Transition sans Joseph Kabila : voici le schéma-joker de Chérubin Okende !

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A l’heure où toutes les forces politiques respectueuses de la
Constitution et attachées à l’alternance démocratique deviennent
unanimes quant à l’option d’une transition sans Joseph Kabila, peu
d’acteurs, sinon personne n’en a jusque-là donné une formule concrète
et cohérente.

Le Front Républicain des Centristes est sdorti du lot à l’occasion
d’une déclaration politique rendue publique ce mardi 17 octobre 2017
par Chérubin Okende, Coordonnateur de ce regroupement politique. Les
Centristes fustigent et rejettent en bloc le délai de 504 jours
préconisés par la CENI pour la tenue des élections qu’ils qualifient
de proposition fallacieuse et dangereuse. Ils accusent Corneille
Nangaa de haute trahison.
Pour le Front Républicain des Centristes, toutes les institutions à
mandat électif, devenues illégitimes, se maintiennent au pouvoir par
la fraude à la Constitution et confisquent la souveraineté du peuple
en contournant l’organisation des élections.
Le schéma de Chérubin Okende comporte deux séquences intégrées pour
que le Peuple fasse échec aux pouvoirs exercés par ces institutions
illégitimes. Dans un premier temps, le Peuple est appelé, en vertu de
l’article 27 de la Constitution, à adresser une pétition au président
de la République sortant, Joseph Kabila, lui exigeant de faire preuve
de loyauté envers la République en démissionnant au plus tard le 04
décembre prochain à l’occasion de sa traditionnelle adresse sur l’état
de la nation car, il a failli à ses responsabilités
constitutionnelles au regard des dispositions de l’article 69 de la
Constitution et exerce le pouvoir par la fraude aux articles 70 et 73
de celle-ci. Les Députés et Sénateurs sont également accusés de se
maintenir au pouvoir par la fraude aux articles 103 et 105 de la Loi
fondamentale et de se complaire dans la jouissance des émoluments sans
se soucier du Peuple. Il leur est demandé de  mettre fin à cette
forfaiture contre la démocratie en démissionnant. Dans tous les cas,
que les membres de ces institutions illégitimes acceptent de
démissionner ou pas, le Front Républicain des Centristes exhorte le
Peuple à proclamer un régime d’exception à partir du 1er janvier 2018
en vertu de l’article 64 de la Constitution.
En effet, devant un système constitutionnel malmené par le régime en
place, la seconde séquence de ce schéma préconise un régime
d’exception visant à réhabiliter l’ordre républicain de la
Constitution du 18 février 2006 après une courte période intérimaire
de cent quatre-vingt jours sans Joseph Kabila, sans les Députés et
Sénateurs illégitimes, sans le CNSA, la CENI et le gouvernement dans
leurs configurations actuelles. Ce régime prévoit une architecture
circonstanciée et adaptée à une conjoncture exceptionnelle pour ne pas
énerver la Constitution :
a. Un Président de la République intérimaire : personnalité apolitique
et crédible, prenant l’engagement de ne pas se présenter aux
élections, de ne rien entreprendre dans le sens d’influencer le
processus électoral et rassurant de tout mettre en œuvre pour la
préservation de la souveraineté nationale et de l’intégrité
territoriale de la République Démocratique du Congo ;
b. Un Haut-Conseil de la République, parlement intérimaire
monocaméral, composé de cinquante-deux membres dont vingt-six
représentants des provinces, désignés par les forces-vives de chaque
province et par les organisations socioprofessionnelles
traditionnelles;
c. Un gouvernement  central intérimaire de vingt-six membres désignés
par les organisations socioprofessionnelles traditionnelles, ayant
comme mission primordiale d’assumer la décrispation politique, la paix
et la sécurité des populations ainsi que le financement du processus
électoral et l’amélioration des conditions de vie et de travail des
salariés, agents et fonctionnaires de l’Etat;
d. Des gouvernements provinciaux intérimaires de six membres au
maximum dirigés par des officiers militaires dont la loyauté
républicaine n’est pas sujette à caution;
e. Un comité international d’accompagnement de la période provisoire à
instituer par le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour veiller à
l’application effective des mesures de décrispation politique et pour
appuyer l’accompagnement logistique et financier du processus
électoral ;
f. Un Bureau de la CENI dont les membres seront à désigner par les
Confessions religieuses ;
g. Tous les animateurs de ces institutions provisoires devront
s’engager à travailler avec abnégation et à ne pas se présenter aux
prochaines élections ;
h. Les parties prenantes à la dynamique de la « Transition sans Joseph
Kabila » fixeront, par consensus, les mécanismes de la mise en place
de ces institutions intérimaires.
Enfin, Chérubin Okende et le Front Républicain des Centristes lancent
un appel pathétique à toutes les Forces-Vives de la nation
(Confessions religieuses, Syndicats, Corporations des jeunes,
Mouvements citoyens, Ordres professionnels, associations sportives et
culturelles, partis et regroupements politiques) respectueuses de la
Constitution et attachées à l’alternance démocratique à concrétiser le
front commun pour la « Transition sans Joseph Kabila » et à agir à
l’unisson pour la mobilisation du Peuple à se prendre effectivement en
charge en vertu de l’article 64 de la Constitution et pour la
sensibilisation de la communauté internationale en vue de
l’accompagnement de ce régime d’exception.
Ya Ebende (CP)

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