Un encadrement des autorités politico-administratives requis pour éviter des dérapages

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pistolet-1024x768Bavures policières par-ci, dérapages des agents de forces de l’ordre par-là, presque partout en RDC, les manifestations publiques hostiles au pouvoir ou celles organisées pour protester contre la prise d’une décision impopulaire, sont souvent réprimées dans le sang. Les policiers à la gâchette facile qui n’attendent pas une réquisition de force de la part des autorités politico-administratives, ni un ordre de leur hiérarchie, s’octroyent des pouvoirs illimités sur le terrain et font usage des armes à feu. Et pour cause ! Absence criante des représentants de l’autorité politico-administrative à qui les équipes d’intervention déployées sur le terrain, doivent se référer avant de décider de l’utilisation des armes à feu. C’est à cette autorité civile, au regard des prescrits de la loi n° 85/035 relative à la détention et à l’usage d’armes à feu, que les policiers devaient recourir pour obtenir l’ordre de tirer en l’air pour dissuader les manifestants.

 Dans l’esprit du législateur tout usage d’armes à feu sur le théâtre des opérations, par des policiers, sans une quelconque réquisition de la force établie par les responsables des entités politico-administratives décentralisées, peut entraîner la responsabilité pénale et civile des auteurs. C’est dire que dès qu’une autorité politico-administrative donne un quelconque ordre de tirer sur les foules déchaînées, elle en assume la totale responsabilité.

 Et si c’est un ordre mal donné et manifestement illégal, du genre «  Si ces femmes ou ces enfants avancent pour manifester devant un bâtiment public, tirez sans sommation ! J’en assumerais la responsabilité ! Et ce n’est pas pour rien que je suis autorité ! ». Ou «  Ces gens sont contre nous ! Ils veulent notre départ ! Abattez-les, nous saurons nous défendre devant la justice ! » ou « On en a assez de leurs manifestations hostiles à notre régime, n’ayez pas pitié d’eux ! Tuez un grand nombre pour qu’ils aient peur ! ». Généralement, les ordres diffèrent d’un individu à un autre, d’une situation politique ou sociale à une autre, et des réactions des équipes d’intervention à d’autres.

C’est ici qu’on recourt au principe de la «  baïonnette intelligente » qui recommande aux policiers d’agir avec sagesse. Et s’il faut désobéir à un ordre manifestement illégal et lourd de conséquences de l’autorité, ils ne devaient pas hésiter.

Malheureusement, dans la plupart des cas, sur le théâtre des opérations, les policiers se gèrent seuls. Les autorités politico-administratives se terrent dans leurs bureaux, se contentant des rapports partiels et dénaturés leur transmis au téléphone ou après les incidents. Absentes sur le terrain, elles ne savent pas apprécier l’ampleur de la situation, le degré de l’hostilité, le niveau de violences, les projectiles utilisés, les risques d’embrasement et d’insécurité pour autres citoyens, des policiers et de leurs véhicules.

Et dans un pays comme le nôtre, où la réforme de la police tente difficilement de s’enraciner, le changement des mentalités et de comportement requiert une nouvelle vision des méthodes de rétablissement de l’ordre public. Dans ces méthodes policières, le respect des droits de l’homme est le principe de base qui recommande qu’il y ait zéro victime tuée.

Au Forum d’échanges sur l’utilisation des armes à feu par la police, l’une des recommandations formulées par les participants était de prévoir des sanctions à leur endroit pour négligence. L’autre proposition insiste sur la présence de ces autorités politico-administratives sur le terrain, pour accompagner les policiers lors des opérations de rétablissement de l’ordre public perturbé, notamment les manifestations publiques hostiles au pouvoir et des manifestations de protestation contre les décisions des autorités politico-administratives. Car, elles sont sensées être là pour apprécier de visu le déroulement de ces mouvements de foules pour pouvoir prendre une sage décision conséquente.

 C’est donc pour permettre à ces autorités politico-administratives et aux commandants des équipes d’intervention d’établir des passerelles de collaboration et de réaliser les principaux mécanismes des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre public que les experts ont préconisé l’organisation à leur intention, des sessions de recyclage.

J.R.T.        

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