Une annonce forte de Sandrine Mubenga: coronavirus, le prototype du «Respirateur» made in RD Congo est enfin là !

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La nouvelle est énorme. Par un tweet de quelques lignes, Sandrine Mubenga qu’on ne présente plus annonce : « Le prototype du Respirateur made in RDC est déjà fonctionnel. Bravo à nos ingénieurs qui ont beaucoup travaillé ces trois dernières semaines. Ce website respirateur-rdc.org vous donne tous les détails (photos, vidéo, nos partenaires…). Croyez aux talents #rdccongolais. KISALU ME BANDA ».

Dans un pays considéré comme un désert technologique, la nouvelle annoncée a valeur de manne. Mais à la différence de celle de la bible, lâchée du ciel par le Tout-Puissant pour secourir les Israéliens en proie au doute sur le chemin de l’exode, la manne congolaise est le fruit d’un travail acharné, effectué sur un rythme intense par une équipe d’ingénieurs congolais déterminés à résoudre la dramatique équation qui se posait à leur pays : l’absence ou presque des respirateurs au moment où la terrible pandémie de coronavirus-19 amorçait l’invasion du territoire national.

            Rappelez-vous. Au moment où les premières victimes du coronavirus étaient annoncées à Kinshasa, considérée jusqu’ici comme l’épicentre de la pandémie, le ministre de la Santé Publique a éprouvé beaucoup de peine pour révéler le chiffre des respirateurs disponibles dans le pays. Il avait en réalité honte de ce qu’il venait de découvrir. Rendez-vous compte ! Dans ce pays de quatre-vingts millions d’habitants, tous nos hôpitaux réunis rassemblaient en tout et pour tout une soixantaine de respirateurs. Vous avez bien lu : une soixantaine. Juste ça !

Avec un tel chiffre, on saisit mieux les projections macabres dont nous gavaient les médias occidentaux concernant notre pays sous coronavirus. Ces mêmes médias continuent d’attendre sinon espérer le dépeuplement de notre pays à la faveur de la pandémie. Rien de surprenant à cela quand on sait qu’en occident, la nouvelle qui symbolise le mieux l’Afrique est celle qui évoque la faim, la maladie, les massacres, la corruption, la mégalomanie,  l’incompétence bref, tout ce qui est négatif.

Patriotes et réalistes. Prenant la pleine mesure de l’épreuve à eux imposée, les Congolais ont décidé de faire mentir les clichés. Ils ont ainsi réagi dans deux directions. La première a consisté à faire face à la pandémie sur le terrain, avec les moyens dont la République dispose. Et la seconde est celle de compter sur l’expertise de ses fils et filles pour trouver une réponse appropriée à notre immense déficit technologique.

Le travail sur le terrain a ainsi démarré et il a rapidement pris le contrepied de ce qui est entrepris en Occident. Pratiquant la médecine des pauvres, ils ont refusé de soumettre les patients au supplice de l’attente mortelle du déclenchement de la maladie (problèmes respiratoires etc…). « Notre système sanitaire n’étant pas au point et compte tenu du déficit en lits, respirateurs etc, nous avons décidé de traiter les malades dès la parution des premiers symptômes. Mieux vaut débuter les soins assez tôt plutôt que tard et être débordés ». La stratégie est révélée par le Dr Kamba, membre de la Task Force mise sur pied par le Président de la République. Elle paraît payante.

            La seconde direction du plan de bataille congolais est celle de nos experts. Interpellés par le dénuement dans lequel le pays se trouvait concernant les respirateurs, cinq ingénieurs congolais ont mis leur expertise ensemble sous la direction de Sandrine Mubenga à qui revient l’idée de concevoir un respirateur d’urgence médicale. Objectif : produire un prototype de «Respirateur» pouvant, après homologation par les autorités compétentes, être fabriqué en masse et mis à la disposition du personnel soignant de la République Démocratique du Congo.

L’équipe d’ingénieurs est composée de :

1) Sandrine Mubenga, Professeur Ingénieur à l’Université de Toledo (USA), Fondatrice de STM RDC Initiative, membre du Conseil d’Administration de l’ULC-Icam et CEO de Smin Power Group.

2) Romain Kazadi, Ingénieur Généraliste ICAM, Directeur/Doyen de la Faculté d’ingénierie ULC-Icam

3) Nandegeza Jacques Musafiri, Ingénieur Esigelec, diplômé de Télécom Paris (Institut Polytechnique de Paris) et de l’ESSEC Business School, Président de E-Com SAS basée à Kinshasa et MTSI international consulting basée à Paris la Défense.

4) Anderson Sunda Meya, Docteur Professeur au Département de Physique et Ingénierie à l’Université Xavier de Louisiana, USA.

5) Jonathan Ntiaka, Responsable formation ingénieur généraliste parcours international et innovation à l’ULC-Icam

Dans sa démarche, l’équipe bénéficie de l’appui de quelques partenaires techniques et scientifiques. Il s’agit de : STEM Initiative DRC, e-COM SAS, INPP, Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi, Xavier University of Louisiana, ULC Icam et Hôpital Bianda Marie Mutombo.

            Sauver des vies. Le patriotisme a parlé. Le travail des ingénieurs a pour objectif de sauver des vies, en produisant des respirateurs pour soulager les patients en détresse respiratoire pendant la pandémie de covid-19 et d’autres pathologies le cas échéant. L’initiative, de l’avis même de ses initiateurs, est une double contribution au développement de la République Démocratique du Congo : d’une part, en répondant à l’urgence du covid-19, et, d’autre part, en démontrant la possibilité de créer des unités locales de respirateurs pour répondre aux besoins des populations. C’est donc une réponse congolaise à la crise, une réponse moins coûteuse, le respirateur pouvant être fabriqué rapidement en RDC, en grande quantité.

            Signalons que le prototype congolais de «Respirateur» d’urgence médicale en RDC s’est inspiré du modèle de projet MIT E-vent, développé sous une Licence libre (Open source) et utilisé par beaucoup d’universités, laboratoires et entreprises dans le monde.

            En attendant les essais cliniques et l’homologation du prototype par les autorités compétentes, nous pouvons déjà dire bravo Sandrine, Romain, Jacques, Anderson et Jonathan. Vous avez choisi le chemin du patriotisme et de l’action. C’est de cela que la République a besoin.

L.P.

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