Transformées, plusieurs entreprises publiques sont encore des canards boiteux

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thomas luhakaLe Vice-premier ministre et ministre des PT-NTIC, Thomas Luhaka, a procédé, hier jeudi à Romeo Golf, à l’ouverture des travaux de l’atelier sur la réforme des entreprises publiques. Il s’agit, en effet, d’un séminaire destiné à poser des bases en vue de passer à la 2ème phase de la mutation des entreprises du Portefeuille de l’Etat en sociétés commerciales, le processus ayant démarré en 2003 dans le cadre du projet compétitivité et développement du secteur privé géré par le COPIREP (Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques).

Quatre communications ont été faites à cette occasion, à savoir le mot de bienvenue du Secrétaire exécutif a.i. du Copirep, celui de circonstance du Directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC, l’allocution de la ministre du Portefeuille, et le discours d’ouverture officielle des travaux par le vice-premier ministre et
ministre des PT-NTIC.

« La réforme des entreprises du portefeuille de l’Etat est une œuvre passionnante, ardue et de longue haleine, dont les enjeux sont capitaux pour le devenir de toute une nation. Et comme dans tous les processus longs, il est utile de prendre une pause pour évaluer, réfléchir, et réorienter s’il y a lieu ». C’est par ces termes que le
Secrétaire exécutif a.i. du Copirep, Alex N’Kusu Ndongala, a circonscrit le cadre de la rencontre, à l’initiative de la ministre du Portefeuille, en invitant les participants à la réflexion pour dégager des recommandations susceptibles d’aider le gouvernement à parachever le processus de la réforme.

La contribution fiscale des entreprises au budget est faible

Après avoir rappelé la place des entreprises publiques qui occupent
les secteurs stratégiques pour le développement de la RDC – notamment
les transports, l’accès à l’électricité et à l’eau potable,
l’industrie minière – le Directeur des opérations de la Banque
mondiale pour qu’elles jouent mieux leur rôle, elles sont censées
justifier de bonnes performances au plan technique et financier. Voilà
les raisons de la réforme initiée par le gouvernement à travers son
organe technique qu’est le Copirep. Ce dernier s’était déployé pour
obtenir l’amélioration du cadre juridique approprié pour bien mener le
processus de transformation.
Après le lancement de la 1ère phase basée sur la stabilisation et le
redressement, le représentant de la BM note que la réforme opérée n’a
pas encore produit des résultats attendus. « Les réformes opérées
n’ont pas encore permis d’améliorer significativement les performances
des entreprises, ni de restaurer leur viabilisation financière. Les
entreprises continuent à constituer une charge sur le budget de l’Etat
et sur l’économie, au lieu d’agir comme un levier de croissance »,
dixit Moustapha Ndiaye qui renseigne que la contribution fiscale des
entreprises au budget de l’Etat est faible, voire négative. Leurs
recettes de participation au budget ne dépassent pas 2,1% ; alors que
dans les années 1960, elles contribuaient à plus de 40% au budget de
l’Etat.
Face à la situation, il a formulé le vœu de voir l’atelier se pencher
sur des questions fondamentales et stratégiques pouvant permettre à
l’Etat de jouer le rôle d’actionnaire, et la sélectivité dans les
investissements au regard de l’ampleur des défis à réaliser face aux
moyens limités.

Luhaka : «nos entreprises sont bâties sur le modèle colonial…»
Ouvrant les travaux, le vice-premier ministre Thomas Luhaka a tenu à
réitérer la volonté du gouvernement à mener à bien, et à son terme, le
processus de la réforme.
Soutenant que les entreprises du portefeuille restent encore sur le
modèle colonial qui ne répond plus aux normes modernes pour réaliser
une affaire commerciale ni une organisation de gestion d’une société,
il insiste sur la nécessité de leur transformation.
Analysant la situation sur le terrain, il n’a pas caché sa déception
quant à la manière dont la plupart des entreprises structurantes
fonctionnent. Le comité et le conseil d’administration ne travaillent
pas dans l’harmonie. « …si les directions générales des entreprises du
portefeuille doivent veiller à appliquer les options de réforme
décidées par le gouvernement dans leurs actes de gestion, les conseils
d’administration se doivent de s’en assurer et de recadrer le cas
échéant. Le constat est que tous assurent s’insérer dans la vision de
la réforme, mais très peu peuvent se prévaloir d’actes concrets et de
résultats dans ce sens », a-t-il déclaré.
Pour cela, il recommande que le présent séminaire soit celui de la
participation, la conjugaison d’idées sur la meilleure manière de
finaliser la réforme des entreprises publiques avec des échéances
pratiques, et non constituer un lieu de la contestation ou le
règlement des comptes entre participants.
Dom

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