Troublante affaire de corruption à l’Assemblée provinciale de Kinshasa : la communauté Teke – Humbu désavoue ses quatre chefs coutumiers cooptés

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Des urnes, lors de l’élection du bureau définitif de l'Assemblée nationale congolaise le 12/04/2012 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

A l’instar des partis politiques déçus par le comportement de leurs élus provinciaux à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, la communauté Teke-Humbu qui avait fondé tous ses espoirs sur les quatre chefs coutumiers cooptés députés provinciaux afin d’obtenir un siège de sénateur à la Chambre haute du Parlement, vient de cracher dernièrement toute son indignation sur ses quatre délégués. 

            Au motif qu’ils puent tous la corruption à mille lieue, a laissé entendre un membre de cette Communauté, qui ajoute qu’ils se sont couverts d’opprobre au point qu’ils n’osent plus se présenter en public. La preuve de cette incrimination a été donnée lors de dernières élections de sénateurs sanctionnées par des résultats catastrophiques. C’était la débâcle que personne ne pouvait imaginer. Avec le recul du temps, l’on comprend aisément que tous les quatre délégués  avaient en effet, voté chacun le candidat de son choix qui ne nourrissait aucune préoccupation pour les Teke et les Humbu, ni même pour le développement de leurs entités territoriales. Pourtant, avec leur nombre, si les quatre chefs coutumiers auraient voté un des leurs, il est clair qu’ils auraient pu porter un membre de la Communauté à la Chambre haute.

            Il est donc clair que l’argent a circulé au point de détourner les délégués  Teke et Humbu de leurs objectifs majeurs. Le scandale a éclaté quand les résultats ont été publiés. Pour la Communauté Teke-Humbu : aucun sénateur élu. C’était inacceptable. La colère est montée de plusieurs crans, et la déception a été tellement grande qu’au lendemain de l’agitation qui a secoué les partis politiques, les quatre chefs coutumiers ont fait l’objet d’interpellation devant la grande assemblée des sages.

            «Où sont parties vos voix ? Qui aviez-vous voté ? Pourquoi aviez-vous privilégié vos intestins au lieu des intérêts supérieurs de votre communauté ? Pourquoi aviez-vous jeté l’opprobre sur la communauté Teke Humbu au moment où elle cherche à asseoir son leadership dans les instances nationales et provinciales ?»  Faute de réponses satisfaisantes à toutes ces interrogations, les quatre chefs coutumiers ont balbutié sans rassurer les sages dans leur quête de la  vérité ». En guise d’aveu, ils ont fait profil bas, acceptant avec humilité les décisions qui seront prises par les conseils de sages.

            Et à la mesure de la déception enregistrée, tous les sages ont été unanimes pour réclamer des poursuites judiciaires à l’égard de deux délégués Teke de Maluku et deux Humbu dont l’un provient de Mont-Ngafula et l’autre de Nsele. Certains sages estiment que le Procureur général près la Cour de cassation devrait accélérer les enquêtes en vue de frapper un grand coup qui viserait autant les corrupteurs que les corrompus. Par cette démarche, les sages Teke et Humbu veulent ainsi voir la justice congolaise, extirper de la communauté, leurs délégués indignes de les représenter au sein des instances provinciale et nationale. Le mal est fait et les coupables doivent subir la rigueur de la loi, a conclu sous l’effet de la colère, un membre de cette communauté.

            Pour une autre source proche de cette communauté, la décision du chef de l’Etat de suspendre l’installation du Sénat est tombée à point nommé. Car, elle permettra à la justice congolaise, à l’issue de ses investigations, de « séparer le bon grain de l’ivraie », pour éviter des cas de récidive.

                                                                                                               J.R.T.

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