Un bateau et une baleinière entrent en collision : 100 disparus à Kwamouth

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quatre-vingt-dix-huit-personnes-moins-peri-samedi-naufrage-bateau-lac-albert-entre-ouganda-republique-democratique-congo-1539558-616x380Le fleuve Congo vient, une fois de plus, de soigner sa triste légende de dévoreur d’âmes et de cimetière d’embarcations motorisées. Pas plus tard que le jeudi 12 février 2015, pendant que l’attention des millions de compatriotes était focalisée sur la promulgation de la Loi électorale par le Chef de l’Etat et la publication du calendrier électoral global par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), les démons des eaux ont de nouveau frappé.
Selon des sources proches de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en RDC, qui n’ont donné l’alerte que le samedi 14 février, un bateau de la SCTP, le M/B Lukamba et une baleinières sont entrées en collision au niveau de Kwamouth. La beleinière avait à son bord environ 150 passagers. Plus d’une centaine de personnes sont portées disparues, selon le bilan donné par le ministre provincial des Transports et Infrastructures.
Seulement 42 rescapés ont été comptabilisés par les équipes de secours de l’OMS. Mais aucun manifeste n’est disponible pour établir le nombre exact des passagers ni la quantité totale des marchandises transportées. Dans ce pays où les statistiques des personnes et biens renseignées sur les « manifestes » établis par l’administration fluviale ne correspondent jamais à la réalité, l’on devrait s’attendre à un bilan plus lourd des morts et disparus.
Alors que l’affaire suscite une vive émotion dans les milieux des armateurs et autres usagers du transport fluvial, les sources officielles provinciales ont attendu 48 heures pour réagir. En principe, avec une telle hécatombe, le gouvernement aurait dû donner de la voix, à travers le ministre national ayant en charge le secteur des Transports et Voies de Communication. Pourquoi ce long silence depuis jeudi, jour de la catastrophe fluviale ?
Les circonstances de l’accident demeurent encore floues. A son niveau, le ministre provincial des Transports et Infrastructures au Bandundu a laissé entendre que la catastrophe serait liée à un courant trop fort des eaux au niveau des rapides communément appelés « Ngobila ». Cependant, les habitués du fleuve Congo déplorent le manque de balisage (activité abandonnée par la Régie des Voies Fluviales depuis belle lurette), le non respect de tonnage par les armateurs, la banalisation des consignes de sécurité, le mauvais état mécanique des bateaux, baleinières et autres pirogues motorisées souvent en libre circulation sur le fleuve Congo et ses affluents, etc.
Les observateurs notent que depuis la réduction sensible du trafic fluvial par la SCTP (Société Commerciale des Transports et Ports) suite au manque de flotte, le fleuve Congo et ses affluents reçoivent des « cercueils flottants », qui n’offrent aucune garantie de sécurité aux personnes et à leurs biens. Chaque voyage en baleinière, en barge, en pirogue motorisée ou en canot est devenu une aventure de tous les dangers, car susceptible de se terminer tragiquement.
En dépit des catastrophes fluviales en série que l’on enregistre chaque année, tout s’arrête au concert de lamentations et aux cérémonies d’inhumation des victimes, aux frais de l’Etat. Le secteur du transport fluvial et lacustre continue de fonctionner dans une anarchie totale. Les mesures d’assainissement du secteur généralement annoncées avec fracas s’arrêtent aux portes du ministère des Transports et Voies de Communication. Sur le fleuve Congo, ses affluents et les lacs, elles sont superbement ignorées par les armateurs et les fonctionnaires.
Kimp

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