Unikin : le ras le bol des étudiants !

0
83

* Marche pacifique de protestation hier contre le gouvernement

* Tirs de la police pour empêcher les manifestants de sortir du campus

Des étudiantes et étudiants de l’Université de Kinshasa (Unikin), estimés à environ un millier, ont organisé le jeudi 08 avril 2010 une marche de protestation contre le gouvernement, qu’ils tiennent pour responsable du non respect des engagements pris avec leurs professeurs, en vue de casser la grève qui en est maintenant à son deuxième mois. Selon les sources du Phare, la consigne de la marche a largement circulé mercredi soir entre « camarades O » présents sur le campus universitaire d’abord et ensuite, par téléphone, entre externes.

C’est le Comité de la Coordination Estudiantine qui a pris l’initiative, en faisant pratiquement du porte à porte à travers les Homes des garçons et des filles. Le plan initial prévoyait un rassemblement matinal de tous les participants à la marche, externes comme internes, au campus même, avant une progression lente et pacifique de l’Intendance de l’Unikin au rond point Ngaba. Ici, un message devrait être lancé à l’endroit du gouvernement, pour l’inviter à régler sans délai et sans condition le contentieux salarial et le dossier du statut particulier des professeurs, des personnels scientifiques et des agents administratifs, conformément au compromis global trouvé entre parties lors des concertations organisées dernièrement à la Primature ainsi qu’au cabinet du ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire.

Et, comme convenu, près d’un millier d’étudiantes et étudiants se sont retrouvés, à partir de 6 heures du matin, au « Plateau » et devant leurs différents homes pour le go, lequel a été donné vers 8 heures par la Coordination Estudiantine. Mais, alors que la colonne des marcheurs prenait la direction de l’Intendance de l’Unikin, elle a rencontré comme premier obstacle la Garde Universitaire. Et, pendant qu’elle cherchait à contourner celle-ci, elle a constaté que toutes les issues de sortie vers le rond point Ngaba étaient bloquées par des policiers armés jusqu’aux dents.

Quelques étudiants téméraires qui ont tenté de franchir la « ceinture » de la police ont été repoussés par des tirs en l’air, tant dans le secteur de l’Intendance Générale de l’Unikin que de l’entrée principale communément appelée « Trafic ». Bloqués à l’intérieur de la concession du campus, les manifestants ont décidé, à leur tour, de verrouiller leur « territoire » avec des pneus en feu, des troncs d’arbres, des blocs de béton. Toute circulation automobile y était interdite, de même que les activités administratives, commerciales et académiques.

Des résidents de Mbanza-Lemba qui ont l’habitude de venir s’approvisionner en eau potable à partir des robinets de l’Unikin ont été chassés sans management par les étudiants et leurs récipients détruits ou confisqués. En dépit de la forte tension qui a régné à travers le campus, aucune perte en vie humaine ni aucun dégât matériel n’ont été enregistré. Aucune autorité académique n’a été aperçue sur les lieux.

L’ISTM interpellé

Quelques manifestants qui ont réussi à franchir le cordon sécuritaire dressé par la police se sont présentés aux portes de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales, situé en contrebas de l’Unikin. C’était pour exiger à cette communauté estudiantine, où les activités académiques continuent de se dérouler normalement, un peu plus de solidarité dans leur quête de la normalisation de la situation salariale de leurs professeurs et partant des activités académiques et scientifiques. Quelques échauffourées, sans conséquence, ont été signalées entre les deux camps.

A la lumière de l’alerte d’hier jeudi, il est à espérer que le gouvernement va penser à renouer le dialogue avec ses « partenaires sociaux » et surtout à répondre de manière diligente à leur cahier de charges, selon les termes négociés dernièrement entre le ministre Léonard Mashako de l’ESU, l’APUKIN (Association des Professeurs d’Université), la Coordination Estudiantine, le Collectif des personnels scientifiques et administratifs. A l’allure où monte la tension à l’Unikin, il serait imprudent d’attendre l’éclatement de la bombe à retardement pour ensuite agir.

                        Patience Ndayada, Nicolas

Kabemba et Kimp.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*