Un monde sans les U.S.A. est-il imaginable ?

0
190

L’United States of America est une république formée initialement par 13 anciennes colonies britanniques mais qui à force de volonté, d’intelligence, de savoir-faire d’une gouvernance ambitieuse mais humble est parvenue à la gloire et à la superpuissance mondiale par son génie propre.

            La nation des immigrés d’Europe est devenue avec le temps un pays mythique qui si elle avait été situé en Extrême Orient aurait reconstitué le paradis terrestre devenu invisible, pays mythique des rêves de l’humanité où se côtoyaient tous les esprits angéliques : celui de Dieu le créateur, celui de l’homme créé à l’image de Dieu, et celui du diable, le rebelle à Dieu et l’ennemi de l’homme. L’Amérique des Etats Unis n’est certes pas le paradis reconstitué. C’est pour cela peut-être que sa réussite et ses gloires hantent les esprits des humains, suscitant à la fois admiration, doute, haine, mépris et répulsion pour ceux qui ne comprennent pas grand-chose de l’âme américaine n’apprécient pas sa diplomatie et sa politique étrangère. 

Cette Amérique de l’image des autres nations et peuples du monde qui avait séduit l’Europe de l’après-guerre dont elle aura tiré l’inspiration de son modèle de reconstruction de sa puissance et de sa dignité, même imparfaitement, serait devenue depuis la fin de la guerre froide l’objet des fantasmes de ceux qui dénonçaient son arrogance et son impérialisme et de ceux qui annoncent à profusion son déclin imminent ou sa fin historique, sa chute économique et financière. Cette Amérique là de la diabolisation islamique radicale et intégriste est traitée présentement par certains spécialistes européens d’empire, d’hyperpuissance, du royaume du dollar en crise et en baisse de forme devant l’Euro, hyperpuissance finie dont l’aventure irakienne serait le dernier acte d’une agonie certaine.

            S’il ne s’était agi que de débats ou des interrogations autour des problèmes et des tendances inspirant craintes et inquiétudes, quoi de plus normal ; l’on rangerait tout cela dans le débat américain permanent sur le thème du déclin qui a rendu célèbre l’historien Paul Kennedy. Cet intérêt sur la fin de l’Amérique hyperpuissance avait pendant longtemps été porté sur l’âme économique de l’Amérique, le capitalisme et son système-monde dont   Karl-Marx et les marxistes prédisaient la chute, avant que l’impérialisme, degré suprême du capitalisme n’engendre la mondialisation – globalisation là où on attendait le grand soir rouge. La prophétie de la destruction de la   grande Babylone capitalisme même accomplie par les attentats terroristes             du 11 septembre 2001 des Tours Jumelles de World Trade Center ne se serait-elle pas autrement réalisée à travers la conversion de deux grandes mecques du stalinisme et du maoïsme que sont la Fédération de Russie et la Chine, en nouveaux capitalistes du monde ? Le Royaume du dollar en baisse devant l’Euro serait-il en crise de globalisation ou en crise d’identité nationale?

            Pour impériale qu’elle est devenue, l’Amérique des Etats-Unis est demeurée depuis les temps de guerres mondiales européennes et asiatiques, une nation responsable, un gouvernement leader préoccupé des conditions mondiales de paix et qui a finalement confondu le destin mondial avec son propre destin national. Quelle autre nation que les USA aurait ainsi renoncé de tirer gloire des malheurs de ses ennemis avérés de la guerre froide ou des autres guerres d’avant cette période, qui a conçu le Plan Marshall pour aussi l’ex-URSS socialiste idéologiquement rivale ? Quelle nation autre qu’elle n’aurait pas cherché à abuser de l’impuissance et du chaos général d’une Europe en ruine et vaincue ? La nation qui a apporté au monde le génie de son savoir-faire économique à travers ses grandes entreprises commerciales ; elle qui a inventé le management ou la science de l’organisation qui a revitalisé et redynamisé les sociétés européennes ; l’Amérique qui a donné au commerce et à l’économie mondiale sa monnaie nationale devenue la monnaie mondiale de stabilisation et de sécurisation des échanges internationaux jusqu’en 1971 ; elle a tout fait pour que l’implosion de l’ex-URSS n’engendre pas une faillite mondiale de la paix d’abord dans l’ancien empire russe, ensuite en Asie et en Europe. Aujourd’hui, encore, elle œuvre à assurer à la Chine une bonne percée dans l’économie mondiale en lui conseillant de réévaluer son Yuan et sans faire entrave à sa compétitivité économique et à ses velléités stratégiques. 

            Y aurait-il eu de système mondial de paix, d’économie et de finances actuel à travers l’Organisations des Nations Unies et les Institutions économico-financières de Bretton-Woods sans le génie diplomatique de cette nation ? Certes que les experts de la critique facile poseront la question de l’économie réelle de ces entreprises de paix mondiale institutionnelle au regard des résultats par exemple de pays les plus pauvres et les plus endettés de la planète. Et même alors, les objectifs avoués de l’institution du multilatéralisme ne sont pas remis en question par l’incapacité à s’organiser et à se gouverner des pays qui auront fait de la coopération internationale une clause de sécurité sociale internationale introuvable à ce jour.

            Les nouveaux experts de la puissance américaine ignorent superbement que la fin de superpuissances ainsi que la sortie du contexte de la guerre froide avaient été pensé par les spécialistes américains de politique internationale dont le duo Nixon-Kissinger. C’est donc l’aboutissement d’une démarche diplomatique américaine fondée sur la doctrine de la légitimité internationale ou doctrine Nixon à la base de la politique de détente internationale (accords Nixon-Brejnev de 1972 et le rapprochement               USA-Chine 1973) qui aura permis le changement de contexte mondial. Le champion de la politique de l’endiguement (containment) est devenu le champion de l’ouverture, du dialogue et de la coopération. Aujourd’hui, OBAMA le constructiviste, le champion du dialogue avec le monde et avec l’Europe et du partenariat avec l’Asie émergente ne fait pas autre chose que ce furent autrefois Nixon et Kissinger de réunir les conditions les meilleures d’un leadership mondial moins couteux et moins dominant parce que convaincu que c’est la stabilité mondiale qui donne aux nations le gage de leur vitalité, de leur dynamisme et même de leur nationalisme.

Les U.S.A. ne souhaitent pas le déclin des autres nations ou puissances comme le montre leur diplomatie à l’égard de l’ancien empire soviétique. Leur engagement militaire en Afghanistan autant que leur présence permanente à l’OTAN ne serviraient pas des intérêts égoïstes nationaux ou impérialistes mais l’intérêt mondial de la stabilité globale.

            Les européens commenceraient-ils à le comprendre ? Et certainement Medvedev le Russe l’a-t-il compris au sommet de l’OTAN de Lisbonne qui vient de se terminer ?

            A ce titre, les U.S.A. seraient si pas un modèle mais un exemple de vigueur et d’intelligence diplomatique et stratégique. Il est possible que comme Rome son empire dure longtemps encore. 

Dr Philippe Biyoya Makutu Kahandja

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*