Transport aérien : Congo Airways ou Air Congo, la confusion !

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Plus d’un compatriote a tiqué, en entendant le ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Cherubin Okenda, faire état de la création imminente d’une nouvelle compagnie aérienne nationale dénommée « Air Congo ». C’était à son retour, le week-end dernier, d’une mission au siège d’Ethiopian Airlines, à Addis-Abeba, où il dit avoir négocié la livraison de 7 aéronefs au bénéfice de la nouvelle société.

Selon ce membre du gouvernement, la vision du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, est que la République Démocratique du Congo retrouve sa grandeur et sa fierté dans le secteur du transport aérien, comme à l’époque du « Léopard volant », qui alignait la plus importante flotte en Afrique. Cherubin Okende soutient que les dimensions continentales du pays lui imposent de disposer d’au moins deux compagnies aériennes. Et de rappeler, à l’occasion, le palmarès de la défunte Air Congo, rebaptisée Air Zaire puis LAC (Lignes Aériennes Congolaises), aujourd’hui en liquidation.

         L’idée de création d’une seconde compagnie aérienne nationale, au moment où la première, Congo Airways, peine à relancer ses activités, après avoir frôlé la faillite, est difficile à comprendre. Alors que le même ministre, venait de négocier, pour le compte de cette société, quatre avions auprès de Kenya Airways et sept auprès d’Ethiopian, pour en faire progressivement un grand transporteur, l’idéal serait de renforcer davantage sa flotte plutôt que de prendre le risque de créer une nouvelle compagnie aérienne.

         Compte tenu des contraintes d’exploitation du trafic aérien au pays comme sur le continent, surtout de la triste expérience de la faillite de LAC, le gouvernement congolais ferait œuvre utile en n’évitant de gaspiller les moyens financiers à un stade où rien ne garantit ni la survie d’Air Congo, ni celle de Congo Airways. En clair, au lieu de négocier 7 aéronefs en faveur d’une nouvelle compagnie aérienne nationale, il serait plus pratique de les verser dans la flotte – nous insistons – encore naissante et précaire de Congo Airways. La faillite des compagnies aériennes congolaises dans le passé étaient provoquée non seulement par la mégestion mais aussi et surtout par la précipitation dans des décisions mùalm réfléchies.

En son temps, l’ex-Congo et l’ex-Zaïre ont connu des heures de gloire avec Air Congo puis Air Zaïre avec une seule compagnie aérienne nationale. A l’époque, le pays avait toujours ses dimensions continentales.

         Lorsque l’on jette un regard circulaire sur la carte africaine du transport aérien, on se rend compte que l’Ethiopie a bâti sa toile avec une seule compagnie nationale, Ethiopian Airlines, aujourd’hui cotée comme la première flotte africaine. C’est pareil pour le Kenya avec Kenya Airways, le Maroc avec Air Maroc, l’Afrique du Sud avec SAA (South Africa Airways), le Rwanda avec RwandAir, l’Egypte avec Egyptair… pour ne citer que ces quelques fleurons de l’aviation civile en Afrique.

Par conséquent, la RDC n’a pas besoin d’une seconde compagnie aérienne, en cette difficile conjoncture économique, pour faire concurrence aux compagnies aériennes de premier plan en Afrique. Le gouvernement congolais devrait faire un choix, par ces temps de conjoncture économique fort capricieuse, entre Congo Airways et Air Congo et non les deux à la fois. Si les décideurs politiques ont vraiment la nostalgie d’Air Congo et estiment qu’il s’agit d’un label porte-bonheur, ils n’ont qu’à débaptiser Congo Airways. L’exercice ne serait pas si compliqué que la mise sur pied d’une nouvelle compagnie aérienne nationale.

                                                                 Kimp

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