Un fils Sakombi en justice contre son avocat

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Accusé de faux en écriture et usage de faux par Molendo Sakombi, un des fils de feu Dominique Sakombi, l’avocat Serge Lukanga a soulevé des exceptions liées à la mauvaise direction, au défaut de qualité, à la question préjudicielle ainsi qu’à celle d’electa una via dans l’action initiée contre lui sous RP 29933 devant le Tribunal de paix de Matete. Ces exceptions ont été prises en délibéré par le tribunal, pour un jugement devant intervenir dans le délai légal.

En effet, Molendo Sakombi, dans sa citation directe, demande la condamnation de Serge Lukanga, la destruction du certificat d’enregistrement volume AMA 125 Folio 78, son arrestation immédiate ainsi que des dommages et intérêts de l’ordre de 400.000 dollars américains, payables en francs congolais.

Assisté de ses conseils dans la présente cause, Me Serge Lukanga a soutenu que dans la citation directe, Molendo Sakombi, qui agit en son nom propre et comme liquidateur de la société privée à responsabilité limité (Sprl) de la 1ère rue, n’a pas qualité pour l’attraire en justice. Il n’y a aucun lien entre lui et Molendo Sakombi. Si relation il y a, cela réside dans le fait qu’il avait assisté son ancien client dans plusieurs procédures et que celui-ci lui doit des honoraires. Pour ce qui est de son statut de liquidateur de la Sprl de la 1ère rue, Molendo détient deux procès-verbaux d’assemblée générale tenue le même jour, l’un à 9 heures et l’autre à 11 heures. Curieusement, le second procès-verbal était signé par lui tout seul.

Aussi, l’action initiée contre lui a pour fondement une action civile initiée par le même Molendo devant le tribunal de grande instance de Matete contre son fils Israël Lukanga, mineur d’âge. Et comme l’exige la loi, Israël Lukanga était représenté par son père dans ladite cause.  S’il y a quelqu’un qu’il faut poursuivre, c’est Israël Lukanga qu’il faut traduire devant le tribunal pour enfant et non son père qui l’a représenté. A cela s’ajoute le fait que l’action pénale n’a plus sa raison d’être, car Molendo Sakombi avait déjà choisi la voie civile.

Pour leur part, les conseils de Molendo Sakombi ont estimé que la présence de Me Serge Lukanga comme cité est justifiée par le fait que c’est lui qui s’était présenté devant les titres fonciers pour le compte de son fils mineur, afin d’obtenir le certificat d’enregistrement. Et, par humanisme, leur client ne pouvait pas traduire un enfant en justice.

Quant à l’organe de la loi, après que Me Serge Lukanga ait exigé la comparution personnelle de Molendo Sakombi, il a fait savoir que toutes les exceptions étaient recevables mais non fondées. Toutefois, le représentant du ministère public s’est déclaré du même avis que Serge Lukanga pour ce qui est de la mauvaise direction de l’action initiée contre lui. Cependant, il a souligné qu’il était important que le tribunal donne aux parties la possibilité d’examiner le fond du dossier afin que la vérité puisse éclater au sujet de leur conflit.

Yves Kadima

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