la police. L’un brandissait une machette qu’il comptait utiliser contre un policier en tenue assis par terre, sans défense. Et un autre délinquant également armé d’une machette, décidé à faire passer aussi un mauvais quart d’heure à l’agent de l’ordre solitaire désarmé.

            Comme si leur indignation était parvenue aux oreilles des responsables de la sécurité nationale, le Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa a lancé hier, un communiqué invitant à la suspension de toutes les activités académiques et administratives sur le site universitaire. Aux occupants de homes, il leur a été signifié l’évacuation de façon volontaire, de tous les logis à leur disposition. Bien entendu, il s’agit des étudiants réguliers et irréguliers, des civils, des militaires et des policiers hébergés en sous-location, et même certaines familles.

Afin de faire le tri entre les vrais étudiants répertoriés et identifiés au niveau de l’université, et les «  infiltrés » de manière à faire déguerpir endéans quarante huit heures, tous les récalcitrants qui estiment que l’Etat de droit est mort de sa belle mort sous le régime de Félix Antoine Tshisekedi.

L’enquête de la police serait incomplète si l’on n’identifierait pas toute main noire quelle qu’elle soit qui aurait agi par des discours incendiaires, des appels aux saccages et aux attaques des personnes innocentes et à leurs biens. La police devrait d’autre part, lancer une vaste opération de ratissage au campus et dans ses environs immédiats, tels que Livulu, Mbanza Lemba, Tchad, Kindele, et même à Kimwenza.

Seul le langage de la fermeté permettrait de redonner sa force et toute son autorité à l’Etat dans la gestion de revendications sociales et politiques. Il faut donc que force reste à la loi. 

            Quand on décrypte cette image et le message qu’elle véhicule, force est de constater que par leurs accoutrements, les manifestants porteurs de machettes, décidés à tout casser, ne seraient pas des étudiants réguliers de l’Université de Kinshasa. Mais seraient probablement des rebus de la société, des délinquants sans foi ni loi, qui ont basculé dans le banditisme urbain. Car au lieu de disposer des syllabus, des notes de cours et autres ouvrages scientifiques, ils se sont dotés des burins, des marteaux et autres armes blanches, dans le dessein de rayer l’Université de Kinshasa de la carte de la ville.

            C’est avec satisfaction que l’on a appris hier mardi 7 janvier 2020, que le Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa avait pu procéder à l’arrestation d’une trentaine des manifestants surpris en pleine campagne de destruction des bâtiments, de saccages des véhicules et de voies de faits sur les agents de la police et autres passants qui s’étaient retrouvés au mauvais endroit et au mauvais moment.    

            Pour les observateurs, le coup de filet de cet échantillon de la jeunesse délinquante issue de quartiers mal famés, doit aider la police à faire l’état de lieu de la situation. Non seulement, il faudrait identifier chaque marginal, le situer dans sa « milice propre » qui devrait faire l’objet d’une catégorisation particulière. L’opinion serait intéressée à connaître les meneurs éventuels, la main noire qui a distillé le discours de la haine et du chaos, ainsi que les encadreurs qui ont fourni des armes blanches et autres aux manifestants.

            Avant de se lancer dans l’arène, à quelles activités criminelles se livraient-ils avant d’être recrutés dans les milices visant le campus de Kinshasa ? Et quels sont leurs antécédents judiciaires?

            Car, à y voir de près, il n’y a pas eu de mouvement spontané des masses. On ne peut pas se réveiller un matin et décider seul ou trois ou quatre individus pour aller saccager l’Université de Kinshasa, sachant qu’au départ, ce site est placé sous la surveillance des services de police et garde universitaires. En plus, à chaque incident, ces éléments, s’ils sont débordés, font toujours appel aux agents de la police du Commissariat urbain du Mont Amba qui, à leur tour, seront renforcés par ceux d’autres unités.

            Les parents des étudiants, révoltés face aux troubles survenus sur le site universitaire et qui ont pour conséquences, la suspension des activités académiques et administratives, et le déguerpissement de tous les occupants des homes, soutiennent toute action de fermeté de l’Etat devant se traduire par la traque des manifestants, étudiants ou marginaux, pris en flagrant délit des actes de vandalisme, leur identification au sein de différentes milices qui se sont acharnées sur les infrastructures publiques, biens privés, des personnes et des éléments de la police.

                      J.R.T.

Décision n°001/UPN/RECT/2020 du 06/01/2020, portant exclusion définitive d’un étudiant de l’Université Pédagogique Nationale

Le Recteur de l’Université Pédagogique Nationale (UPN),

Vu la Loi-cadre n°14-004 du 11 février 2014 de l’Enseignement National ;

Vu l’Ordonnance-loi n°81-025 du 03/10/1981 portant organisation générale de l’Enseignement Supérieur et Universitaire ;

Vu l’Arrêté Ministériel n°040/MINESU/CAB/SMM/JPK/JMB/2019 du 14/02/2019 portant désignation et nomination des membres du Comité de Gestion de l’Université Pédagogique Nationale dans la Ville de Kinshasa ;

Vu l’artuicle 23 du règlement des étudiants, relatif au respect et à l’obéissance que les étudiants doivent, en toutes circonstances, observer envers les autorités universitaires et le personnel ;

Vu l’alinéa 5 de l’article 37 du règlement des étudiants, sur le barème des sanctions qui leur est applicable en cas de manquement à leurs devoirs ;

Vu l’article 40 du règlement des étudiants, relatif aux troubles à l’ordre public perpétrés par eux, collectivement ou individuellement ;

Vu le procès-verbal du Conseiller Juridique actant les déclarations de l’étudiant Nsasi Ngoma, sur les troubles à l’ordre public perpétrés à l’Université d’abord ce lundi 06/01/20250 ;

Considérant que cet étudiant s’est autorisé ce matin du 06/01/2020 à rassembler ses condisciples pour les inciter à troubler l’ordre public, au prétexte que les frais académiques ont été injustement majorés ;

Considérant que cet étudiant, dans un passé récent, s’est à plusieurs reprises distingué par des actes similaires de troubles à l’ordre public ;

Rappelant que le Comité de Gestion mettra tout en œuvre pour neutraliser tous les étudiants indisciplinés qui oseront défier l’autorité peu importe les prétextes utilisés ;

Fermement résolu à anéantir ce fléau, quii n’a pas sa place  dans un milieu qui se veut élitiste, comme celui de l’Université Pédagogique Nationale ;

Vu l’urgence et la nécessité ;

Sur proposition du Secrétaire Général Académique ;

Le Comité de Gestion entendu ;

DECIDE

Article 1 : Est renvoyé définitivement de l’Université Pédagogique Nationale, pour avoir troublé à l’ordre public, l’étudiant suivant :

1. NSASI NGOMA alias RICARDO, en G2  SIC.

Article 2 : Sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires à la présente décision;

Article 3 : Le Secrétaire Général Académique, le Commandant de la Police Universitaire et le Coordonnateur des Etudiants, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la présente décision qui entre  vigueur à la date de sa signature.

Fait à Kinshasa,

le 06 janvier 2020

Le Recteur

MASAMBA N’KAZI ANGANI Simon

Professeur Ordinaire

Communiqué de presse

Considérant la gravité des dégâts causés à l’Université de Kinshasa, par un groupe de manifestants, composés d’étudiants et d’inciviques ;

Considérant les troubles causés à l’ordre public et le climat d’insécurité qui règne depuis hier, le 06 janvier 2020, dans la zone ;

Considérant le nombre des blessés parmi les étudiants et au sein de la Police Nationale Congolaise, dont un agent a été sauvagement assassiné ;

Considérant les recommandations formulées par les différentes composantes du Conseil des Partenaires de l’Université de Kinshasa ;

Considérant la nécessité de protéger le patrimoine de l’Université de Kinshasa ;

Dans le souci de prévenir des dégâts plus importants qui pourraient survenir à la suite de ces manifestations ;

En accord avec S.E. Sylvestre Ilunga Iluankamba, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, et après concertation avec le Comité National de Sécurité, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire rend publiques les décisions ci-après :

1. Toutes les activitéxs au sein de l’Université de Kinshasa sont suspendues jusqu’à nouvel ordre ;

2. Obligation est faite à tous les occupants des homes (résidents estudiantins) de l’Université de Kinshasa d’évacuer volontairement les lieux endéans 48 heuires, à parttir de ce jour. Passé ce délai, recours sera fait aux Forces de l’ordre ;

3. En vue de permettre une réinstallation rapide dans les homes des seuls étudiants réguliers, il sera procédé à une opération d’identification ;

4. Il est demandé aux autorités compétentes de la Police Nationale Congolaise, des Services de sécurité et de la Justice de procéder, le plus rapidement possible, à l’identification et à l’arrestation des auteurs de ces forfaits pour qu’ils subissent, avec la plus grande fermeté, la rigueur de la Loi ;

5. Le Comité de gestion de l’Université de Kinshasa est instruit de collaborer à l’application de ces mesures.

Fait à Kinshasa, le 07 janvier 2020

Thomas LUHAKA LOSENDJOLA

Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire

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