Transport en commun : si le peuple n’est pas écouté…

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En dépit des mesures d’allègement annoncées par le Gouvernement central, l’Hôtel de Ville de Kinshasa et la Société Nationale d’Assurances et portant suspension des contrôles de la police d’assurance et de la vignette, la grève des transporteurs privés a connu une douloureuse prolongation hier mardi 22 mai 2012 pour la population de la capitale. Celle-ci a dû subir, encore une fois, les rigueurs de la réduction drastique des véhicules commis au transport en commun. 
Pour pallier la carence, les firmes paraétatiques STUC et City Train ont dû puiser dans leur petite réserve de bus pour tenter de tempérer les effets de la grève des privés. L’apparition brutale de ces mastodontes des routes kinoises a confirmé la détresse des pouvoirs publics face à la crise des moyens de transport en commun à Kinshasa.
La paralysie totale de la capitale le lundi et partielle le mardi constitue une interpellation pour les gouvernants, les responsables de la Sonas, de la Police de Circulation Routière, de la Police Nationale Congolaise et du ministère des Transports et Voies de Communication, qui pensaient faire marcher les transporteurs privés à coups d’arrêtés, de mesures administratives, de pénalités financières et même de matraques.
Le petit peuple du monde du transport en commun, saigné à blanc par les taxes administratives et les tracasseries policières, a exprimé à sa manière son ras le bol, en recourant à une arme pacifique, à savoir la grève, qui a produit l’effet escompté : la panique du côté des décideurs. Connaissant désormais les défauts de la cuirasse, les grévistes de lundi et mardi ne vont certainement pas hésiter à exhumer cette arme favorite si les tracasseries policières reviennent en force et s’il n’y a toujours pas de transparence dans la gestion des recettes de souscription de la police d’assurance et d’achat de la vignette.
Les gestionnaires du transport en commun sont ainsi avertis. Ils doivent résolument se mettre à l’écoute de la majorité silencieuse et apporter à ses attentes des réponses en rapport avec son vécu quotidien.
Que veut le peuple ? A tout prendre, il veut que le secteur du transport en commun soit tiré du terrorisme administratif et policier. L’image du policier de « roulage » ayant continuellement la main tendue est révélatrice de la gangrène de la corruption qui ronge le secteur. Quand les « robots » agitent la matraque, ce n’est pas pour remettre de l’ordre dans la circulation routière mais pour se faire du beurre au soleil.
Pour ce qui est de la police d’assurance, les souscripteurs continuent d’être gagnés par le sentiment que la Sonas ne leur renvoie pas l’ascenseur en temps réel. De même, les transporteurs privés se demandent si les fonds collectés par l’administration fiscale au titre de la vignette concourent au financement des projets d’intérêt public. L’état actuel de la voirie urbaine fait douter d’une telle option.
La « révolution des 2007 » est là. Elle appelle une lecture correcte de la part des pouvoirs publics, qui brillent par la multiplicité des taxes sur les exploitants privés du transport en commun, alors qu’ils se montrent, depuis des décennies, incapables de casser leur monopole. Ce qui est arrivé lundi et mardi à des millions de Kinoises et Kinois va-t-il servir de détonateur pour relancer City Train, Stuc, SCTP (ex-Onatra), etc ? Si les hommes et les femmes chargés de la gouvernance de la « Cité » n’arrivent pas à bien capter le message des transporteurs privés et à réorganiser le transport en commun dans le meilleur délai, de nouvelles « villes mortes » de fait sont à craindre à Kinshasa.
 
Kimp
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