Une fourgonnette d’Access Bank attaquée sur Wangata : fonds intacts

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Décidément, la pègre kinoise est déterminée à poursuivre les attaques des convois de fonds. Et ce sont les fourgonnettes des banques commerciales qui sont ciblées en priorité, grâce à la complicité de certains agents et cadres de ces établissements. Ces derniers fournissent aux bandes de malfaiteurs, non seulement des informations sur les montants des fonds embarqués, l’heure de la sortie des véhicules de la banque, leur itinéraire, mais aussi le nombre des membres d’escorte et toutes les escales avant de rentrer au siège.

            Le mardi 23 juin 2015, il est 16 H 50’. Une fourgonnette de convoyage des fonds d’Access Bank quitte la banque pour sillonner les agences prévues à son programme de livraison de l’après-midi.

 

Sur la rue Wangata, entre la société Pain d’Or et l’avenue Mont des Arts, une jeep Toyota Runner Surf de couleur grise, immatriculée 8455 AN 01, prend en chasse la fourgonnette d’Access Bank. Fusillade en l’air. Le chauffeur réalise que c’est son véhicule qui est visé. A bord, les policiers qui assurent l’escorte de convoyage des fonds comprennent qu’il faut réagir aussitôt.  Des tirs crépitent et les balles sifflent dans tous les sens.

Le bilan de cette attaque  tombe avec des victimes collatérales. Deux personnes tuées non identifiées et deux jeunes dames sont blessées par balles. Mlle Nadine Eyale, âgée de plus ou moins 30 ans, résidant sur rue Luvua n°150, quartier Ngbaka, commune de Kinshasa, est atteinte au bras droit. Mme Sarah Kama, domiciliée sur la rue Kabalo n°6, quartier Tshimanga, commune de Barumbu, est atteinte au bassin du côté gauche. Son cas estimé critique, cette maman a été conduite à l’Hôpital militaire de référence du camp Kokolo.

Les bandits qui craignaient d’être appréhendés sont sortis de leur engin, pour disparaître dans le quartier des environs. Ils sont sur le champ pris en chasse. Les motocyclistes, appuyés par les piétons, ont fini par appréhender deux gaillards.

 

Les complicités internes dans les banques doivent être démasquées

 

Jusque vendredi 27 juin 2015, les limiers du Groupement de recherche et intervention aiguillonnés par les révélations de deux prévenus appréhendés le mardi des faits, ont arrêté l’un après l’autre, trois suspects.

Il s’agit de Dédé Mbongo Iyona, habitant sur Mont des Arts n° A 18, quartier Golf, commune de la Gombe, Mbongo Jeannot, son frère domicilié à la même adresse, et enfin, David Mampuya, demeurant sur avenue Kongo n° 157, commune de Makala.

Cette bande des malfaiteurs alignerait dans ses rangs, plus de six bandits dont Loboyi Achille, chauffeur de Cogetraf, habitant sur avenue Kunzulu n°102, quartier Mombele, commune de Limete, et Lokongo Pahati Colvek, résidant sur rue Lualaba n°156, commune de Kinshasa.

La police qui cherche à comprendre pourquoi il y a recrudescence des attaques des succursales de banques commerciales, des agences de transfert de fonds, ainsi que des véhicules de convoyage des fonds, a du pain sur la planche. Les suspects sous les verrous aideront peut-être  les enquêteurs du GRI à enrichir leur banque des données sur les bandits, leur organisation, leurs forfaits antérieurs et le casier judiciaire de chacun de ses membres. Les limiers ont tout intérêt à savoir également l’identité des complices des malfaiteurs travaillant au sein des banques, les fournisseurs d’armes, mais aussi leurs  parrains.

Entre les mains de ces malfaiteurs, les enquêteurs ont récupéré une arme Fa en bon état de fonctionnement avec un chargeur garni de 18 munitions. Et sur le « champ de bataille », les traces étaient visibles : huit douilles, un jouet en plastique à la forme d’un pistolet

C’est en localisant chaque groupe de bandits dans son secteur de prédilection que les limiers découvriront les secteurs les plus fréquentés, les repaires les plus prisés, ainsi que les caches d’armes utilisées pour les braquages. En poussant plus loin, la police pourrait parvenir à reconstituer le palmarès de chaque bandit et à récupérer certains butins ou le fruit acquis grâce aux fonds volés des banques. Pour les banquiers, cette arrestation doit aider les responsables des établissements de crédit à se débarrasser de leurs agents ou leurs cadres indélicats.

Car, aujourd’hui, une chose est certaine. Ces agents et cadres informateurs de différents réseaux de braquage des banques commerciales sont pour beaucoup dans les dernières attaques perpétrées par des bandits.

Les banques et les agences de transfert des fonds cherchent la formule magique d’une parade à ce fléau. Renforcement des mesures de sécurité, le dispositif dévoile ses faiblesses, chaque fois que des bandits optent pour travailler avec les complicités internes.

 

J.R.T. 

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