Une discographie riche et thématique

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Entré dans l’OK Jazz à l’âge de 23 ans, le guitariste Simaro Masiya  avait passé  28 ans aux côtés de Luambo Makiadi. Il est certainement le plus grand auteur compositeur que la  RDC ait connu. En raison de la profondeur des thèmes de ses chansons, le public l’a gratifié du surnom de poète. Obsédé souvent  par l’idée de trouver des animateurs de l’attaque chant  capables de mieux exprimer les subtilités de sa pensée, il avait recouru à tour de rôle à Kabasele Yampania, Lassa Carlito, Malage, Madilu, Mbilia Bel, Madilu, Djo Mpoy, Kiesse Diambu, Youlou, Sam…pour interpréter ses chansons. Avec son flair inné, il savait faire le tri pour confier sa nouveauté au chanteur du moment capable d’intérioriser sa pensée, ou encore d’exprimer ses émotions. C’est dans ce cadre qu’il avait confié « Vaccination» à Kiesse Diambu, «Pablo» à Djo Mpoy, «Faute ya commerçant» à Mangwana….

            Contrairement à la quasi-totalité d’artistes musiciens de renom (Tabu Ley,  Luambo, Jeef Kabasele, Madilu, Shungu Wembadio, Sangana, Emeneya, Nico Kassanda..) décédés au-delà de cinquante ou soixante ans, Masiya a vécu plus longtemps que ses collègues et nous laisse une discographie riche variée et thématique.

Dans le lot, on peut citer Na lifelo bisengo bizali te, Okokoma mokristo, Fifi nazali innocent…

Ma Hele, Mabele, Cedou,  écrites  dans les années ‘70.

            Et s’est signalé plus tard avec  Faute ya commerçant, Lezi, Masuwa,  Testament ya Bowule, Eau bénite, Maya, Affaire Kitikwala, On ne vit qu’une seule fois, Télégramme (interprété par Papa Wemba) Cœur artificiel, Vaccination, Pablo, Mandola, Kadima, Daty Pétrole,  Merci bapesa na mbwa, Trahison, Maya, Diarrhée verbale, Verre cassé, Mama Kulutu,  Ofela, Radio trottoir, Mbawu, Dibatay, Mbanzi ya kamundele,  Cabinet molili,  Adieu Luambo…

«Mobali ya bébé», interprété par Mbilia Bel est l’une de ses dernières chansons.

            Observateur perspicace de la société et féru du style imagé,  Lutumba  décrivait des scènes de la vie courante dans ses oeuvres. Ses textes poétiques, sa rumba mélancolique et endiablée faisaient le bonheur des discophiles qui regrettent la disparition d’un des meilleurs représentants de la rumba Odemba. Karmapa et d’autres artistes qui se targuent  de s’en inspirer ont cette opportunité de prouver de quoi ils sont capables.

Jean-Pierre Nkutu

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