TRAQUE DES FDLR : BRAS-DE-FER ENTRE KINSHASA ET L’ONU, Une nouvelle affaire Bosco Ntaganda !

0
153

kabila à l'onuC’est presque à un jeu de ping-pong que l’on assiste depuis le week-end dernier entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et la Monusco au sujet de l’affaire de la traque des Fdlr. Aussitôt que la force onusienne en RDC déclarait avoir suspendu son assistance aux FARDC dans ces opérations de traque contre les FDLR, Kinshasa répliquait par la voix la plus autorisée pour rappeler à l’ordre les ambassadeurs des puissances occidentales accréditées en RDC au sujet des principes fondamentaux de la souveraineté internationale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat tiers. Sur un ton ferme et sans appel, le président Joseph Kabila venait de renoncer le plus officiellement du monde au soutien de la Monusco dans les opérations de désarmement forcé des FDLR déclenchées officiellement le jeudi 29 janvier dernier.

La goutte qui a fait déborder le vase et que Kinshasa n’a pas apprécié serait la réclamation faite par la Monusco de voir deux généraux, à savoir Bruno Mandevu et Fall Sikabwe écartés de la chaine de commandement des troupes engagées dans ces opérations de traque contre les FDLR pour avoir été impliqués dans des violations des droits de l’homme dans les territoires de l’Est. A ce sujet, des lettres portant la signature de Martin Köbler, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, avaient été adressées aux plus hautes autorités politiques du pays. Afin que nul n’en ignore, a-t-on dit.

Elément de stabilisation de la paix à l’Est

La toute première crise entre Kinshasa et la communauté internationale remonte au mois de mars 2009 lors des cérémonies d’intégration des éléments du CNDP dans les FARDC qui se déroulaient à Bunagana, une localité de Rutshuru juste aux frontières entre l’Ouganda, le Rwanda et la RDC. Dès la présentation du général de brigade Bosco Ntaganda, tous les représentants des puissances occidentales et des Nations-Unies quittèrent la tribune des invités de marque en signe de protestation contre la présence de cet officier recherché par un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale. Les cérémonies se poursuivirent sous le commandement du patriarche Charles Mwando Nsimba alors vice-premier ministre en charge de la Défense entouré des principaux généraux de l’Etat-Major général des FARDC, du ministre Raymond Tshibanda de la Coopération Internationale et Régionale, du Gouverneur Julien Paluku de la Province du Nord-Kivu et d’autres officiels de Kinshasa.
Pour rappel, Bosco Ntaganda avait été récupéré par Kinshasa à la suite de l’accord de Paix signé à l’issue des négociations Amani Leo à Goma en 2009 pour mettre fin à la guerre entre le CNDP de L. Nkunda et les FARDC. Bosco Ntaganda réintégra après les FARDC avec le grade de général de brigade.

Approché à ce sujet, les autorités congolaises indiquèrent que le général de brigade Bosco Ntaganda constituait une garantie pour la stabilisation de la Paix dans cette partie du territoire congolais. Elles évoquèrent aussi le principe de la souveraineté de la RDC et condamnerent l’ingérence dans les affaires internes de notre pays. Pratiquement la même rhétorique que Joseph Kabila vient d’administrer aux ambassadeurs de ces puissances occidentales au sujet de la demande formulée par la Monusco de voir écartés les généraux de brigade Fall Sikabwe et Bruno Mandevu de la chaiîne de commandement des troupes des FARDC engagées dans les opérations de traque contre les FDLR.

La thèse de la stabilisation de la paix dans la province du Nord Kivu tomba en désuétude lorsque le même homme s’afficha comme chef suprême du M23. Bien avant, Bosco Ntaganda fut mêlé à un trafic illicite et illégal des matières précieuses. Notamment la vente de 450 Kgrs d’Or à des hommes d’affaires nigérians au prix de six millions de dollars Us.

Après la débâcle du M23, la Cour Pénale Internationale lança un autre mandat d’arrêt à charge de cet homme en indiquant qu’il était né au Rwanda des parents rwandais. Probablement traqué et craignant pour sa vie, il parvint à se réfugier à l’Ambassade des USA à Kigali qui le livra à la CPI. Où il est en détention préventive en attendant l’ouverture de son procès. Voilà autant d’éléments de similitude avec le cas de ces deux officiers généraux de brigade indésirables.

Pour de nombreux observateurs, l’armée congolaise compte plus de 150 généraux. Faut-il hypothéquer les chances d’une paix durable dans le pays et la sous-région la paix à cause de deux généraux ? En tout état de cause, Kinshasa se trouve à présent devant un terrible challenge : ne pas échouer dans la traque des rebelles rwandais dont la présence sur le territoire national permet à Kigali de justifier ses agressions répétitives contre la RDCongo, le pillage ininterrompu de nos ressources et le massacre insoutenable des populations de l’Est. Dans la question sous examen, ce qui est en jeu c’est l’intérêt supérieur de la Nation. L’avenir nous dira si la solution choisie préservé celui-ci.

F.M.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •