Triste fin de Ramadan à Kinshasa

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Aujourd’hui vendredi 15 mai 2021, s’ouvre au Tribunal de grande instance de la Gombe siégeant en flagrance, le procès ministère public contre les auteurs des incidents sanglants survenus dans la journée d’hier jeudi 14 mai au Stade des Martyrs. Hier en effet, c’était la fête de Aïdel Kebir qui symbolise la fin du Ramadan. Les musulmans de Kinshasa, comme les autres du monde entier, vêtus de somptueux boubous, tenaient à commémorer cette fête qui marque deux étapes importantes dans l’histoire de la religion islamique.

            Qu’est-ce qui s’est réellement passé au juste au Stade des Martyrs ? Alors que le mercredi 13 mai, les membres de la Communauté islamique du Congo (COMICO) avaient pu obtenir toutes les autorisations pour célébrer la fin du Ramadan, tous les réglages étaient bien huilés pour une journée de prières haute en couleurs. Les partisans du nouveau représentant légal, Youssouf Djibondo Djibril, s’étaient convenus avec les adeptes de l’imam Abdallah Mangala pour des manifestations communes d’allégresse au Stade des Martyrs. Hélas, cette harmonie de façade allait flamber le lendemain.

            Mais c’est hier que quelques grains de sable se sont invités dans l’organisation des festivités. Dès 8 heures du matin, venus de tous les coins de la capitale, des musulmans affluaient par groupes ou familles entières au Stade des Martyrs dont les portes, ouvertes dès 6 heures, accueillaient hommes, femmes et enfants, tous disciples du prophète Mahomet. Dépêchés pour assurer la sécurité des lieux, les policiers sont arrivés dans ce temple des sports pour veiller au bon déroulement de la manifestation.

Alors qu’il était prévu que l’imam Youssouf Dibril Djibondo devait lancer les prières d’ouverture, les partisans de l’imam Abdallah Mangala l’en ont empêché sous prétexte que ce dernier était non seulement le prédécesseur, mais aîné en âge et bardé d’expérience. Ce qui n’a pas plu aux fidèles du nouveau représentant légal. C’est ce qui a mis le feu à la mèche. Des échanges de parole se sont vite transformés en injures et même en menaces. En l’absence d’un comité des sages, l’accalmie était loin d’être trouvée dans cette ambiance survoltée où certains musulmans en sont venus aux mains, jurant d’en finir avec leurs «  adversaires ».

            Immédiatement, le Stade des Martyrs qui s’est enflammé, est devenu un grand ring où les uns et les autres s’affrontaient en utilisant tous les projectiles ramassés ici et là. Désemparés, les policiers ne savaient pas qui empêcher de recourir à la violence aveugle, parce que tous étaient habillés de la même manière. La stratégie de lancer des grenades lacrymogènes pour amener les belligérants à vider le stade, a récolté un fiasco retentissant.

            Malheureusement, c’est en ce moment que les choses ont dégénéré à la vitesse de l’éclair. Un élément isolé de la police de surveillance qui passait aux abords du stade, a été lynché. Il subira un sort cruel, car les nerfs à fleur de peau, les disciples de Mahomet l’ont soumis au supplice en l’incendiant avec des pneus usés. En ce moment là, les gens couraient dans tous les sens, pour aller chercher refuge loin du stade. Et dans cette bousculade gigantesque, les musulmans s’affrontaient entre eux avec une rage aveugle. Ceux qui couraient à toute vitesse, marchaient sur ceux qui étaient tombés par terre. Une quinzaine de policiers pris dans cet engrenage infernal, en ont fait les frais. Casses des installations du stade, même les véhicules qui se sont retrouvés dans le périmètre ont été caillassés ou incendiés. On parle même des enfants qui n’ont pas été retrouvés par leurs parents

Comme la force reste à la loi, le commissaire provincial de la police est descendu lui-même sur les lieux pour tenter de gérer la situation. Il a inhalé les gaz qui planaient sur le stade des Martyrs et ses environs. Dans cette affaire, on a condamné Yves Kambala, l’actuel gestionnaire du Stade des Martyrs, pour avoir permis que les deux ailes des musulmans de Kinshasa, organisent sur un même lieu, la fin du ramadan. On laisse entendre que les deux composantes de la communauté islamique du Congo avaient tous payé pour l’occupation du Stade.

            Hier, les responsables des deux ailes ont été entendus sur procès-verbal alors que 35 auteurs des incidents sanglants interrogés sans désemparer, ont été transférés au Parquet de grande instance de la Gombe. Les blessés, a laissé entendre une source policière, ont été acheminés dans différentes formations médicales. Tard, la police a finalement mis la main sur le donneur d’ordre qui avait décidé d’interdire la poursuite des manifestations religieuses, à cause d’une mésentente profonde et de l’animosité qui régnait entre les frères musulmans.                                                      J.R.T.    

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