Tshisekedi au stade Tata Raphaël : leçons d’un meeting

0
53

Etienne Tshisekedi a réussi, le 24 avril 2011, sa grande rentrée politique au Stade Tata Raphaël de Kinshasa. La première leçon est tirée de ce rassemblement populaire est que ce leader politique a la maîtrise de ses troupes. Son mot d’ordre relatif à la discipline et au respect des biens publics comme privés a été suivi à la lettre. Avant, pendant comme après le meeting, aucun incident n’a été déploré à travers la ville de Kinshasa.

On avait du mal à croire que plus de 80.000 personnes parties de chez elles tôt le matin, sans autre motivation que la foi en l’idéal d’un homme politique, pouvaient regagner leurs lieux de résidence, dans la soirée, sans rien casser. Le comportement exemplaire des combattants de l’UDPS et des partis alliés de l’opposition a surpris le numéro un de la sécurité de la capitale, le général Oleko. Ce galonné de la police nationale congolais a tiré son chapeau bien bas en hommage à tous ceux qui se sont donnés rendez-vous dimanche dernier au Stade Tata Raphaël pour écouter le message d’Etienne Tshisekedi.

La seconde leçon à tirer de la grandiose « matinée politique » du dimanche 24 avril 2011 est que le « Lider maximo » est assis sur une « base » politique et sociologique indiscutable. Le rendez-vous d’il y a 48 heures a été une mémorable démonstration de force pour lui et son parti. Tshisekedi a battu, une fois de plus, son propre record de popularité. L’on croit savoir que sur ce « terrain » très glissant, il a mis à mal tous ses adversaires politiques, toutes tendances confondues.

 

La sortie de l’UDPS au Stade Tata Raphaël apparaît, aux yeux de beaucoup, comme un défi lancé à tous les partis et acteurs politiques qui revendiquent le partage de l’espace politique national. Les paris sont désormais ouverts pour le prochain « candidat » au remplissage des tribunes et gradins de ce temple du football qui représente 50.000 places assises, à en croire les statistiques livrées en 1974, à la veille du « Combat du siècle » entre deux « poids lourds » de la boxe professionnelle internationale, Mohamed Ali et George Foreman.
Kinoises et Kinois, curieux et impatients de connaître l’identité du prochain « showman » politique au Stade Tata Raphaël, attendent. Les politiciens de mallette sont avertis, sans frais.

L’autre leçon distillée par Etienne Tshisekedi est que l’opposition politique congolaise n’est pas aussi divisée qu’on l’imagine. La nombreuse présence de tous les leaders et partis qui comptent au sein de cette « composante » a été actée, par les observateurs, comme le signal de la disponibilité des uns et des autres à cheminer ensemble dans leur quête de l’alternance politique au sommet de l’Etat ainsi que dans d’autres institutions de la République dans les mois à venir.
Même si le débat autour du soutien à un candidat unique de l’opposition est loin d’être clos, le président de l’UDPS s’est positionné, dimanche dernier, comme un candidat sérieux appelé à fédérer cette famille politique.

Enfin, comme machine électorale, le parti de la 10me Rue Limete a affiché ses ambitions pour rafler plusieurs « mises » en cette année électorale. Mobilisés tels un seul homme, les électeurs de ce parti vont certainement peser de tout leur poids dans les urnes. Les Congolais et ainsi que le monde extérieur ont redécouvert un grand parti politique, dont la démocratie congolaise a grandement besoin pour progresser, dans la tolérance mutuelle entre prétendants à la conservation du pouvoir d’Etat et chauds partisans du changement.

Kimp

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*