Transport en commun au Kasai Central : vélos et taxis motos au top

0
162

Habitué aux excentricités des wewa ou conducteurs des taxis motos, le kinois qui débarque à Kananga sera probablement surpris en voyant des manseba( noms collés aux conducteurs des taxis motos au Kasai)  disciplinés sur les artères et avenues du chef lieu de la province du Kasai Central et dans d’autres coins de cette entité.

Tôt le matin,  ces manseba  sont déjà en activité  transportant  écoliers,  fonctionnaires, marchands, étudiants, chômeurs ou autres personnes  d’un coin à l’autre de la ville. Apparemment tout se passe bien.  Naturellement, à mesure qu’on s’éloigne de Kananga, on les voit en petit nombre sur les routes. Les motos aperçues pendant notre bref séjour à Kananga sont généralement de qualité acceptable.

            Le prix d’une course intercommunale (de Nganza à Katoka , de Kananga à Nganza….)  est  de 1000 francs. Ce  prix n’est pas statique et est revu à la hausse si la distance parcourue est réellement grande. Certains  « khadafis vendeurs informels de carburant » de Kananga vendent un litre d’essence  à 2800 francs

            Dans une province  où il n’y a pas un moyen de transport en commun,  les taxis motos rendent de grands services à la population.

            L’autre moyen de locomotion  des kanangais et certainement le plus visible  est le vélo. De passage à Kananga la semaine passée, le Phare a vu de braves pères de famille enfourcher leurs bécanes pour rentrer chez eux après une journée de dur labeur. D’autres jeunes gens utilisent ce moyen de transport pour faire leurs courses.

Les événements malheureux survenus dans une grande partie de l’ex Grand Kasai ces dernières années  ont appauvri davantage une population déjà soumise à de nombreux défis.          

A mesure qu’on s’éloigne de la commune et ville de  Kananga, on est frappé par des images insoutenables qui s’offrent aux visiteurs de passage dans cette partie de l’ex Grand Kasai.

 Les images des  gamins et adolescents aux visages ravagés par la douleur, des trentenaires et même des septuagénaires  tenant leurs vélos d’une main et  qui  s’échinent à transporter des sacs de braises, du mais ou d’autres produits vivriers. Les « cyclistes » aperçus lors de notre « randonnée » au Kasai Central font souvent fi de la quantité des marchandises à placer sur le siège de leurs bécanes.  Plusieurs vélos vus là bas devraient être gardés dans un musée.  On a vu des  vélos rouler pendant plusieurs heures avec des roues soutenues par des morceaux d’habits. Ce  décor est quasiment identique  à Dibaya, Lwiza, Dimbelenge…. mais aussi au Kasai Oriental et  au Kasai. 

 Tenant son précieux vélo de la main droite tout en faisant un effort surhumain pour le faire avancer en raison du poids des denrées agricoles, le pauvre « cycliste » est appelé à jongler avec les aspérités de la route, les érosions, le caractère particulier des routes du Kasai. Ou encore faire face à la canicule et autres intempéries, la présence des bandits ou des miliciens de Kamwina Nsapu…..

Si la situation parait relativement tenable pendant la saison sèche, l’équation devient intenable en saison pluvieuse.

            On peut  deviner le calvaire qu’endurent les personnes appelées à parcourir de distances allant d’un territoire à un autre de l’ex Grand Kasai.

Il est clair  que la quasi-totalité des gouverneurs  de l’ex Kasai Occidental se sont désintéressés du problème des routes.

            Le prochain gouverneur du Kasai Central a intérêt à s’intéresser de très près à ce dossier.

          Jean-Pierre Nkutu

  • 4
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •