Unikin, le danger est là !

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Dans un article de deux pages et un quart paru dans « Le Phare » du vendredi 16 avril 2010, le Professeur BANYAKU s’est consacré à une entreprise de sape à l’égard de I’APUKIN.

D’ailleurs, il le montre dès la première phrase de son pamphlet

Puisant sa référence chez un certain François de Closel, son maître à penser, le Professeur en question écrit : « Tous Ensemble pour en Finir avec la Syndicratie ». Il existe de nombreux livres sur le syndicalisme. D’avoir choisi comme référence

celui qui pourfend le syndicalisme, les syndiqués et les syndicalistes est un parti pris dont la responsabilité incombe à l’auteur de l’article en question.

Qu’est-ce qui est en cause ? Les syndicats, les syndicalistes ou les syndiqués ? Autant demander ce qui est mauvais dans un royaume : le royaume, les sujets ou le roi ? La réponse est à chercher à la base: dans l’origine, l’émergence des syndicats. A notre humble avis, les syndicats sont apparus comme réponse aux conflits de travail engendrés par I’emploi d’une main-d’oeuvre massive dans I’industrie du capitalisme naissant. Supprimer les causes qui sont à l’origine du syndicat et  vous serez  tranquille…

En fait, tout le texte du Pr. BANYAKU, peut se résumer en deux points :

1. DIFFAMER L’APUKIN POUR JUSTIFIERSA SUPPRESSION,

2. FAIRE UN APPEL AU POUVOIR EN PLACE LE FOND DE SON DISCOURS

1°  OBJECTIF : DIFFAMER L’APAKIN POUR JUSTIFIER SA SUPPRESSION

L’essentiel de I’argumentation du discours du Pr. BANYAKU est dirigé contre I’APUKIN qu’il affuble de tous les maux.

(1°) Page 6, fin de la 2ème colonne, « …1e Professeur a l’obligation de se placer au-dessus de la mêlée ou de la MARMAILLE SYNDIQUEE… ».  Notre APUKIN est donc une marmaille syndiquée.

(2°) Page 6, 3ème colonne, 2ème alinéa : «…la responsabilité du Professeur congolais est engagée par sa propre TURPITUDE…» PAGE 15, 5ème colonne, dernier alinéa. «... cela aurait été le fait de la simple TURPITUDE des négociateurs du Comité Exécutif de I’APUKIN et du Ministre de tutelle...» Notez l’élégance du mot…qui signifie : conduite ignominieuse !

(3°) Page 12, 1ère colonne : « …Pourquoi, enfin, Ie syndicalisme ANARCHIOUE conduit par Ie Comité APUKIN s’est-il soldé par un AMATEURISME… « Nous rappelons, à toute fin utile, que le mot anarchique dérive du grec et signifie sans (an; av) commandement (commencement) (archê ; apxn). L’APUKIN est une organisation sans chef, désordonnée…N’oubliez pas qu’il s’en tient aux idées de Closel…

Nous sommes des amateurs, dans une question qui concerne nos intérêts vitaux ! (4) Page 72, 3ème colonne, 3ème alinéa, reprenant les idées dépréciatives de son maître à penser, François de Closel, il écrit : … « En effet, les syndicalistes… se révèlent comme une PEGRE à la merci de I’employeur… » Le mot pègre veut dire : milieu des voleurs et des escrocs. Les membres du Comité de I’APUKIN sont ainsi assimilés aux voleurs, aux escrocs, à la merci de l’employeur, qui n’est autre que le Gouvernement Congolais ! Dis-moi qui tu hantes, Si le Gouvernement Congolais emploie des voleurs et des escrocs pour accomplir certaines tâches, c’est que ce Gouvernement est lui-même…

(5°) Page 72, 3ème colonne, 4ème alinéa : «...profitant surtout de l’ignorance de ces derniers sur les matières en négociation.» Nous tous, syndiqués de I’APUKIN, sommes des ignorants en matière de négociation dont profitent les Syndicalistes, c’est-à-dire, le Comité de I’APUKIN. Et dire que parmi nous, il y a des Sociologues, des Politicologues, des Psychologues, etc… Tout ce monde est IGNORANT en matière de négociation, aux dires du Pr. BANYAKU ! Cela voudra-t-il signifier que, seul, le Pr. BANYAKU ou ses semblables sont capables de mener à bien toute négociation ?

(6°) Page 12. 4ème colonne, 1er  paragraphe. « Ce qui permet aux syndicalistes de développer des allures moins transparentes, moins persuasives… plus agressives et plus autoritaires … vis-à-vis de leurs Membres… ». Peut-on être plus méprisant ?

(7°) Page 12, 4ème colonne, 2ème  paragraphe:

«  .., Les syndicalistes acquièrent ainsi dans le conflit professionnel le statut de leader sans aucune performance professionnelle, sauf celle d’être mandaté ou choisi par les Membres pris ou envoûtés par I’enthousiasme corporatif… »

Monsieur de Closel est un fasciste. Comment, dans une démocratie, peut-on acquérir le statut de leader d’un groupe social si ce n’est par des élections ? Les élections se gagnent sans aucune performance professionnelle, car les électeurs sont tous envoûtés ! Donc, ayons des leaders choisis sur d’autres critères que la compétition électorale !

Cela veut aussi dire que quand les électeurs français élisent un président français, celui-ci n’a aucune performance professionnelle… parce que ces électeurs français sont tous envoûtés !

A moins que l’envoûtement ne frappe que les syndiqués.

Si donc, le Pr. BANYAKU avalise ces arguments, alors. . . Page 12, 5ème colonne, 1er  paragraphe ‘. « … Car ils refusent de se retrouver comme des simples et pauvres syndiqués à la merci et au seul profit des syndicalistes manifestement IMMATURES… »

Page 12, 5ème  colonne, 3ème  paragraphe: voie de revendication sociale. « …politique par FOURBE… »

Page 12, 4ème colonne, 2ème alinéa.  « En outre, … nombreux Professeurs souhaiteraient-ils que la composition du Comité Exécutif de l’APUKIN se fasse par représentation facultaire pour éviter la prépondérance des Membres d’une Faculté par rapport à d’autres comme c’est le cas avec le Comité Exécutif actuel. En effet ce dernier est composé de cinq membres dont TROIS sont de la seule Faculté des Sciences… » D’abord, voilà un procès d’intention qui dévoile les intentions de l’auteur. En effet, les candidatures aux différents postes du Comité Exécutif sont LIBRES, totalement LIBRES ! Qui a empêché le Pr. BANYAKU de poser sa candidature ? Qu’il le fasse, on verra sa performance personnelle par les résultats des votes.

En deuxième lieu, si la question d’éviter la prépondérance des TROIS Membres d’une même Faculté est soulevée, ce n’est pas parce qu’ils sont d’une même Faculté, non, c’est parce qu’ils sont d’une même expression linguistique !

Jadis, la question ne se posait pas. Cette façon de présenter les choses a un nom… ! Faites vous-mêmes le compte de la haute idée que le Pr. BANYAKU se fait de ses collègues : (l) Marmaille syndiquée, (2) Turpitude, (3) anarchique, (4) pègre, (5) amateurs, (6) ignorants, (7) sans aucune, performance, (8) envoûtés, (9) immatures, (10) fourbes…

Voilà un petit échantillon de 10 qualificatifs très élogieux à l’égard de notre corporation.

DONC, IL FAUT SUPPRIMER L’APUKIN, CAR C’EST UN SYNDICAT QUI DESHONORE LA CARRIERE DES PROFESSEURS

Ce q u’il fallait démontrer.

2. OBJECTIF : FAIRE DES CLINS-D’ŒIL AU POUVOIR EN PLACE

Page 6, 4ème colonne, 2ème  alinéa : « … Pourquoi a-t-il fallu I’intervention du Chef de l’Etat pour instruire le Premier Ministre de négocier I’issue de la grève… »

Page 12, 1ère colonne, 4ème alinéa : «  …l’intervention personnelle du Chef de I’Etat dans la recherche des solutions à la situation sociale des .Professeurs… »

Page 15, 3ème colonne, 1er alinéa :  « … C’est le sens de I’intervention personnelle du Chef de l’Etat et de son instruction donnée au Gouvernement pour trouver une solution aux revendications sociales … ».

En d’autres mots, le gouvernement a failli à sa mission, ce qui est vrai, au point que le Professeur BANYAKU, lui, doit se charger de magnifier l’intervention du Chef de l’Etat dans la crise. Explication : je suis là, pensez à moi…

Page 12, 5ème colonne, 3ème  alinéa « … aucun pouvoir politique et institutionnel issu des élections ne peut se suicider devant des grèves à répétition qu’il peut à juste titre considérer comme une déstabilisation politique par voie de revendication sociale FOURBE… »

Page 12, 5ème  colonne alinéa : « … aucun pouvoir responsable ne peut se permettre de se faire déborder ou tolérer la spéculation des grèves à souhait…»

Par trois fois, le Pr. BANYAKU cite le Chef de l’Etat en termes flatteurs, à peine voilés, en lui attribuant une intervention pleine de sens. Cela ne vise qu’un but : se faire remarquer pour être en bonne grâce et éventuellement revenir au gouvernement. Quant aux propos qui commencent avec « aucun pouvoir », ils sentent comme des menaces, tout simplement inacceptables, contre tous ceux qui ne se mettent pas au pas… L’analyse de ces propos, de ces menaces, montre que, pour le Pr. BANYAKU, quand les élections vous ont hissés au pouvoir, vous ne pouvez plus tolérer la moindre revendication des électeurs (envoûtés qu’ils sont tous). Cette façon de voir les choses ne vise qu’un but : montrer au pouvoir que le Pr. BANYAKU est du côté du pouvoir. Car il ne tolère pas le moindre débordement. Il ne tolère pas ces manifestations qu’il considère comme anarchiques. Il défend l’ORDRE contre le désordre susceptible d’être engendré par les Professeurs et leur Comité d’APUKIN. L’ordre pour l’ordre… !

Et pourtant, plus loin il reconnaît la légitimité de ces revendications sociales sans impact sur l’ordre constitutionnel suite à la dépréciation cruciale de la situation sociale des Professeurs…

Quelle autre preuve cherchez-vous pour les contradictions qui siègent dans l’esprit du Pr. BANYAKU…

LES PROFESSEURS ? UNE TURPITUDE…

L’auteur oppose deux hypothèses au sujet de la situation sociale du Professeur : (1) » … soit, le Professeur a troqué ses connaissances contre quelques pacotilles de paille (entendez par là : contre quelques milliers de dollars). Cela ressemble à un suicide incompréhensible, duquel la société entière ne peut tirer que moquerie pendant que le pouvoir se délectera ainsi de I’impuissance exprimée… « Dans ce cas, I’initiative revient au professeur et il en porte toute la responsabilité, toute la turpitude. Mais cela ne concerne que les Professeurs qui gravitent dans les sphères du pouvoir. Pourquoi cela ressemblerait-il à un suicide alors que ces Professeurs-là poursuivent un objectif : gagner beaucoup d’argent? Est-ce que c’est parmi cette catégorie des gens qu’on peut trouver des personnes prêtes à se suicider ? Non. Qu’on le veuille ou non, un suicide est un acte volontaire, lâche peut être, mais courageux, dans certain cas (les Samouraï). Ces Professeurs sont-ils des Samouraï ? Cette catégorie de Professeurs ne compte qu’un Petit nombre, infime, des Professeurs: 0,1 %o, 0,5 % sur les 1400 que compte la corporation.

D’ailleurs, ne sont actuellement recrutés par le pouvoir que ceux qui ont un certain profil professionnel adapté aux contorsions nécessaires à exécuter devant le pouvoir pour y accéder et s’y maintenir longtemps. . .

L’auteur privilégie la 1ère hypothèse et penche donc pour la responsabilité du Professeur dans son anéantissement. Il oublie seulement une chose : Ce sont les Professeurs Ministres, qui n’ont pas été délégués par les Professeurs, à qui il faut imputer cette mauvaise image projetée dans la société. Nous avons plusieurs exemples. Lors de la Conférence Nationale Souveraine, l’un de ceux-là n’a-t-il pas affirmé que le peuple belge n’était pas souverain, seul le roi était souverain ? D’autres n’ont-ils pas accompagné la dépouille du feu Président KABILA Laurent à peine chaussés de « babouches ».’. Et les chantres de la mobutuité !

(2) Soit le Professeur… Son analyse de la 2ème hypothèse s’arrête au seuil des incantation s ‘. « … développer des stratégies appropriées pour défendre sa reproduction intellectuelle… grâce au rétablissement du statut particulier du Professeur dans la société… » C’est vraisemblable. La vraisemblance étant la caractéristique majeure de toute hypothèse de recherche scientifique. Elle postule l’application des conséquences qu’en tire son auteur, à savoir : la prise en compte du risque encouru par la société congolaise dans son entièreté… grâce au rétablissement du statut particulier du Professeur dans la société.

N’est-il pas alors contradictoire d’incriminer le Professeur, en disant qu’il a troqué ceci ou cela contre quelques camelotes et d’expliquer sa  situation par le comportement des tenants du pouvoir pendant et après la colonisation et l’indifférence de la société à son égard ?

Comme élite intellectuelle, les Professeurs ont aussi bien la responsabilité d’inviter les tenants du pouvoir à passer du camp de la déraison à celui de la raison que l’obligation de s’entremettre entre ces tenants du pouvoir et la population, en assumant le rôle de lanterne. Ils sont censés connaître en eux et en dehors d’eux. Autant ils doivent exprimer et manifester les connaissances et les idées justes pour éclairer les gouvernants et la population pour le plus grand bonheur de la collectivité. Autant ils doivent allier le courage et la droiture à leurs nobles sentiments ainsi qu’à leurs technologies et leurs sciences.

Ce qui ne les empêche pas d’entrer en grève quand leurs revendications ne sont pas satisfaites par leur employeur et, ainsi, s’assumer.

EST-CE LA DERNIERE GREVE ?

Oui, c’est la dernière grève, Pour le pourfendeur de I’APUKIN. Une grève, que nous sachions, est une revendication sociale, démocratique, pacifique, pour réclamer son droit bafoué par I’employeur.

Ce droit peut être, aujourd’hui, le salaire, demain, les meilleures conditions de travail. S’en prendre systématiquement à la grève relève d’un esprit d’intolérance qui ne dit pas son nom, dénote les intentions inavouées de plaire à tous ceux-là qui ne veulent jamais entendre parler de grèves alors qu’ils font tout pour les susciter ou être à leur base.

Page 12, 1ère colonne, 2ème  alinéa : « Les Professeurs, malgré leur élan de suivi, ne voulaient plus vraiment de ces grèves à répétition qui les discréditent vis-à-vis des Etudiants et vis-à-vis de la société ». En d’autres termes, le Comité de I’APUKIN, pourfendu avec acharnement par le Pr. BANYAKU, a mené une action dictatoriale, « syndicratique ».

C’est faire semblant d’ignorer que la grève a été votée à plus de 90 % par tous les Professeurs présents ce jour-là. C’est-à-dire, à I’unanimité presque. C’est être soi-même antidémocratique, dictatorial, que de vouloir ramener cette volonté de la majorité à celle d’une minorité de Professeurs, occulte, incapable de défendre, devant tous leurs collègues, leur anti-grévisme ! D’ailleurs, cela étonne un peu de la part de celui qui, le 6 mars 2010, lors d’une réunion d’évaluation de la grève par I’APUKIN, déclarait : «  Il faut continuer la grève ! »

Page 12, 4ème colonne, 4ème alinéa : «…Aussi peut-on estimer qu’avec la  haute stature, la grande référence académique et la notoriété scientifique, il est interdit aux Professeurs tout recours à une manifestation qui permet de douter de leur rang élevé …» Peut-on demander : le «ON» en question qui ne peut plus tolérer la grève, c’est qui ? Il (Pr. BANYAKU) nous interdit de recourir à un droit reconnu par la constitution. De quel droit ? Dictature, dictature, quand tu nous tiens…

Page 12, 4ème colonne, 4ème alinéa « Jadis, personne ne pouvait s’imaginer des Professeurs en grève pour une revendication sociale. S’il en est le cas aujourd’hui, c’est parce que la médiocrité sociale a supplanté l’intelligence sociale…» Si, aujourd’hui, les Professeurs vont en grève, c’est parce qu’ils sont devenus médiocres socialement. C’est de leur faute, car le pouvoir n’y est pour rien ! Les Professeurs doivent tous aller au gouvernement pour s’élever socialement !

Page 12, 4ème colonne, 5ème alinéa  « … Personne ne croirait encore que les Professeurs… relanceraient la grève déclarée aujourd’hui en suspension »

Page 12,5ème colonne, 1er alinéa’. « … Pour de nombreux Professeurs de I’UNIKIN responsables et conséquents… c’est peut être la dernière grève insolite…Car ils refusent de se retrouver comme des simples et pauvres syndiqués à la merci et au seul profit des syndicalistes manifestement IMMATURES… »

Nous voudrions voir tous les Professeurs anti-grève céder l’augmentation de leur salaire (si on l’obtient) et leurs pick-up uniformes (s’ils arrivent pour infester le campus) aux syndicalistes de I’APUKIN au motif que ces Professeurs anti-grève refusent d’être à la merci des syndicalistes qui sont les SEULS à profiter des retombées de la grève.

On peut toujours rêver, formuler des souhaits. Ce n’est interdit à personne, même pas à celui qui interdit… Mais le souhait de ne plus voir de grèves n’est qu’un souhait, une incantation, que la réalité se chargera de démentir ou de confirmer.

Les Professeurs sont des simples (d’esprit) et pauvres syndiqués guidés par des immatures (aveugles).

Page 12, 5eme colonne, 4eme alinéa : « …aucun pouvoir élu ne peut se permettre de se .faire déborder ou tolérer la spéculation des grèves à souhait pour cause d’issues ratées par la faute de mauvaises négociations. »

Traduction : Aucun pouvoir élu ne doit prendre en compte les revendications de ses électeurs. A moins que cette qualité d’électeur nous soit déniée maintenant, lors des revendications, et allègrement octroyée le moment des élections venu… Un pouvoir élu doit être sourd aux revendications, insensible aux cris de détresses de ses électeurs.

Page 12, 5ème colonne, 3ème alinéa: « ... aucun pouvoir politique et institutionnel issu des élections ne peut se suicider devant des grèves à répétition qu’il peut à juste titre considérer comme une déstabilisation politique par voie de revendication sociale FOURBE… »

Les Professeurs sont traités de fourbes, de malhonnêtes, qui, sous le couvert de revendications sociales, veulent prendre le pouvoir, que le Pr. BANYAKU défend, contre les fourbes que nous sommes Voyez la contradiction avec la légitimité des revendications sociales … Finalement, on veut démontrer quoi en s’empêtrant dans de telles contradictions ?

Ce qui se conçoit bien…. Pourquoi nous accabler de tant de mauvaises intentions et vous donner, à vous, le beau rôle de défenseur du…fascisme déguisé en défenseur du pouvoir institutionnel issu des urnes ?

Avec 2 grèves, on est vite qualifié de « spécialisés dans les surenchères de grèves ». A cette allure, à la 3ème grève, on est surspécialisé dans les surenchères…

Pourquoi s’étonner dès lors que nous savons que le fil conducteur de son argumentation c’est monsieur François de Closel, un fasciste ! Monsieur François de Closel est parvenu, aujourd’hui, à supprimer les syndicats en France, car anarchiques et intégristes !

Page 12, 5ème  colonne, 1er  alinéa xx « … et préféreraient que les problèmes relatifs aux revendications sociales fassent l’objet d’études et propositions de Commissions ad hoc mieux préparées à cet effet… « Malgré l’existence de ces Commissions, leurs conclusions doivent faire l’objet des débats au cours de l’Assemblée générale, qui reste quand même l’organe de décision. Question : quand l’interlocuteur ne veut pas accorder la moindre attention aux propositions de la Commission, on fait quoi ? On donne un préavis de grève. Après dépassement de ce délai, on entre en grève ou non ? Ce n’est pas cette démarche que I’APUKIN a suivie ? Pourquoi alors s’acharner à vilipender I’APUKIN comme un syndicat d’amateurs, d’immatures, de fourbes, d’autoritaires et d’être une pègre ?

Le questionnement fait Par le Pr. BANYAKU à la suite de la dernière grève peut avoir ses motivations. Mais il suscite de notre part quelques questions.

Pourquoi I’intervention du Chef de l’Etat? La réponse à cette question ne peut venir que du Chef de l’Etat et du Premier Ministre eux-mêmes alors que I’auteur veut l’expliquer par le déficit observé dans la conduite des négociations, du déclenchement de la grève à son enlisement.

Il en est de même des méthodes ou des stratégies d’intimidation déployées par le Ministre de tutelle et I’autorité académique de I’UNIKIN pour amener les Professeurs à arrêter la grève. L’auteur attribue cette intimidation au zèle et à la démesure. Mais il ne faut pas oublier que certains congolais portent encore  enfouies en leur for intérieur, les tares de 32 ans de la dictature de Mobutu.

Pourquoi le Pr. BANYAKU n’avait-il pas exposé ses griefs dans les réunions de L’APUKIN auxquelles il a participé ?

Pourquoi ce questionnement est fait dans un journal alors que ce Professeur, Membre de L’APUKIN, faisait partie de l’équipe (commission) ou du comité des sages où il donnait les stratégies pour le dénouement de notre grève ?

Pourquoi opter de réagir à la signature du protocole d’accord entre le gouvernement et l’APUKIN dans un journal ?

N’est-ce pas que le linge sale se lave en famille !

Que dire de ce questionnement et des réponses qu’en donne l’auteur ?

Comme le Comité Exécutif de L’APUKIN agit conformément aux décisions ou postions de cette dernière, il est indécent d’affirmer qu’il conduit un syndicalisme anarchique, qu’il a une faible capacité de négociations et qu’il est marqué par un amateurisme.

Sinon, c’est à toute I’APUKIN que le Pr BANYAKU attribue, à tort, ces défauts alors qu’elle a en son sein des Sociologues, Psychologues, Juristes, Politicologues et d’autres personnes qualifiées en matière de négociations syndicales et de résolution des conflits sociaux.

Il est notoirement faux d’affirmer que ce Comité donne des directives à I’APUKIN.

L’APUKIN n’est pas à confondre avec d’autres corporations du personnel académique et du personnel scientifique de l’Enseignement Supérieur et Universitaire de la RDC. Si les Etudiants de l’UNIKIN discréditaient leurs Professeurs à cause des grèves à répétition, ils ne les auraient pas soutenus en organisant des marches pacifiques. De même, la société congolaise ne discrédite pas les Professeurs de l’UNIKIN.

Les revendications de I’APUKIN ont un caractère purement social. Il faut éviter de les glisser astucieusement sur un terrain politique éventuellement avec des velléités personnelles

ROLE DE L’APUKIN

L’APUKIN est née d’un constat malheureux : à l’époque, Mobutu avait laissé de côté le problème de l’Enseignement en fermant les Universités. C’est nous, les Professeurs, qui avons créé I’APUKIN pour éviter le génocide intellectuel auquel le mobutisme voulait vouer notre jeunesse.

Au début, I’APUKIN devait disposer d’un syndicat distinct des préoccupations professionnelles, académiques, des Professeurs. Un Responsable avait même déjà été désigné pour faire les démarches d’agrément de ce Syndicat. Le machiavélisme du Gouvernement de l’époque fit que ce Responsable fut nommé Vice-Ministre dans le Gouvernement remanié après cette désignation. . .

Si, à sa création, I’APUKIN n’avait pas une vocation syndicale, personne ne peut I’empêcher de revendiquer les droits de ses membres  à I’instar de tout syndicat de travailleurs, n’en déplaise au Pr. BANYAKU et à son François de Closel avec son cri : « à mort le syndicalisme ! »

Elle n’a pas non plus renoncé à sa vocation de corporation s’occupant de mettre de l’ordre et de la discipline ainsi que d’instaurer et de maintenir la qualité et la rigueur dans la profession des Professeurs de l’UNIKIN afin d’asseoir leur respectabilité et consolider leur productivité scientifique et intellectuelle.

Seulement, aujourd’hui, la dégradation cruciale des conditions sociales des Professeurs ne leur permet pas d’accomplir cette vocation comme il se doit.

Aujourd’hui, vouloir cantonner I’APUKIN dans un rôle purement académique relève d’une vue courte des choses. Le Pr. BANYAKU lui-même reconnaît, à la page 12, 2ème colonne, 3ème alinéa, qu’il en fut ainsi jusqu’au dernier constat de la dégradation cruciale de la situation sociale des Professeurs… « Et, plus loin, à la page 15, 3ème colonne, 1er alinéa : …c’est le sens de I’intervention personnelle du Chef de I’Etat et de son instruction au Gouvernement pour trouver une solution aux revendications sociales et statutaires fort légitimes des Professeurs… d’autant plus que celles-ci ne portaient pas atteinte à l’ordre public et à la légitimité des institutions issues des élections… ».

A qui la faute ? Ni au Comité KABAMBA, ni au Comité KITOMBOLE.

Qui est responsable de la prééminence de la médiocrité sociale sur l’intelligence sociale ainsi que de la disparition de la société de qualité et de moralité exemplaire ?

De nouveau, il est indécent de traiter les membres du Comité Exécutif de I’APUKIN de syndicalistes manifestement immatures et les Professeurs de L’UNIKIN de simples et pauvres syndiqués à la merci de ces syndicalistes.

Comment faire un diagnostic si objectif (fracture ouverte) et vouloir appliquer des baumes comme traitement de cette fracture ouverte ?

En d’autres termes, cette grève était légitime… alors pourquoi la qualifier de revendication fourbe ? Dire une chose et son contraire… c’est de la désinformation à but…

A la page 6, 4ème colonne, 2ème  alinéa, le Pr. B veut faire le savant désincarné en se demandant pourquoi l’APUKIN a très peu argumenté sur les différentes questions qui se posent à I’Université, entre autres : la sclérose des enseignements par manque de documentation et de laboratoire, la carence de modules de recyclage …

Le manque de documentation et de laboratoire, la carence de module de recyclage relèvent-ils de la responsabilité des Professeurs ou des Gouvernants qui consacrent à l’enseignement un budget ridicule de 0,5 % ?

Avant d’affirmer la sclérose des enseignements, quelle enquête scientifique a été menée pour démontrer cette sclérose… à partir de quels critères ? Comment faire un recyclage avec une poche vide ? Aller en recyclage comme mendiant ?

Comment pouvez-vous exiger de quelqu’un un travail de qualité quand vous lui refusez les moyens de cette qualité ?

Quel est le pourcentage du budget national que le Gouvernement congolais consacre à l’enseignement: à peine 2 % ! Comment pouvez-vous, dans ces conditions, vous échiner à exiger un travail de qualité à un cerveau de mauvaise qualité ? Car, c’est un cerveau non convenablement irrigué par le sang, non suffisamment alimenté en glucose, à cause des conditions sociales dégradées, à cause des stress quotidiens pour se nourrir.

La condition sine qua non de tout travail, intellectuel ou non, c’est d’abord l’intégrité physique, entendue dans son sens le plus fondamental, dans son sens médical primaire : D’abord ETRE.

Ne dit-on pas : «  Primum ESSE, secundum PHILOSOPHARE ». « Ventre affamé n’a point d’oreilles. » « Kudia Wapita Kulaba ».

Le verbe latin ESSE a deux significations: l’une primaire : être, être en vie, vivre, et l’autre dérivée de cette première « manger ». En effet, pour être vivant, le premier besoin à satisfaire, c’est manger. La nourriture est une condition préalable au maintien de la vie’

Si le salaire du Professeur ne lui permet pas de vivre dignement, ce Professeur ne doit pas d’après BANYAKU, s’occuper de ce salaire, mais s’occuper de l’Académie des Sciences. En quoi nous disons qu’on veut nous faire faire une science désincarnée. Soyons alors tous des esprits.

L’APUKIN est une association autonome. Si les Assistants et Chefs de Travaux de l’UNIKIN n’ont pas suivi leurs maîtres, c’est peut-être parce que, comme le dit le Pr. BANYAKU, ces Maîtres sont en pleine turpitude ! Il en va de même des Professeurs des autres Etablissements d’ Enseignement supérieur de la capitale qui n’ont pas voulu se joindre au mouvement de grève. Ces Associations sont autonomes. Aurait-on aimé que L’APUKIN contraigne les Membres de ces Associations à la suivre quand bien même l’APUKIN le voudrait, elle n’en a pas les moyens.  A moins que nous soyons dans une dictature rampante où des avis différents ne sont pas tolérés. Comme aucun pouvoir issu des élections ne peut tolérer…

UN PROTOCOLE RATE

Page 12, 5ème colonne 3ème  alinéa : « Si le protocole a été mal négocié par le Comité exécutif actuel de I’APUKIN..

Page 15, 3ème colonne, 1er  alinéa : « … Même dans le cas où les termes du protocole signé entre l’APUKIN et le Gouvernement accusent de ratés comme par exemple le dossier véhicule.»

Le protocole est raté, mal négocié, affirme le  Contempteur. En quoi ? Bien sûr, nous restons toujours des SAINTS THOMAS, sceptiques, jusqu’au moment où nous aurons introduit nos doigts dans le salaire augmenté. Chat, échaudé, craint même l’eau froide. Nous apprécierons l’amateurisme de notre Comité le moment venu, à l’échéance des promesses faites par  le Gouvernement. En attendant, nous ne voyons pas en quoi le protocole est raté, parce que mal négocié.

Le problème véhicule était initié avec le Comté KABAMBA bien longtemps avant cette grève. Ce projet prévoyait différents modèles des véhicules parmi lesquels chacun pouvait faire son choix. Ce problème ne faisait pas partie de nos revendications fondamentales actuelles : augmentation des salaires et signature d’un statut spécifique- Car, avec un salaire suffisant, chacun peut se payer le véhicule de son choix.

Le dossier véhicule à été collé de force à nos revendications actuelles pour des motifs facilement imaginables : les commissions à se faire sur une commende aussi importante de plus ou moins un millier de véhicules !

Imaginez, une modique commission de 5% sur la commande de 100 véhicules au prix de 10.000 $ chacun. Cela fait une rondelette somme de 50.000 $. Les chiffres exacts (% nombre et prix des véhicules) sont certainement supérieurs à cet exemple fictif… !

Quant à vouloir tourner en dérision l’afflux de ces véhicules sur le site du Campus Universitaire comme le fait le Professeur BANYAKU, c’est tout simplement de la mauvaise foi, de l’égoïsme, et d’un manque d’humanisme criant.

Page 16, 3ème colonne, 1er paragraphe : « par exemple… des pick-up uniformes de double cabine qui préfigurent un encombrement malsain et un étouffement incommode du site universitaire par ces longs véhicules ». Remède à cet encombrement malsain et étouffement incommode ? Renoncer à ces véhicules. Comme cela, seuls quelques heureux propriétaires actuels des véhicules continueront de nous toiser du haut de leur 4 x 4 en affirmant que c’est à cause de notre turpitude que nous en sommes là, simples piétons, pauvres syndiqués,..

Soyons sérieux : quel encombrement malsain voit-il dans ces véhicules neufs par rapport à nos raffiots actuels ?

Comment le site sera-t-il étouffé de façon incommode par ces véhicules longs comme … les poids lourds de Transmac sans doute ! Effet de serre ! Cet effet ne se manifeste que pour ces pick-up, sans doute parce qu’ils sont uniformes…

A cette même page, le Professeur continue sa diatribe, ses imprécations, contre les véhicules  « …Imaginez un seul instant I’image d’un campus infesté de près de 500 pick-up uniformes… devant les allées centrales des Facultés, n’est-ce pas que cela ferait désordre à la vue de ce spectacle désolant et indécent pour l’Hygiène environnementale surtout s’il s’ajoute des bidons d’eau et d’enfants de papa en arrière cabine ».

Un campus infesté par 500 pick-up. Belle image. Sauf que, médicalement parlant, ne peuvent infester un site que des parasites, que nous serons, sans doute, à l’intérieur de ces véhicules. Quant au prétendu désordre à la vue de ce spectacle, il s’agit d’un cri de dépit lancé par Monsieur le Professeur pour marquer sa désapprobation et signifier qu’il n’aurait pas souhaité que tout le monde fût en véhicule, car c’est désolant et indécent de voir tous les Professeur dans leurs véhicule ! C’est triste.

De toute façon, le problème véhicule fait couler beaucoup d’encre comme si un Professeur d’Université ne méritait pas de rouler dans une voiture. Néanmoins, attirons l’attention des collègues sur les mensualités à payer pour ces véhicules. Si, aujourd’hui les salaires sont augmentés de façon à toucher chacun par exemple 200 $ par mois au taux actuel : soit 180.000 FC par mois et que chaque mois on doit retrancher 50 $ : 45.000 FC ; on touche réellement 180.000 FC – 45.000 FC : 135.000 FC. Qui vous dit que le taux de dollar ne va pas changer alors que le salaire nominal, lui, ne suivra pas ce taux du dollar ? Ainsi, si après 3 ans, le taux réel est de 1 $ pour 1800 FC, on devra retrancher 90.000 FC pour 50 $.  Il reste alors à chacun 180.000 FC – 90.000 FC : 90.000 FC. On voit bien qu’on ne sera pas sorti de l’auberge : on passe de 135.000 à 90.000 FC comme différence après payement des mensualités. Est-ce cette probabilité que le Pr BANYAKU qualifie de protocole raté, mal négocié ? Pourquoi alors ne pas le dire aussi simplement ?

S’agit-il d’autres clauses du protocole dont, seul, le Pr. BANYAKU aurait connaissance ? Vive la mort des anti-syndicalistes et de leurs adeptes, d’ici ou d’ailleurs, qui ne nous veulent que du bien ! 

Professeur  DT KALALA LUGANZA DIMBADIMBA 

Professeur DUNUNUN Mombi

 

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