TGI/Gombe : Airtel en procès contre son ancien Trésorier

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La société de télécommunication Airtel (ex-Celtel), après avoir été condamnée au niveau du Tribunal de Paix de la Gombe, dans le dossier inscrit sous RP 20.673, une affaire l’opposant à son ancien Trésorier Bahati Molisho Fanfa et consorts, est en appel au niveau du Tribunal de Grande Instance de la Gombe, sous RPA 18.343. Cette affaire, dont les plaidoiries sont annoncées pour le 12 avril 2011, tourne autour d’infractions de faux en écriture, usage de faux et abus de confiance.
Intervenant le premier au cours de l’audience du mardi 29 mars courant, l’avocat d’Airtel a rappelé qu’en sa qualité de Trésorier, le nommé Bahati était chargé, entre autres taches d’établir des chèques en faveur des fournisseurs de cette société. Remontant à la genèse du dossier, il a fait savoir qu’en date du 29 juillet 2008, Bahati avait rempli les chèques n°497.778 tiré sur la Banque Congolaise pour un montant de 393.549 dollars américains et n° 236.200, tiré de la Banque Internationale de Crédit (BIC) pour un montant de 584.513,91 dollars américains, pour le compte de la société Plessey DCR SPRL. Le même avocat a signale qu’à cette date, cette dernière société n’aurait pas mandaté son préposé habituel, le nommé Mayala Omar André, pour retirer des fonds.
Après avoir établi les chèques au nom de Mayala Matondo, qui était son complice dans la magouille, accuse l’avocat, Bahati aurait contacté un certain Baypon, qui l’aurait conduit auprès d’un certain Mpasi Mfumu, expert en imitation des signatures, pour parfaire le « crime ».
C’est le même Mpasi, selon l’avocat d’Airtel, qui aurait fabriqué une fausse carte de service de la société Plessey pour Mayala Matondo, qui s’était présenté à la Banque Congolaise et la BIC avec de fausses procurations portant de fausses signatures du Directeur financier d’Airtel, Jean-Luc Rhino, pour toucher les chèques.
La supercherie n’a été découverte que lorsque les deux banques ont refusé de payer les chèques présentés par la société Plessey.
Invité à son tour à la barre,  Bahati a soutenu que toutes les données relatives au paiement des chèques provenaient de la comptabilité d’Airtel. Son rôle à lui se limitait à établir les chèques en faveur des fournisseurs. Selon lui, avant l’arrivée du nouveau Directeur financier, Jean-Luc Rhino, tous les chèques étaient émis avec soubassement. Mais juste après, tout avait changé.
Lors d’un conseil qu’il aurait convoqué, il aurait demandé au Trésorier qu’il était de ne plus utiliser le soubassement pour ne pas se familiariser avec les clients et ainsi éviter la tricherie. C’est dans le cadre de cette mesure, a insisté Bahati, qu’il avait établi les chèques en faveur de Mayala Matondo, qui prétendait avoir été recommandé par la société Plessey. L’ex Trésorier a fait remarquer que ne connaissant pas l’un et l’autre, il lui était impossible de faire la différence entre Mayala Matondo et Mayala Omar André.
Il a par ailleurs révélé qu’une lettre émanant de la Banque Congolaise attestait que Mayala Matondo avait déjà eu à retirer des fonds plusieurs fois dans cette banque. Son avocat a renchéri que son client était victime d’un coup monté.
En ce qui concerne les présumés complices de Bahati, ils ont plaidé non coupables. Leurs conseils ont relevé qu’aucune preuve ne démontrait leur participation à une quelconque activité criminelle, en dépit des tortures  et menaces qu’ils avaient subies pendant un mois à Kin-Mazière. Selon eux, la police leur avait fait signer des décharges sous contrainte morale, intellectuelle et physique.
Le tribunal, après avoir entendu les versions de toutes les parties, a renvoyé l’affaire au 12 avril 2011 pour les plaidoiries.
Muriel Kadima
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