UE-RDC : Kinshasa – Mbandaka en 48 heures !

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Environ 1 200 km de route à parcourir et plusieurs localités et villages à traverser avant de relier la capitale Kinshasa (ouest) à la ville de Mbandaka (Nord-ouest) dans la province de l’Equateur. C’est le défi qu’entend relever, avant la fin décembre 2011,  le Projet d’entretien et de réhabilitation des infrastructures routières en RDC et d’amélioration de l’assainissement urbain à Kinshasa (PARAU), financé par l’Union européenne à travers le Fonds européen de développement (FED).

Dans le cadre du volet routes, le PARAU a repris l’ensemble du réseau réhabilité par le projet  PAR II en y ajoutant environ six cents kilomètres de route à réhabiliter. Au total, le PARAU compte prendre en charge aux alentours de 3 000 km de routes d’intérêt général prioritaire dans les provinces de Kinshasa, Bandundu, Equateur et Kasaï occidental. Après des décennies de conflits, l’économie de la RDC est sortie dévastée de la période prolongée d’instabilité avec comme conséquence, entre autres, l’insécurité alimentaire fortement liée à l’enclavement, le pourrissement des produits agricoles dans les villages par faute d’évacuation, l’augmentation du déséquilibre nutritionnel au sein de la population, l’exode rural massif de la population dû au manque de perspective pour l’épanouissement personnel et l’absence de voies de communication qui permettraient l’accès aux marchés.

La déliquescence des infrastructures de base, constatée depuis plusieurs années plus tôt, n’a fait que s’empirer, à tel point que plusieurs routes d’intérêt général n’existent plus. A ce jour, une grande partie du réseau routier du pays n’est souvent fréquentée que par des vélos représentant le seul moyen de déplacement. Face à cette situation, le président de la République a intégré dans son programme prioritaire de cinq chantiers les interventions (réhabilitation et modernisation) routières en vue d’améliorer les services rendus à la population congolaise.

L’importance des voies de communication dans un pays vaste comme la République démocratique du Congo, dont la superficie équivaut à plus de la moitié de l’Europe des 27, n’est pas à démontrer. Le développement de la RDC en est lourdement dépendant. Les interventions du PAR d’hier et celles du PARAU d’aujourd’hui participent à ce développement. Le PAR a réalisé un grand travail en reconstruisant, entre autre, les deux ponts détruits sur la rivière Mayindombe et sur la rivière Lufimi et en réhabilitant le tronçon routier Lufimi- Kwango (55 kms), contribuant ainsi, en collaboration et concertation avec d’autres bailleurs de fonds, à rapprocher la ville de Kikwit à celle de Kinshasa.

Pont Mayindombe après réhabilitation                  

A l’actif du PAR II, il faut aussi inscrire la réhabilitation de la route Kinshasa-Bandundu. Alors qu’il y a quelques années cette route était impraticable et ne comptait qu’environ un camion par jour, aujourd’hui la mobilité des personnes et des biens est beaucoup plus importante et son impact dans les villages environnants est bien perceptible. La cité de Nioki peut désormais gouter le pain qui vient directement de Kinshasa et qui lui était inconnu. Plus au Nord,  la brigade de l’Office des routes gérée par le PARAU a déjà terminé le tronçon Mbandaka jusqu’au lac Mayindombe et il ne reste plus que le tronçon Nioki jusqu’à N’selenge sur l’autre côté du lac. Il faut désormais moins de deux heures pour parcourir la route Mbandaka- Bikoro, longue de 128 km, qui a été complètement réhabilitée. Bientôt, le réseau sera étendu jusqu’à Bunduki. Dans quelques semaines, le tronçon Mpole-Nselenge sera ouvert au trafic grâce à la réhabilitation du pont sur la rivière Olongululé permettant ainsi la liaison routière entre Kinshasa et Mbandaka. Sur la nationale  n° 1, on peut désormais aller de Kananga à Tshikapa en 7 heures, alors qu’auparavant on parcourait la même distance (260 km) en, environs, deux semaines. A l’Equateur, les tronçons Lisala-Bumba et Lisala-Businga ont été rouverts au trafic après des dizaines d’années d’abandon à cause, d’une part, de manque d’entretien pendant plusieurs années, et d’autre part, de la destruction de plusieurs ponts pendant la rébellion au Nord-Equateur. Le PARAU va parachever la réhabilitation des routes déjà lancée dans le cadre du PAR II et s’attèlera à ouvrir des nouveaux axes, tels que Kananga-Ilebo (420 km), au Kasaï-Occidental ; Bonkulu- Bagata – Petit Kasaï (311 km) dans le Bandundu ; Kalamba-Ingende (180 km) et Bokatola-Butela (27 km) à l’Equateur.

Le rétablissement de la praticabilité du réseau routier prioritaire à travers le pays permettra d’accompagner le processus de décentralisation prévu dans la constitution, d’améliorer les capacités des administrations centrales du gouvernement, de garantir l’accès aux marchés et aux services sociaux et administratifs nécessaires à la relance socio-économique et à la consolidation de l’unité nationale.

Le PARAU, conscient que la réhabilitation des routes n’aura aucun impact concret si la durabilité de ces intervention n’est pas assurée, compte encadrer la société civile riveraine des routes réhabilitées en vue de la mise en place d’un réseau organisé capable d’ assurer l’entretien courant de plus de 2 000 km de routes déjà réhabilitées et d’environ 1 000 km de routes qui le seront bientôt. L’engagement ferme du gouvernement en ce qui concerne l’entretien du réseau routier prioritaire fait espérer que le relais du PARAU pour s’occuper effectivement de l’entretien de toutes les routes prioritaires d’intérêt général,  afin de les maintenir en état de praticabilité pendant des longues années sera assuré par la prise en charge, en temps opportun, de ces activités par le Fonds national d’entretien routier (FONER).

Roger KALENGA, Chargé de communication / PARAU-UE

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