UE : sales temps pour les Kabilistes

0
626
Des participants au séminaire d’échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Prises en mars 2017, puis reconduites en 2018 et 2019, les sanctions de l’Union Européenne contre une quinzaine de dignitaires de l’ancien régime restent maintenues, en dépit du changement intervenu à la tête du pays au terme des élections du 30 décembre 2018. Le dernier revers en date est celui essuyé par Evariste Boshab et consorts, le mardi 26 mars 2019, à la suite du rejet, par le Tribunal de l’Union Européenne, du recours collectif qu’ils y avaient introduit dans le but d’obtenir la levée des mesures de restrictions de visas et de gel de leurs avoirs dans l’espace européen.

Ainsi donc, ces différentes personnalités, civiles et militaires, sanctionnées les unes en raison de leurs obstructions au processus électoral et d’autres pour de violations massives des droits de l’homme, restent indésirables de l’autre côté de la Méditerranée. Leur maintien sur la liste noire de l’Union Européenne est perçue, par nombre d’observateurs, comme un signal fort lancé pour les mettre en garde contre les velléités de retour au sein de nouvelles institutions de la République voire de leur direction.

            Il leur appartient de tirer les conséquences des mesures de l’Union Européenne et de ne pas chercher à récupérer, par des artifices tels que la corruption des députés provinciaux, du pouvoir perdu en décembre 2018. Il s’agit aussi d’un message adressé aux nouveaux hommes au pouvoir afin qu’ils fassent très attention dans le choix des Kabilistes avec qui « cohabiter » au niveau du futur gouvernement, du futur Parlement et d’autres institutions de la République pour la gouvernance du pays.                                Kimp

-0-

Rubrique : Actualité

Pourquoi cette opacité sur les émoluments du parlementaire ?

Quel est le véritable salaire d’un parlementaire congolais ? La question mérite un éclaircissement au regard des remous qu’un membre de la chambre basse a provoqués dans l’opinion surtout en ces temps où le scandale de la corruption a failli provoquer une crise politique d’une forte envergure lors des élections des sénateurs au niveau des assemblées provinciales du pays. On rappelle que c’est à partir du siège social de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social, que ce scandale a pris corps jusqu’à atteindre les autres formations et regroupements politiques du pays.

Atundu Liongo dénonce

            On a alors vu le porte-parole de la Majorité Présidentielle et membre du Front Commun pour le Congo ou FCC, à savoir l’ambassadeur Alain-André Atundu Liongo, sortir de ses gongs pour dénoncer quatre cas des tentatives de corruption et cela, avec force détails, tel qu’il les avait vécus à Bumba, son fief électoral. Des montants avoisinant 50.000 dollars qu’un candidat au Sénat devrait débourser pour obtenir une voix circulaient dabns tous les sens. Au bas mot, pour bénéficier de quatre voix, il fallait délier de la bourse la somme faramineuse de 200.000 dollars Us. 

Le pot aux roses de l’UNC

            C’est un membre du parti Union pour la Nation Congolaise ou UNC de Vital Kamerhe qui a largué cette bombe en précisant qu’il y a plus d’une semaine que chaque député national avait touché la somme de 4.000 dollars Us comme émoluments mensuels. Or, selon certaines indiscrétions émanant des milieux parlementaires et assimilés, à savoir l’administration de l’assemblée et les salons sociopolitiques politiques, outre cette somme, le sénateur et le député national touchent d’autres avantages appelés scrupuleusement « invisibles », jusqu’à atteindre in fine la somme de 14.000 et 13.000 dollars le mois.

            Cette information a provoqué un véritable «tsunami» dans l’opinion, au regard de ce que touche un professeur d’université et un officier général des FARDC. Surtout en ce moment où le pays entier attend fiévreusement la mise en place du gouvernement de coalition CACH-FCC. Et la question qui taraude les esprits : quel sera le salaire d’un membre de ce gouvernement par rapport à celui du parlementaire ?

            Le commun des mortels a fini par comprendre les raisons fondamentales qui poussent les gens à se battre par tous les moyens pour entrer dans les institutions. Où, outre des émoluments attrayants, il existe d’autres avantages « invisibles » découlant de la gestion d’un ministère et des entreprises paraétatiques sous tutelle de certains ministères considérés comme « liquides ». Cela en termes des rudes et difficiles opérations transversales des négociations et conclusions des contrats faramineux avec les tierces personnes morales ou physiques. En qualité de mandataire au nom et pour le compte du mandant qui n’est autre que l’Etat.

            Parmi ces avantages invisibles, l’opinion a fini par en connaitre certains, notamment les frais de santé à l’extérieur pour le parlementaire, son épouse et ses enfants de n’importe quel lit. Ces frais s’articulent autour des titres de voyage, de séjour, des missions et de souveraineté pour chacun des 5 membres du bureau de l’assemblée nationale. On sait que les parlementaires se tapent régulièrement des missions à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Cette prérogative relève exclusivement de la compétence du président de la chambre. Il suffit de bénéficier des entrées et autres facilités auprès du cabinet du président pour se voir gratifier de certains avantages invisibles.

            Les frais d’installation pour les députés provenant de l’arrière-pays ou de l’étranger sont aussi pris en charge par les deux chambres du parlement. Il y a aussi les crédits pour l’acquisition des véhicules pour chaque législature en plus des frais d’entretien trimestriels, notamment le carburant et les réfections des pièces mécaniques endommagées ou usées par le temps et les intempéries.

            Ces avantages relèvent du budget alloué à chacune de  deux chambres du parlement par le législateur à l’instar d’autres institutions de la République, à savoir le président de la République, le gouvernement et les cours et tribunaux.Au bout du compte, c’est le pauvre contribuable, clochardisé à souhait, qui paie, à travers des impôts divers, la lourde facture de la prise en charge des bourgeois politiques.

F.M.                

  • 10
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •