Travaux de 100 jours : la rigueur de la loi était nécessaire

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Annoncés avec pompe en mars 2019, les travaux de 100 jours du Chef de l’Etat ont connu des fortunes diverses à travers la République. S’ils ont enregistré un début d’exécution dans la capitale Kinshasa, ils ont au contraire servi à l’enrichissement sans cause de certaines personnalités impliquées dans leur réalisation, particulièrement pour les œuvres programmées dans l’arrière-pays.

            Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur le volet routes qui devait être accompli par le Foner (Fonds d’entretien routier) dans deux zones géographiques du pays, le Kasaï et le Kivu. Où, un an après l’octroi des marchés, rien mais alors absolument rien n’a été entrepris. Les entrepreneurs concernés sont restés dans la logique de la règle bien connue de ROI c’est-à-dire la République des Œuvres Inachevées qui caractérise notre pays depuis les années Mobutu. La même règle a été appliquée avec cynisme à Kinshasa où les sauts de mouton destinés à désengorger la circulation routière ont été transformés en foyers d’expression de la colère et la frustration des usagers de la route.

            Il a fallu une réaction vigoureuse de l’initiateur du Programme de 100 jours pour que les choses changent. Il a fallu surtout le recours à la justice pour que les lignes bougent et redonnent de la vie aux différents chantiers qui semblaient engagés sur la route de la mort.

            Placés devant leurs responsabilités, les entrepreneurs ont pris des engagements fermes vis-à-vis de l’Etat et on constate, à la veille du deadline, que les travaux prennent partout la bonne direction, sauf pour les entreprises dont les dirigeants sont encore en détention ou pour cette autre affaire qui attend l’enfermement du ministre national de la Formation professionnelle pour être élucidée.

Si vous faites aujourd’hui un tour à l’ex-rond-point Mandela, au croisement du Boulevard du 30 Juin et de l’avenue de la Libération, vous constaterez qu’on met l’ultime touche aux travaux qui sont pratiquement finis. A Binza-Pompage où tout était terminé depuis longtemps, l’ouvrage qui semblait livré au vagabondage a retrouvé de la vie avec le démarrage des travaux d’assainissement des voies d’accès. Une excellente nouvelle car la livraison de l’ouvrage sans ces voies d’accès était un non-sens.

            A côté de ces deux sauts de moutons (Mandela et Pompage), il y a ceux du Boulevard Lumumba (Debonhomme, Liberté et Pascal), de Nyangwe à Lingwala et de Socimat qui ont aussi engagé une véritable course contre la montre, en prenant bien soin de conjuguer le travail bien fait et la sécurité des ouvrages. Car il ne suffit pas d’achever les travaux, mais encore faut-il que ceux-ci soient réalisés selon les normes.

            L’élément respect des normes revêt une grande importance car dans notre pays, de nombreux travaux ont généralement été mal faits. Ils ne résistent ni au temps ni aux intempéries. Pour preuve, les avenues Gambela, Université etc ont disparu des radars quelques mois après la réception des travaux par des techniciens généralement complaisants, plus préoccupés par leurs rétrocommissions que par la qualité des ouvrages.

            Comme on le voit, Fatshi a eu raison d’ordonner une enquête sur l’utilisation des fonds alloués à l’exécution des travaux de cent jours. L’œuvre de salubrité publique entreprise par la justice doit se poursuivre et permettre la récupération de tous les fonds enfouis dans les poches des personnes indélicates, pour ne pas dire malfaisantes, qui tiennent un discours militant le jour tout en passant leurs nuits à vider les caisses de l’Etat. Ce message est valable pour tous les ministres et tous les mandataires publics. La République a été trop pillée et il est temps que cela cesse.     L.P.

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