Tuberculose : rupture de stocks de médicaments et antigènes !

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La lutte contre la tuberculose traverse actuellement des moments difficiles en République Démocratique du Congo (RDC). Cela est dû non seulement au fait que le gouvernement congolais s’est habitué à trouver normal qu’il y ait de temps à autre des ruptures de stocks de certains médicaments et antigènes de vaccination nécessaires pour combattre plusieurs maladies, particulièrement celles touchant à la petite enfance, mais aussi et surtout parce que la situation constatée aujourd’hui dans nos hôpitaux montre qu’aucune précaution n’a été prise pour éviter une rupture de stock des médicaments contre la tuberculose. Connaissant l’impact social et les séquelles que laisse une tuberculose non prise en charge ou mal soignée, certains toubibs et responsables de services de santé ont manifesté devant nos reporters leur consternation. D’autant plus que notre pays, la RDC, figure parmi les pays où la tuberculose sévit à l’état endémique dans toutes les provinces et cause des ravages dans la population.

Selon les informations recueillis dans les milieux médicaux, ce n’est pas la première fois que la RDC est confrontée à une telle situation. Il n’y a pas longtemps, la même crise avait menacée le pays. Et en voulant sauver les apparences, les autorités ont eu recours au stock des médicaments antituberculeux destinés au Bas-Congo pour colmater les brèches là où les urgences médicales étaient plus sensibles, ne  faisant par là que déplacer la carence d’un coin à un autre. Les scientifiques enseignent que les mêmes causes produisent les mêmes effets ; et dans le secteur médical ce principe est plus que jamais d’actualité. Cette même insouciance des autorités sanitaires a fini par provoquer une autre rupture des médicaments antituberculeux.

Les malheurs des Congolais proviennent de leur insouciance

Alors que depuis 2010, suite à une commande du PNUD, le Fonds mondial qui soutient la lutte antituberculeux avait rassemblé des fonds, acheté des produits et les avait envoyés à Kinshasa, les autorités sanitaires sur place n’ont manifesté aucune diligence pour aller dédouaner ces médicaments fort sensibles, dont les notices recommandent qu’ils soient impérativement conservés à des températures bien précisées. Tous les importateurs connaissent fort bien l’atmosphère suffocante qui règne dans les entrepôts aux frontières, aussi bien à Kinshasa qu’à Matadi ou ailleurs. Comme conséquence logique, ces médicaments sont demeurés de longs mois – les médecins précisent même neuf mois – consignés  dans des entrepôts de Kinshasa, dans des conditions inappropriées à cause de la chaleur et les poussières.
Et lorsque la crise s’est fait sentir dans les centres médicaux  parce que les nourrissons – dont les recommandations du ministère de la Santé et même de ses partenaires tels que l’OMS et l’Unicef imposent le BCG parmi les vaccins à prendre à la maternité, avant toute sortie – sortaient  sans être vaccinés, ce stock a vite été dédouané mais… mais… trop tard. Les produits étaient périmés et constituaient désormais un autre danger à éviter dans l’hypothèse de leur administration. Ils ont été par conséquent détruits. Un gaspillage d’un don gratuit fourni par des partenaires alors que notre gouvernement a difficile à honorer la contrepartie exigée dans des telles transactions internationales ; un gaspillage surtout à cause de nombreux malades qui ont besoin de ces médicaments et qui attendent les soins. Qui finalement pourra être comptable d’un tel gâchis ?
 Une autre commande des médicaments antituberculeux moisit dans les entrepôts de l’Agetraf.
 
Les reporters de notre rédaction ont également appris qu’il y aurait une autre commande des produits antituberculeux, faite avec l’appui financier de l’USAID mais qui – comme c’est désormais la tradition – traînerait encore dans les entrepôts de l’agence de transport maritime « Agetraf ». Sans médicaments, mêmes les meilleures bonnes volontés sont impuissantes et la maladie n’a pas le temps d’attendre pour se propager d’une personne à une autre et d’une province à l’autre. Enfin, il convient également de se rappeler que dans la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose est l’une des maladies opportunistes qu’il convient de combattre efficacement et sans tarder.


RSK

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