UNC : pourquoi pas le Parlement et la CENI ?

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La décision d’autorité de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) de se retirer du gouvernement et par ricocher d’obliger son délégués, Pierre Kangudia de démissionner du ministre du Budget, et le refus de ce dernier de s’incliner, pour des raisons pertinentes, font grand débat au sein de la classe politique congolaise. La question de fond gravite autour de ce que beaucoup considèrent comme une demi-mesure de la part de la direction politique de ce parti. Car si l’objectif poursuivi par l’UNC est de protester énergiquement contre le non respect de l’Accord du 31 décembre 2017 et le second « glissement » du
calendrier électoral, ce parti aurait dû lancer le mot d’ordre de
retrait à tous ses délégués présents dans toutes les institutions
nationales et provinciales de la République, à savoir le Sénat,
l’Assemblée Nationale et les Assemblées provinciales, la CENI
(Commission Electorale Nationale Indépendante), le Gouvernement
national et les gouvernements provinciaux…
On aurait pu assister, à cette occasion, à un petit séisme national,
même s’il n’allait pas emporter les institutions délestées des membres
de l’UNC.
Le fait d’avoir ciblé uniquement le gouvernement sonne faux et semble
donner raison à Kangudia, qui soupçonne un coup fourré contre sa
personne, orchestré dans le but de créer un vide artificiel et le
mettre au garage, sans cause plausible. On dira sans doute qu’il aura
trahi son parti, jeté le discrédit sur son leader, Vital Kamerhe, qui
parait désormais comme un maître ayant perdu le contrôle de ses
troupes, et fait le jeu de la Majorité Présidentielle, mais le
maintien des délégués de l’UNC dans d’autres institutions de la
République exige des réponses claires et convaincantes.
On pense qu’il est du devoir de ce parti de justifier clairement le
résultat qu’il escomptait récolter de son retrait du gouvernement
central, tout en accompagnant les architectes du « glissement » au
sein d’autres institutions de la République, à commencer par la CENI
(Commission Electorale Nationale Indépendante). A propos de cette
institution d’appui à la démocratie, l’opinion nationale aurait aimé
voir le délégué de l’UNC en son sein donner suffisamment de la voix
pour dénoncer les prises de position que prend son président,
Corneille Nangaa sans avoir, très souvent, consulté ses pairs du
bureau.
Or, jusqu’à preuve du contraire, le représentant de Vital Kamerhe
observe un silence de cathédrale. S’il y a une institution d’où l’UNC
devait se retirer en priorité, c’est bel et bien la CENI, épicentre de
toutes les manœuvres de blocage du processus électoral, avec des
contraintes politiques, sécuritaires, financières et techniques qui
sèment le doute dans les esprits.
Le parti de Vital Kamerhe n’est d’ailleurs pas l’unique de
l’opposition à user du double langage. D’une part, on dénonce en
public le plan de « glissement » du calendrier électoral en chantier
dans les laboratoires de la CENI et de la Majorité Présidentielle, et,
d’autre part, on s’accroche aux dividendes financiers que rapporte
l’accompagnement des « Kabilistes » au sein des institutions de la
République. Cette politique de la double carapace devrait être
clarifiée, afin d’éviter, à l’avenir, des précédents fâcheux du genre
de celui de Pierre Kangudia. Une option claire doit être levée : soit
rompre totalement avec les architectes de la prolongation à l’infini
du second et dernier mandat de l’actuel Chef de l’Etat et quitter
toutes les institutions, soit se déclarer publiquement complices de
leur refus des élections et y rester.
Kimp

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