«Toges Noires» dénonce l’assignation à résidence de Tshisekedi

0
63

Toges Noires, organisation de promotion et de défense des Droits de l’Homme et de développement Démocratique,  dénonce la mise en détention en résidence de M. Etienne TSHISEKEDI, chef de file de l’opposition congolaise et président de l’UDPS, par le pouvoir en place en RDC à titre de prisonnier politique.

En effet, suivant des éléments d’informations en sa possession et contrairement à ce qu’affirment les autorités ayant en charge la sécurité, il s’avère que  M. Etienne TSHISEKEDI, président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, est confiné dans sa résidence de Limete  depuis  le 23 décembre 2011, jour de sa prestation de serment en qualité de président de la République.  A ce jour, il est interdit de toute visite, il ne peut non plus quitter chez lui. Tous les accès menant vers sa résidence  demeurent bouclés par les éléments de la police et des forces de sécurité qui y ont érigé des barrières. Cette situation d’un quartier assiégé trouble donc la quiétude des paisibles citoyens habitants ce coin de la capitale, étant donné qu’ils sont soumis à une situation de psychose croissante et permanente, et  à des tracasseries de toutes sortes  du fait de la présence de ces éléments lourdement armés et qui ne font aucune concession.

L’on se rappellera qu’en date du 10 janvier 2012, une délégation des responsables  des ONG des droits de l’homme a été violemment interdite d’accès à la résidence de M. Etienne TSHISEKEDI par les éléments de la Police nationale congolaise alors qu’elle devrait être reçue par le leader de l’UDPS pour  échanger sur la crise  politique qui sévit actuellement au pays, à la suite des élections bâclées du 28 novembre dernier, dont les résultats continuent de souffrir des contestations venant de tous bords. Ces éléments de la Police nationale congolaise, caractérisés par une indiscipline inouïe à l’égard de leurs supérieurs trouvés sur le lieu, affirmaient que pour avoir accès à la résidence du leader de l’UDPS, il fallait avoir l’aval du commissaire général de la Police nationale congolaise, M. Charles BISENGIMANA.  A ce stade, il est clairement établi que M. Etienne TSHISEKEDI n’est plus libre de tout mouvement. Ainsi sa liberté se retrouve limitée par ce blocus qui lui est imposé sans un motif valable et fondé, d’autant plus qu’à chaque fois que les autorités congolaises interviennent dans les médias pour clarifier la situation, il ressort des explications plus ou moins évasives.

Au regard de la situation, TOGES NOIRES déplore la dérive totalitaire dans le chef du gouvernement congolais étant donné que depuis  la publication des résultats de l’élection présidentielle, le 09 décembre dernier, il s’est installé un régime de terreur en RDC d’autant plus que la liberté des manifestations publiques et la liberté d’expression pourtant garantie par la Constitution de la République et par divers instruments juridiques internationaux en matière des droits de l’Homme, sont de plus en plus limitées. Du coup, l’élan démocratique tel qu’amorcé en 2003 par le biais d’un large consensus, subit une entorse terrible aux risques incalculables.
De ce qui précède, TOGES NOIRES, en sa qualité d’organisation de promotion et de défense des droits humains et de développement démocratique,  fustige et dénonce cette mise en détention de M. Etienne TSHISEKEDI qui lors des dernières élections contestées avait récolté 32,3% des voix  derrière Joseph KABILA avec 48,95%, d’autant que cette situation constitue une menace sérieuse pour la démocratie.

Par conséquent, elle recommande ce qui suit :
– au Gouvernement, de lever sans délai tous les dispositifs policiers autour de la résidence de M. Etienne TSHISEKEDI et dans tout le quartier résidentiel de Limete assiégé en vue de permettre aux paisibles citoyens habitant ce quartier de vaquer librement et avec quiétude à leurs occupations;
– de garantir à M. Etienne TSHISEKEDI tous ses droits et libertés fondamentales tels que garantis par la Constitution et les instruments juridiques internationaux afin de lui permettre de jouir pleinement de sa liberté de mouvement et de recevoir qui il veut, et d’être visité par tous ceux et celles qui le désirent ;
– Aux acteurs politiques, de s’activer pleinement dans la dynamique de dialogue de concert avec la société civile en vue de sauver la jeune démocratie en danger ;
– A la communauté internationale, de s’abstenir de toute complaisance face à la situation des violations systématiques des droits de l’Homme qui prévaut actuellement en RDC et d’aider le peuple congolais dans sa démarche de la restauration de la démocratie.
– A la MONUSCO, d’assurer pleinement et d’une manière effective et efficace la protection des populations civiles conformément à la résolution 1991 du Conseil de sécurité.

Fait à Kinshasa, le 02 février 2012
TOGES NOIRES
JOSEPH SEKABO : Chargé de Communication
Téléphone : (243) (0)999923161

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*