Traque des groupes armés : la Monusco a son propre agenda

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A la faveur de la conférence de presse bi mensuelle d’hier mercredi 21 avril 2021  de la Monusco qui s’est tenue à la concession UtexAfrica, le porte- parole  de la Monusco, Matthias  Gillmann  est revenu sur les tensions qui ont lieu à Beni, Goma…. depuis un mois.

Le communicateur onusien  a fait état de la poursuite du travail politique et du plaidoyer que mène Bintou Keita ici à Kinshasa, peu après son récent séjour à Beni. En rapport avec la situation qui prévaut au Nord Kivu, la cheffe de la Monusco, a souligné la nécessité  d’un  réel engagement public de tous les acteurs politiques concernés de près ou de loin à la guerre de l’Est pour réduire les tensions y compris les violences communautaires qui se sont manifestées dans le contexte de ces tensions en particulier à Goma, a indiqué le porte-parole onusien.

            Bintou Keita note également, a précisé Gillmann, qu’un rôle positif des politiques de tous bords est essentiel pour régler le problème de l’Est. Les efforts des politiques couplés au travail  militaire vont permettre aux FARDC de venir à bout des groupes armés locaux et étrangers.

            Matthias Gillmann a ajouté plus loin  que la Monusco  poursuit ces derniers jours ses engagements politiques  avec les groupes de pression et les acteurs sociaux en vue de maintenir le dialogue dans le contexte des tensions persistantes sur terrain….. Et  des séances de sensibilisation menées auprès des principaux leaders d’opinion  de Goma pour discuter de la situation sécuritaire à Goma, y compris des violences communautaires.

            Echangeant  avec les médias à partir de Goma, le commandant de la Force de la Monusco par intérim, le général de division Thierry Lion est revenu sur les missions de la Monusco et fait état de la présence de 120 groupes armés en RDC et  de  20 millions des gens qui  vivent à l’Est. Il y a 12000 Casques Bleus en RDC et un soldat onusien est censé protéger 1500 civils, a –t-il signalé.

            Paraphrasant le ministre de la Défense qui est intervenu le week end passé dans une radio, il a affirmé que les FARDC souffrent d’un déficit de capacité logistique et d’équipements  que la force onusienne tente de combler.

            Dans la foulée, il a parlé du soutien opérationnel  (cas des drones) apporté régulièrement aux forces loyalistes. Cet appui a contribué à la reprise par exemple de Lose et d’autres contrées tenues par les ADF, la Codeco….

            Fair-play oblige, le galonné onusien a reconnu que les Congolais attendent beaucoup plus d’engagement de la Monusco contre les ADF qui, selon  Lion, bénéficient des soutiens de tous genres, y compris celui d’agents de renseignement.

            Les ADF dispersés dans la jungle depuis 2019, s’ingénient à semer le doute entre la population et les forces de l’ordre.  Ces terroristes se servent de l’activisme des groupes de pression  manipulés parfois par des tireurs des ficelles  pour susciter des tensions.

            Lors des échanges, les médias  ont fait savoir que si la force de maintien de paix avait appuyé efficacement les FARDC en logistique et stratégie militaire appropriée, ces derniers auraient déjà bouté loin du pays les groupes armés qui écument l’Est de la RDC. Ils se sont demandés pourquoi les galonnés onusiens veulent faire désormais plus de battage médiatique et ont voulu avoir  de plus amples détails sur les prochaines offensives des FARDC et la Monusco contre les groupes armés.

            Reprenant la  parole, le commandant par intérim de la force onusienne a expliqué que la guerre livrée contre le M 23 était classique. Présentement, on a affaire à une guerre asymétrique et les ADF jouent au chat et à la souris.

           Quant au départ de la Monusco  sollicité par certains Congolais, cela relève de la volonté des officiels Congolais et du Conseil de sécurité des Nations Unies, a-t –il  rappelé.

Il a affirmé plus loin que les militaires d’habitude ne communiquent pas. Néanmoins, ils ont compris la nécessité d’être désormais très communicatifs. En outre, la langue constitue l’élément de blocage, car plusieurs agents onusiens ne s’expriment pas en langue de Voltaire. Par ailleurs, il ne peut se permettre d’être précis sur les données liées aux prochains combats des FARDC contre les terroristes.

            Réagissant à la question sur l’appui intégral censé bénéficier les FARDC de la part des Casques Bleus pour éradiquer la violence en RDC, Thierry Lion a affirmé que cela relève de la responsabilité du gouvernement congolais. Les Casques Bleus par les Nations Unies font ce qu’ils peuvent faire pour dépanner les forces loyalistes à mieux se tirer d’affaire.

            Jean-Pierre Nkutu

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