Tripaix/Pont Kasa-Vubu : 17 mois de SPP pour un cybercriminel

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Dieudonné Dikita Makubakuba, blogueur et facebooker de son état, a été condamné à 17 mois de servitude pénale principale ainsi qu’à une amende d’un million de francs congolais, le lundi 20 juillet 2020, par le Tribunal de paix du Pont Kasa-Vubu. Il était poursuivi pour imputations dommageables et faux bruits, sur plainte du ministre d’Etat et ministre de la Décentralisation et Réforme Institutionnelle, Azarias Ruberwa, déposée contre inconnu le 3 juin au Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe.

On laisse entendre que la justice a dû mener rapidement des investigations dans les rangs touffus des cybercriminels pour épingler finalement Dieudonné Dikita Makubakuba.

            Reconnu cybercriminel, l’incriminé apparaît comme un des tout premiers justiciables à être condamnés pour des faits liés à la vie privée des personnes.

            Selon l’acte d’accusation ficelé par Azarias Ruberwa, des individus non identifiés l’accusaient, à travers les réseaux sociaux d’entretenir un amigo privé dans sa résidence de Gombe, avec des détenus malades et faméliques ainsi qu’une milice privée composée de 2000 militaires. Les mêmes cybercriminels lui imputaient la détention d’un dépôt d’armes. A les en croire également, le confinement de la commune de la Gombe aurait été décidé en vue de faciliter la perquisition de sa résidence par les limiers des services spéciaux.

            Les observateurs espèrent qu’avec la condamnation de Dieudonné Dikita, les fausses nouvelles et les accusations gratuites diffusées en boucle dans les réseaux sociaux pourraient connaître un net ralentissement. Car si les cybercriminels se savent désormais vulnérables, ils vont nuire de moins en moins aux personnes, personnalités et institutions.

                        La grande leçon à tirer de ce procès est que ceux et celles qui abusent des réseaux sociaux pour porter atteinte à l‘honneur et à la dignité des tiers, lancer des messages de haine ethnique, tribale et religieuse, faire de l’intox dans l’opinion autour des institutions et leurs animateurs, poster de faux documents, ne sont plus à l’abri des poursuites, judiciaires. Autant ilsse croient techniquement « intouchables » avec leurs téléphones, autant la technologie moderne est en mesure de leur démontrer les limites de leur jeu de cache-cache.

            La justice devrait s’intéresser davantage aux dérapages enregistrés dans les réseaux sociaux, à travers les écrits, le son et l’image, pour remettre de l’ordre dans ce segment des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication).

            Il n’est pas question, ici, de diaboliser les réseaux sociaux mais plutôt de faire comprendre aux utilisateurs de mauvaise foi qu’ils sont dans l’erreur. Ces canaux de communication devraient recouvrer leur utilité sociétale, notamment  à travers les échanges de nouvelles entre membres de famille, amis et connaissances, collègues de service, groupes d’intérêts, acteurs de divers domaines, sociétaires d’ONG et de mutualités, syndicalistes, activistes des droits de l’homme, cadres et militants des partis et regroupements politiques, etc. Les bienfaits des réseaux sociaux sont si immenses et précieux que c‘est irresponsable de réduire leur champ aux mensonges, insultes, règlements des comptes, atteintes aux bonnes moeurs, bref aux messages de pollution de la vie sociale. 

                   Kimp

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