Un Parlement pour ou contre le peuple ?

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Actuellement, nombre des personnes sont contraintes de revoir leurs notions sur l’utilité ou plutôt l’efficacité en démocratie d’une institution qu’on nomme ‘Parlement’. Comme on le sait, notre Constitution a doté cette institution de deux chambres : l’Assemblée nationale qui regorge 500 députés et le Senat qui a 109 sénateurs. Censés être des élus, donc des représentants du Peuple souverain, les députés et sénateurs sont tous supportés par le Trésor public, partant par les impôts du Peuple congolais dont ils doivent défendre les intérêts à tout prix.

                  Les premières personnes qui doivent sauvegarder en toutes circonstances cette mission de défense de la cause commune de tous les Congolais sont les présidents de ces deux chambres ; à savoir Jeanine Mabunda pour l’Assemblée nationale et Alexis Thambwe Mwamba pour le Senat. Malheureusement, l’actualité politique de ces derniers mois prouve le contraire.

                  En effet, ce dernier temps, plusieurs dossiers ont été traités successivement par les deux chambres ; mais l’impression dominante dégagée lors du traitement de ces différentes affaires est que la majorité de députés et sénateurs, à la suite de leurs présidents – qui semblent avoir une mission obscure à accomplir – travaillent contre les aspirations de la population et au profit des intérêts de leur famille politique qu’est le Front Commun pour le Congo (FCC). Quelques exemples illustrent éloquemment cette assertion. En premier lieu, prenons le cas de l’ordonnance de la proclamation de « l’état d’urgence sanitaire » par le Chef de l’Etat, le 24 mars 2020, pour combattre, autant que faire se peut, la pandémie de la Covid-19 qu’on venait de détecter à Kinshasa. Cette initiative présidentielle a énervé Alexis Thambwe Mwamba, président du Senat.

                  Contrairement à ce qui était demandé par la Présidence de la République, il a fait une sortie médiatique remarquée pour annoncer que le Chef de l’Etat avait violé la Constitution et qu’il allait le corriger en tenant un congrès, non avec un seul point inscrit concernant l’état d’urgence, mais aussi avec l’inscription d’autres points allant dans le sens de malmener le Président de la République qui, selon lui, aurait agi sans consulter le Parlement. Etonnée de ces déclarations sans une base juridique solide, la Cour constitutionnelle l’a remis à sa place et l’a obligé à faire ce que l’intérêt du Peuple exigeait.

Le FCC cherche à tout prix à imposer sa volonté…

Deuxième exemple est celui de trois propositions de lois des députés Minaku et Sakata pour réformer la justice. Contrairement à leurs affirmations, les auteurs de ces propositions des lois – examinées à une vitesse jamais constatée dans l’hémicycle, preuve qu’il y avait une crainte cachée, surtout après la condamnation de Vital Kamerhe – ont cherché à bâillonner la justice. Jeanine Mabunda, elle-même, s’était interrogée pour savoir si la RDC n’avait pas désormais un régime des juges ? Une réaction qui a trahi son état d’esprit et a montré que le FCC n’est pas sûr de bien vivre avec une justice vraiment indépendante.

                  Prenons aussi le troisième cas, celui de la désignation précipitée de Ronsard Malonda à la présidence de la CENI, suivie de son entérinement par l’Assemblée nationale. Malgré un tollé général soulevé par cet entérinement dans tous les milieux, Jeanine Mabunda et le FCC sont restés ferme et soutiennent cet acte. Les cris des protestations ne leur disent rien ; même s’ils proviennent des églises les plus représentatives du pays.

                  Le quatrième et cinquième cas, notamment celui de la déchéance cavalière de J. M. Kabund du Bureau de l’Assemblée nationale en tant que 1er Vice-président et de la réclamation d’un supplément de 2.000 USD pour chaque député – alors que le pays vit en pleine crise économique et sanitaire de Covid-19 – sont éloquents sur l’attitude du PPRD et Alliés face au respect des règles de procédures parlementaires et témoignent du manque de souci pour la communauté paupérisée à l’extrême. 

                  En tout cela, on constate que ces députés n’ont rien à avoir avec le Peuple parce qu’ils avaient acheté, leurs voix pour siéger à la chambre basse du Parlement et d’autres. D’autres  étaient fabriqués par la machine à voter de Nangaa. Que les auteurs des fraudes électorales de 2006, 2011 et 2018 retiennent que l’Etat de droit est en train d’effectuer son grand retour en RDC et qu’avec une justice qui tient à recouvrir son indépendance, les élections transparentes et crédibles de 2023 arrivent à grands pas.SAKAZ

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