Tentative de soulèvement des «makesa» de BDM neutralisée par la police

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Kinshasa, ville de contrastes et de légendes, a vécu hier lundi 30 mars dans la matinée.

Un illuminé, gourou de la secte mystico-politico-religieuse Bundu dia Mayala, a déployé ses miliciens, « les fameux makesa » dans quelques rues du quartier Ma Campagne. Pendant qu’il attendait l’adhésion de la population à son mouvement et à la marche pour censurer le coronavirus, les miliciens qui chantaient, dansaient, priaient et vociféraient, se sont rassemblés d’abord à la Place commerciale de Ma Campagne. C’est ici que devait débuter la séance de la grande prière ponctuée d’incantations.

            Dans le groupe, Des encadreurs spirituels assuraient le réarmement moral des troupes, tandis que les «makesa» s’occupaient de l’encadrement sécuritaire. A en croire l’un des membres de la secte, à l’issue des invocations, les adeptes allaient acquérir des pouvoirs exceptionnels d’invulnérabilité et même d’invisibilité grâce auxquels ils pouvaient braver les éléments des forces de l’ordre. 

Dépêchés sur le lieu, les policiers tenaient à disperser calmement cet  attroupement de plus d’une centaine d’adeptes qui frisait la violation des mesures de prévention décidées par les autorités sanitaires. Et comme ils ne disposaient d’aucun document officiel pour organiser une telle manifestation publique, quelques agents du poste de police de la Place commerciale ont alors approché les chefs des «makesa» pour leur rappeler les instructions relatives à la lutte contre le covid-19, et les disperser. Les intraitables «makesa», décidés à aller au-delà de Ma-Campagne, ont opposé une résistance farouche qui a contraint le commandant de ce sous-commissariat à alerter avant tout, sa hiérarchie au commissariat urbain de la Lukunga basé à Kintambo. Et il a joint par la même occasion, par walkie-talkie le commissariat provincial de la police pour recueillir des instructions complémentaires.

            Peu après, des unités d’intervention sont descendues sur le terrain, au moment où les adeptes de Bundu dia Mayala atteignaient à pied, la station d’essence  Mona Luxe à l’entrée Ma Campagne.

C’est ici que des échauffourées ont eu lieu entre eux et les policiers. D’un côté, les «makesa» armés de lance-pierres, bravaient les policiers qui ont du faire usage des grenades lacrymogènes. Quand les armes ont crépité, c’était le sauve-qui-peut général. Des «makesa» en débandade cherchaient où se réfugier dans les parcelles environnantes. La police a pu dès lors procéder à quelques interpellations de ces insurgés.

            Informé de l’échec de cette marche, le chef de l’Etat autoproclamé s’est aussitôt terré dans sa forteresse, protégé par quelques adeptes irréductibles.

            En attendant le bilan des échauffourées de cette journée, le Commissaire provincial de la police a justifié l’intervention de la police, par le fait que les adeptes de Bundu dia Mayala avaient utilisé des jets de pierres et des noix de palme pour blesser des policiers. Afin de limiter les dégâts, la police a recouru aux gaz lacrymogènes pour obliger les insurgés à regagner leur «quartier général».

            On se rappelera qu’il y a une semaine, devant la résidence du gourou de la secte mystico-politico-religieuse, on avait aperçu des attroupements inhabituels des miliciens. Certains se permettaient d’empêcher toute circulation aux piétons sur cette avenue. On signale aussi que probablement au courant du projet de Ne Muanda Nsemi, Olenghankoy avait effectué le déplacement du Quartier général de Bundu dia Mayala, afin de prodiguer de sages conseils au gourou de la secte qui ne fléchissait pas sa position.

            Dans l’après-midi d’hier, le ministre provincial de l’Intérieur Didier Tenge Litho a présidé une réunion de sécurité au Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa.

Rappelons qu’à l’époque du président honoraire Joseph Kabila, l’illuminé s’était permis de lui rappeler la fin de son second mandat et qu’il ne devait plus se représenter contre la Constitution congolaise. Après une première tentative de prise de pouvoir, des attaques en série dans plusieurs coins de la ville de Kinshasa, le gourou avait été arrêté et placé en détention préventive à la Prison de Makala. Le 17 mai 2017, attaque de cet établissement pénitentiaire suivie de l’évasion massive. Ne Muanda Nsemi a disparu des écrans radars et était donné pour mort. Juin 2019, le gourou est réapparu encadré par Olenghankoy qui avait obtenu qu’il soit exempté de poursuites judiciaires au nom de la réconciliation nationale et au prix du retour à la paix sociale. Curieusement, incapable de vivre en autarcie, quelques sorties médiatiques, l’homme n’avait pas perdu de sa virulence, ni de ses critiques contre le pouvoir en place.             Cette fois, l’on croit savoir que toutes les dispositions seront prises pour mettre hors d’état de nuire, sinon faire soigner dans les centres médicaux spécialisés, ce compatriote qui manifeste par moments des signes d’incohérence dans ses discours et des attitudes irrationnelles.                                                                                                     J.R.T.   

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