Théâtre ou réalité : Des kabilistes tombent malades au même moment !

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Depuis que Jeanine Mabunda Lioko a été défenêstrée du bureau de l’Assemblée nationale le jeudi 10 décembre 2020, on assiste à une sorte de tsunami au sein du FCC (Forum Commun pour le Congo). Ses membres donnent l’impression d’être actuellement dans la logique du «souve-qui-peut». Pendant que les uns se précipitent à signer leur adhésion à l’Union Sacrée de la Nation, cette plate-forme politique appelée à traduire, cette nouvelle vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, en vue de matérialiser au mieux les programmes d’amélioration du vécu quotidien des Congolais, les autres sont en train de quitter le pays. La raison avancée par ceux qui sortent de la mère patrie est celle liée à l’urgence sanitaire.

         D’abord, il faut noter que l’Autorité morale du FCC, Joseph Kabila, était le tout premier à effectuer un déplacement en dehors de Kinshasa. Il avait quitté la capitale Kinshasa au lendemain de la déchéance de sa «protégée», Jeanine Mabunda, du perchoir de la chambre basse du parlement. Depuis lors, il n’a toujours pas regagné la capitale.

         On constate qu’au fur et à mesure que le FCC se vide, les caciques du régime Kabila achètent leurs billets pour sortir du pays. La plupart se déclarent malades et vont curieusement dans les pays où ils estiment recevoir des soins de santé appropriés.

         Dans ce cadre, on peut citer entre autres le cas du ministre d’Etat en charge de la Décentralisation, Azarias Ruberwa Manywa, qui avait quitté le pays pour la République Sud-africaine, à l’approche des festivités de fin d’année, au motif d’aller se faire soigner. Puis est venu le tour de Jeanine Mabunda de solliciter l’autorisation de sortie du Bureau d’âge de l’Assemblée nationale pour se rendre aux Emirats Arabes Unis pour la même raison :  se faire soigner. On rappelle qu’elle n’avait pas attendu la passation des pouvoirs entre son bureau sortant et celui d’âge qui lui a succédé. La dame de fer du FCC, par qui tous les coups fourrés devaient passer, a préféré échapper à cette cérémonie de remise et reprise qui paraissait pour elle comme une humiliation, au regard du rôle qu’on lui avait fait jouer par sa famille politique.

         Après les fêtes de Noël et de Bonne année, c’est le gouverneur de la province du Lualaba, Richard Mujej Mangez dont on apprendra en ce début de l’année 2021 qu’il a été évacué en urgence vers le pays de Nelson Mandela pour raison de santé. Et hier, Le Phare a appris que Nehemie Mwilanya, le coordinateur du FCC et «capitaine du navire qui est en train de prendre sérieusement de l’eau», vient à son tour d’écrire au Bureau d’âge pour solliciter l’autorisation de sortir de la RDC pour aller se faire soigner à l’étranger.

         Ce qui pousse à faire quelques observations.

Première observation : ces sorties interviennent au moment où la pandémie de coronavirus fait le plus de ravages en occident en Occident et en Afrique du Sud. Ce dernier pays vient d’ailleurs de fermer toutes ses frontières terrestres.

         Deuxième observation : En choisissant de se rendre dans les pays où la menace de contamination au Covid-19 est plus sérieuse qu’en République Démocratique du Congo, ces caciques kabilistes donnent l’impression que leur véritable motivation n’est pas d’ordre sanitaire.

         Par ailleurs, il faut admettre que toutes ces sorties répétitives constituent un terrible aveu de culpabilité de leur part. Après 18 ans de gestion de la République, ces kabilistes savent qu’ils n’ont pas doté le pays d’un système de santé digne. Ce même constat malheureux est perceptible dans tous les domaines de la vie nationale : éducation nationale, infrastructures aussi bien routières, aériennes, fluviales, lacustres que maritimes. Rien n’a été fait durant les 18 ans du règne de Joseph Kabila où ses lieutenants étaient seulement préoccupés par la course effrénée à l’enrichissement personnel et égoïste, au détriment de l’ensemble du peuple congolais.

         Cette situation qui paraît aussi bien curieuse que suspecte aux yeux des observateurs de voir les caciques du régime Kabila tomber malades en ce moment et chercher à aller se faire soigner là où le danger de coronavirus règne, suscite des interrogations. Sont-ils en train de fuir afin de soustraire à la justice ? Vont-ils pour comploter contre le pays? Ou sont-ils réellement malades et que des pathologies dont ils souffrent ne seraient pas possibles d’être prises en charge en République Démocratique du Congo ?

         Voilà quelques questions qui taraudent les esprits des Congolais qui suivent de près ces sorties bizarres ou mouvements inédits des caciques du clan Kabila vers l’étranger. La vérité ne tardera pas à être connue. Dom

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