La surprise du dimanche : fouilles des véhicules hier à Kinshasa !

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Automobilistes et usagers des transports en commun ont vécu une
matinée cauchemardesque hier à Kinshasa, où des policiers en tenues,
assistés d’agents en civil, ont procédé à des fouilles inexpliquées
des véhicules et au contrôle des identités de leurs occupants. Les
principales artères de la ville (Boulevard Lumumba), avenue By Pas,
route des Poids Lourds, avenue Kasa-Vubu, avenue Huilerie, Boulevard
du 30 juin…) ainsi que les carrefours stratégiques (rond point Ngaba,
rond point Moulaert, Kintambo/Magasins), étaient quadrillés dès les
petites heures de la matinée. Même l’autoroute de Nsele a connu son
lot de barrières à partir Mpasa.
D’ordinaire fluide, surtout entre 5 heures et 9 heures du matin
chaque dimanche, la circulation routière était terriblement perturbée,
avec des embouteillages monstres aux quatre coins de la ville. Les
opérations de fouilles touchaient pratiquement tous les compartiments
des véhicules : boîtes à gants, capots, coffres, sièges avant,
banquettes arrières, châssis. Les documents de bord ainsi que les
pièces d’identité des conducteurs et des passagers étaient examinés à
la loupe.
A tous ceux qui cherchaient à connaître le mobile de ces fouilles,
les agents de l’ordre répondaient par un silence de carpe. Pendant que
conducteurs et usagers des moyens de transport en commun comme privés
maudissaient le ciel, celui-ci a commencé à s’assombrir autour de 10
heures. Et en moins de trente minutes, toute la ville était couverte
de gros nuages, qui ont fini par lâcher des trombes d’eau qui ont
contraint tout le monde « à dégager ».
Les fouilles se sont ainsi brutalement arrêtées, ce qui a permis à
tous ceux qui étaient bloqués dans des embouteillages de pousser un
ouf de soulagement.
Pourquoi ces contrôles intempestifs des véhicules hier à Kinshasa ?
Qui ou que recherchait-on ? La ville serait-elle menacée au plan
sécuritaire ? Cherchait-on des armes ? La police serait-elle en quête
de criminels ou de personnes interdites de quitter la ville ? Kinshasa
la capitale hébergerait-elle des sujets indésirables ?
Kinoises et Kinois aimeraient avoir une explication sur la
perturbation de la journée dominicale, en pleine matinée. Après la
coloration des voitures taxis et taxi-bus en jaune et leur numération
par l’administration urbaine, pour mettre fin aux enlèvement dont
étaient victimes de nombreux résidents de la capitale, après
l’interdiction faite aux taxi-motos de circuler au-delà de 19 heures,
puis de 20 heures puis de 22 heures et, actuellement, de minuit, pour
des raisons sécuritaires, qu’est-ce qui dérange encore ?
De nombreux habitants de la capitale s’interrogent au sujet de
l’efficacité de telles mesures dans une mégapole où les kidnappings à
bord des voitures taxi, même peintes en jaune et numérotées n’ont pas
cessé, où les cambistes sont braqués et tués de jour comme de nuit, où
les « Kuluna » attaquent et pillent de paisibles citoyens matin, midi
et soir, où ces « inciviques » se battent chaque jour, à coups de
pierres, de machettes et de barres de fer.  Ils se demandent si leur
sécurité est réellement prise en compte par ceux qui administrent la
capitale, tant ils sont abandonnés à leur triste sort lorsqu’ils sont
attaqués par des « Kuluna » et autres inciviques à domicile et sur les
voies publiques.
Faute de sécurité véritable à Kinshasa, les fouilles des véhicules et
personnes, à l’instar de  celles d’hier dimanche, ont tout l’air
d’actes de tracasseries et, pourquoi pas, de rançonnement. D’aucuns
pensent que les opérations de bouclage des quartiers, sans fuite
d’information et sans dérapages, donneraient des résultats plus
probants que ces contrôles qui permettent aux conducteurs ou passagers
que se savent suspects de changer de direction à deux ou trois mètres
d’un poste de contrôle.
Kimp

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