Une pétition contre Ngoy Mulunda

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Après le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa, qui avait dénoncé, en décembre 2011,  les fraudes électorales et demandé au bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de respecter la vérité des urnes ou de rendre le tablier, c’était au tour de  la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) de formuler pratiquement la même exigence en janvier 2012. Aujourd’hui, c’est à la Société Civile d’exhumer le dossier des contentieux électoraux et du travail d’amateur abattu par l’équipe du pasteur Daniel Ngoy Mulunda.

On apprend que les membres de cette plate-forme, qui s’est réuni dimanche 19 mars 2012 au Centre catholique Libala Mwinda,  dans la commune de Kasa-Vubu, ont lancé une pétition contre le bureau de la  Ceni. A la même occasion, ils ont démarré l’opération de collecte des signatures en vue de faire tomber les animateurs de l’exécutif de cette institution d’appui à la démocratie. L’objectif est de réunir rapidement les 500 signatures qui leur permettraient d’articuler formellement la requête visant la démission en bloc du bureau actuel de la CENI.
Dans une déclaration lue par  Jean Bosco Puna, les activistes de la Société Civile reprochent  d’avoir failli à leur mission qui consistait à organiser des élections libres, démocratiques, indépendantes, transparentes et apaisées. En lieu et place de cela, les Congolais ont eu droit à des résultats ayant   dénaturé la fidélité, la transparence  et la réalité des suffrages qu’ils avaient exprimés dans les urnes à l’occasion des élections présidentielle et législatives nationales, 28 novembre 2911.

Ils accusent le pasteur Ngoyi Mulunda et ses collaborateurs d’avoir mis en œuvre un  plan de tripatouillages des listes électorales,  notamment à travers le refus de l’audit du fichier électoral, le non respect du calendrier électoral, l’absence des procès-verbaux contradictoires des résultats, la délocalisation intentionnelle de certains bureaux de vote dans le but de  désorienter les électeurs, la perte volontaire de plusieurs millions de bulletins de vote et PV authentiques. Tirant les conséquences  de la légèreté affichée par la Ceni dans l’organisation des élections de novembre 2011, les forces vives de la Société Civile ont estimé que  les résultats des élections tels que publiés par cette institution d’appui à la démocratie ont gravement entamé la moralité publique.

Tout en disqualifiant la CENI et le processus électoral, les leaders de la Société Civile ont déploré le fait que  Ngoy Mulunda et ses pairs  n’ont pas su, par mauvaise foi systématique, surmonter les faiblesses pourtant identifiées de la CEI de triste mémoire.
Se référant à la Constitution de la République Démocratique du Congo en ses articles 27 et 38, et considérant la pertinence des rapports des missions d’observation   nationale et internationale, la Société Civile exige, sans autre forme de procès, le départ de Daniel Ngoy Mulunda  et de son équipe de  la direction de la Ceni.
Afin  que la recomposition du bureau intègre impérativement la Société Civile, ces acteurs ont également revendiqué la  révision de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la CENI. Ils ont, dans leur pétition, pris la communauté  internationale à témoin pour constater l’absence d’ institutions démocratiques crédibles en République Démocratique du Congo  et la sérieuse menace qu’une telle situation fait peser sur la paix encore précaire aux quatre coins du pays.

ERIC WEMBA

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