Tentative du FCC de caporaliser les magistrats : la réponse de la «rue» à Minaku et Sakata

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Si Jeanine Mabunda, planificatrice de l’examen, au sein de la Conférence des présidents d’abord et de la Commission « PAJ » ensuite, de trois propositions de lois visant la soumission aveugle des magistrats au ministre de la Justice, ainsi qu’Aubin Minaku et Garry Sakata, leurs auteurs, tenaient à connaître la réponse de la « rue », ils l’ont eue en live hier mercredi 24 juin 2020, autour du Palais du Peuple comme au-delà. Le Souverain primaire, que des caciques du FCC (Front Commun pour le Congo) ont coutume de réduire à la base de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès), s’est exprimé dans le périmètre immédiat de ce prétendu temple de la démocratie, en brûlant des pneus non seulement aux croisements sur le boulevard Triomphal, les avenues Huileries, Sendwe et ex-24 novembre, mais aussi en s’attaquant aux résidences privées, biens immobiliers et véhicules des « Kabilistes » et assimilés.

            La furie populaire était telle qu’en dépit des multiples interventions de la police pour les disperser, les manifestants ne faisaient qu’affluer vers le Palais du peuple, en provenance des quatre coins de Kinshasa. Le mécontentement provoqué par les propositions des lois de Minaku et Sakata, ainsi que les déclarations maladroites de Mabunda, Musawu, Shadari, Mwilanya et autres, en soutien à l’initiative de leurs collègues députés, touché non seulement les cadres et combattants de l’UPDS, mais aussi les acteurs politiques, les intellectuels, les magistrats, les étudiants, les fonctionnaires, les médecins, les mamans maraîchères, les « Chailleurs » (vendeurs à la criée), les chauffeurs de taxi et taxi-bus,  les Shégués (enfants de la rue)… qui se demandent à quoi rime la volonté du FCC de faire du pouvoir judiciaire le « wagon » du ministère de la Justice.

            Il est à espérer qu’en paralysant le Palais du peuple et ses environs, avec des ramifications vers les résidences et biens des « pyromanes » de la famille politique de l’ancien Chef de l’Etat, la « rue » a fait comprendre à Mabunda, Minaku, Sakata et consorts qu’elle n’a nullement l’intention de laisser le pays sombrer dans un nouvel Etat de non-droit, où des magistrats à la solde des pilleurs des biens et fonds publics, des corrupteurs, des spoliateurs du patrimoine immobilier et foncier de l’Etat, des blanchisseurs d’argent sale…auraient pour mission spécifique de leur garantir l’impunité.

            Si le message des manifestants d’hier mercredi a été capté cinq sur cinq par Minaku et Sakata, ils devraient retirer, toutes affaires cessantes, leurs propositions de lois qui énervent la « majorité silencieuse ». La « rue » refuse que soient soumis à la sanction d’une plénière instrumentalisée par le FCC des textes visiblement destinés à violer la Constitution et porter un coup fatal à la justice, la gardienne de l’Etat de droit.

            Aubin Minaku, président honoraire de l’Assemblée Nationale, semble n’avoir pas tiré la leçon des événements du 19, 20 et 21 janvier 2015, lorsque le peuple de Kinshasa avait dit non, à sa manière, à la disposition de la loi électorale posant comme préalable à la tenue des élections, l’organisation d’un recensement général de la populaire. Si sa mémoire est encore fidèle, il devrait se souvenir du retrait en catastrophe de « l’œuvre » de sa famille politique, qui s’appelait alors « Majorité Présidentielle », et qui contrôlait l’armée, la police et les services de sécurité. Pourquoi un regroupement politique qui paraissait alors « tout puissant » avait-il fait marche-arrière face à des manifestants aux mains nues, qui avaient contraint Kinshasa à trois « journées villes mortes » ?             Une vieille sagesse nous rappelle qu’uni comme un seul homme, le peuple est plus puissant qu’un bombe atomique. Le FCC a intérêt à ne pas attendre qu’il soit trop tard pour faire marcher arrière.                            Kimp

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