Tripaix/Ndjili : le ministère public requiert 20 ans de SPP contre un «wewa» présumé complice d’un vol

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Le « poustura », en jargon kinois est défini comme  la participation  subtile d’un «wewa» à un vol moyennant une rétribution.  Titi Kabengele, étiqueté comme conducteur de taxi-moto, s’adonne-t-il à ce vilain jeu ? L’incriminé s’en défend.

Teint clair, la vingtaine révolue, le visage affable, domicilié sur la rue Boko au quartier 4, à Ndjili,  Titi  a été traduit hier jeudi 7 février 2019 en flagrance au Tribunal de Grande Instance Ndjili pour vol avec violence. L’infraction pour laquelle on le poursuit a été commise par un des passagers qu’il a transporté le lundi 5 février 2019 en début d’après-midi.  Mujinga Ciambamba est la demoiselle qui a tenu tête au passager indélicat.

Et elle a expliqué aux juges qu’ils étaient à trois ce jour là et se tenaient  près du CS Elikya.  Elle s’apprêtait à sortir son portable lorsqu’elle a vu un «wewa» et  ses deux passagers  venir se placer derrière eux. L’un d’eux  a sauté et elle l’a vu  diriger sa main  vers son sac, a-t-elle indiqué.  Tenant fermement cet objet, elle est  même tombée et s’en est tirée avec des plaies à l’épaule, aux genoux…

Comme elle criait, les badauds sont arrivés sur les lieux et les deux passagers en ont profité pour s’évanouir dans la nature. 

 Quant au «wewa», a précisé cette demoiselle, il l’a regardée et a même manœuvré pour fuir.

Mulunda, son cousin appelé comme renseignant, a abondé dans le même sens, ajoutant qu’après la fuite de deux passagers, le prévenu a été maîtrisé et conduit au container de la Police.

Le «wewa»  a dit aux juges  avoir embarqué les deux clients à la hauteur du  boulevard Kimbuta  pour les laisser sur la rue Mosamba, à Ndjili. Comme il y avait une flaque d’eau à la hauteur du CS Elikya, il fallait qu’il s’arrête un peu. A un moment donné, sa moto est tombée à terre.

            «Pourquoi avez-vous ralenti quand vous êtes arrivé près de Mujinga et son cousin Mulunda» ?

«Vous avez affirmé au Parquet que l’un des passagers se nomme Bourgeois et comment l’avez-vous su ?»

«Est-il normal qu’un wewa ignore ce que mijote un de ses passagers ?»

            L’incriminé a répété qu’il n’a pas des liens particuliers avec les  deux passagers.

            L’organe de la loi a, dans son réquisitoire, relevé la mauvaise foi du conducteur de moto. Si la victime n’était pas pratiquante d’arts martiaux, elle aurait laissé son précieux  sac aux mains d’un des délinquants.  Comme preuves du « forfait », il a montré du doigt la moto de Titi amenée dans la salle d’audience, les aveux du «wewa» au Parquet, le témoignage du cousin de Mujinga et  la déclaration de la victime. Il a ordonné la saisie de la moto du prévenu et que cet engin soit mis à la disposition de la justice pour des raisons évidentes. Enfin, il a  requis 20 ans de SPP à l’endroit du wewa.

            Me Mwange, un des avocats du prévenu a suggéré aux juges de se déporter sur le lieu de l’incident  pour être fixés. Ensuite, il a fait observer que la partie civile n’a pas versé les frais de consignation.  Par après, il a relevé la difficulté qu’a éprouvée  l’organe de la loi pour dire  ce que son client a fait.

Il a fait ressortir le caractère individuel de l’infraction et clamé l’innocence de leur client.

            Il  a rappelé les propos de la victime qui a épinglé un des passagers comme auteur de la tentative de vol et non Titi. Il s’est dit étonné que le fameux sac  ne soit pas amené à l’audience et demandé aux juges de dire non établie en fait comme en droit l’infraction de vol avec violence.

            Ne pouvant retenir leur émotion, les proches du prévenu ont fondu en larmes au prononcé du réquisitoire.

 Certains avocats présents dans la salle ont commenté à leur manière ce réquisitoire, impatients de connaître le verdict des juges.

                   JPN

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