La Tribune de Claudel Lubaya : «Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux»

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Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux», dit l’Ecclésiaste. Et pour l’actuelle mouvance présidentielle, ce temps n’est plus loin, il est proche, il est enfin arrivé. L’heure du départ a sonné et tous, contraints par la force irréversible des choses, se préparent à ce grand rendez-vous, en dépit de l’embellie de façade.

Après avoir imposé la terreur au pays et à ses habitants, restreint
les libertés publiques et individuelles, jeté les opposants en prison
et contraint d’autres à l’exil, après avoir interdit les
manifestations publiques, réprimé dans le sang plusieurs marches
pacifiques, après avoir commandité des assassinats ciblés, dissimulé
des cadavres (Fidèle Bazana, Armand Tungulu, etc), après avoir
perpétré des massacres qui ont endeuillé et ensanglanté la nation,
creusé des fosses communes, après avoir pris en otage des cadavres et
privé les familles des obsèques des leurs décédés, après avoir bradé
et pillé les ressources naturelles, instauré une gouvernance sur fond
de scandales économico-financiers à répétition (Panama papers,
passeport gate, Lumumba papers, Gécamines, contrats chinois, etc),
après avoir érigé la violation de la constitution et des lois de la
République en mode de gouvernement, caporalisé les institutions et
instrumentalisé la justice, après avoir maintenu le pays sous tension
permanente, après avoir signé, violé et falsifié l’Accord de la Saint
Sylvestre et l’arrangement particulier, après avoir conservé et
confisqué le pouvoir au-delà du délai constitutionnel, après avoir,
après avoir, … «biliaki bango bikoki», la majorité présidentielle vit
à présent, sous assistance respiratoire, ses derniers instants, sans
espoir de survivre à la déflagration qui l’attend et qui sera causée
par un bout de phrase tant attendu de son actuelle, future ex autorité
morale à savoir : «voici mon dauphin, je ne serai pas candidat».
Plus que jamais, la désignation du dauphin est un moment de vérité
pour la famille politique à laquelle appartient le Président sortant.
En Angola voisin, Dos Santos l’avait fait et on connaît la suite. A
Kinshasa, son tour. Longtemps mystifiée et éludée, elle devra
intervenir incessamment et non sans conséquence. Chaque poisson du
fleuve MP rêve d’être mué en dauphin, pourtant ils sont nombreux et il
n’en faut qu’un. D’où l’équation : qui choisir et qui ne pas choisir,
quand on sait que personne n’est prêt à soutenir celui qui sera
l’heureux élu, si ce n’est lui-même. C’est cette équation qui retarde
l’annonce et justifie le report du discours au Congrès du parlement.
«Mais mûr ou pas mûr, face à l’ouragan de l’histoire, le fruit finit
par tomber», disait l’autre. Il en est de même pour la majorité
présidentielle qui devra accepter cette évidence en désignant son
dauphin, à quelques mois des élections. Et aussitôt fait, ça va se
disloquer, c’est sûr, parce qu’il y a un temps pour tout, sous le
soleil. L’acte lui-même n’est ni historique ni héroïque. C’est un fait
banal en soi, mais une décision difficile à prendre quand on a
privatisé l’État et exercé le pouvoir par défi.
Il est temps de lâcher, et comme pour paraphraser le livre de Genèse,
«il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour». Et
ce jour arrive, il est proche. En attendant, je lève les yeux vers le
palais de la nation, d’où viendra la détonation qui fera imploser la
majorité présidentielle. Et le glas aura sonné. Définitivement.

Claudel André Lubaya
Président de l’UDA

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