Tripaix/Ndjili : traitée de sorcière, elle réclame 50.000 $ US

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justice-balanceL’affaire enrôlée sous RP 14547 au Tribunal de Paix de N’Djili et qui oppose Nsimba Bonda aux jumeaux Mme Nsimba Talamusi et Nzuzi Kanda, a été plaidée hier lundi 12 octobre 2015. Selon les éléments du dossier, au mois de février 2015, Nsimba aurait giflé un gosse qui s’excitait devant un homme et son épouse, qui se battaient. La mère du gamin aurait proféré des menaces au jeune homme, qui aurait été atteint d’un mal étrange. Bonda aurait été taxée de sorcière et frappée à l’œil gauche par Nsimba.

Appelé à plaider, le conseil de Nsimba Bonda a souligné qu’il y a eu une participation criminelle de deux prévenus, dans la mesure où le prévenu principal a proféré des injures et administré un coup de poing à sa cliente  en février 2015. Selon lui, le témoin Lunungu a confirmé ces faits. Nzuzi  aurait du reste tenté de lancer un tabouret et une bouteille en direction de sa cliente. Dieu merci, la sœur aînée de sa cliente s’était interposée.

A en croire le même avocat, il y a eu exécution matérielle et coopération directe, ce qui confirme la thèse de la participation criminelle.

Quant aux coups et blessures volontaires qui peuvent provoquer des lésions internes et externes, telles que l’explique « Mineure », a précisé ce juriste, le coup de poing de Nsimba a obligé sa cliente  à se faire soigner. Et une tentative est censée être réprimée au même titre qu’une infraction consommée.

            Dans une injure publique, a-t-il martelé, il y a entre autres, l’élément « publicité », d’autant que le prévenu principal a allégué que sa cliente lui aurait jeté un mauvais sort. Et d’indiquer que les propos débités par Nsimba ont fait fuir la clientèle de la couturière Bonda. Pour tous les préjudices subis par celle-ci, il a sollicité des dommages et intérêts de 50.000 dollars américains.

Contradictions

            Me Guylain Musakala, un des membres du collectif des avocats des prévenus, s’est servi d’une citation latine pour relever qu’en alléguant des faits, on doit être en mesure de les prouver. Il a fait remarquer que les témoins qui ont défilé à la barre n’ont pas été en mesure de démontrer les torts commis par les prévenus à l’endroit de la partie civile. Il a rappelé qu’un des témoins a déclaré n’avoir jamais entendu Nsimba Talamusi injurier Bonda. La quasi-totalité des témoins ont fait leurs dépositions en qualité de renseignants. Et la déposition d’un renseignant est soumise à l’appréciation des juges.  Il y a, selon lui, absence de preuves et partant, doute. Par conséquent, on doit acquitter ses clients. Il a aussi fait savoir qu’il y a une contradiction entre la partie civile et le ministère public en ce qui concerne les dates de la commission des faits.

L’imprécision est patente en ce qui concerne l’infraction d’injures publiques. Ce juriste a déclaré qu’on ne sait pas à quelle date les prévenus ont commis ladite infraction.

            Me Musakala a signalé que le pasteur n’a pas été précis dans sa déposition, car il a parlé de l’œil droit. Une photo ne parle pas et les images peuvent être prises avant l’éclatement d’un conflit. La contradiction est visible en ce qui concerne aussi l’heure de la commission des faits, a précisé cet avocat. Est-il établi de facto que des jumeaux sont des gens dangereux ? s’est-il interrogé. S’il en est ainsi, la partie civile doit l’être aussi.

            Un autre membre du collectif de la défense a précisé qu’au regard de l’état de santé du prévenu principal, il était difficile à ce dernier de donner un coup de poing à la partie civile. Leur client avait simplemen rappelé à Mme Bonda que ses menaces s’étaient concrétisées.  A son avis, on devrait acquitter les prévenus.

            L’organe de la loi, qui est intervenu à deux reprises, c’est-à-dire avant et après la plaidoirie des avocats des prévenus, a indiqué que le tribunal devrait dire établies en fait comme en droit les infractions mises à charge des prévenus. Il s’est employé à démontrer comment les deux jumeaux se sont montrés dangereux  dans leurs actes. Il a signalé avoir parlé des dates pendant le réquisitoire et qu’une photo parle. Le verdict est attendu vers la fin du mois.

Jean- Pierre Nkutu

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